Mars 3, 2016
Par Collectif Emma Goldman
7 visites


La mine de fer du lac Bloom.
Même si le Plan Nord boite sans cesse, le gouvernement libéral est toujours au rendez-vous lorsque vient le temps de délier les cordes de la bourse pour les minières. Sur la Côte-Nord, c’est 26 millions de dollars qui vont être investis par Québec, afin de supporter la reprise des actifs miniers du lac Bloom, près de Fermont, par Champion Iron Limited qui vient de reprendre la mine pour…10 millions de dollars! Pierre Arcand, ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles et responsable du Plan Nord, a déclaré : « Nous souhaitons appuyer davantage d’entreprises et de projets prometteurs dans le secteur des mines et des hydrocarbures ». C’est encore une fois bar open pour les compagnies minières. Comme-ci ce n’était pas assez, le gouvernement va prêter 6 millions à cette même entreprise afin de la supporter dans son projet de maintenir le site minier pendant 24 mois, pour laisser le temps au marché de se redresser. Et si les prix reste les mêmes ou chute une nouvelle fois? Dans de tels cas, gageons que le gouvernement ne reverra jamais la couleur de l’argent qu’il a prêté. C’est la perpétuelle logique de l’économie extractiviste sur laquelle se base le gouvernement. Une logique mortifère qui engendre la destruction de l’environnement par la déforestation, contamination des cours d’eaux, pollution de l’air, etc. En contrepartie, les multinationales et autres actionnaires s’emplissent les poches à mêmes les deniers publics. C’est la privatisation des gains et la socialisation des pertes. Rappelons aussi que ces mêmes entreprises bénéficient des infrastructures électriques, les chemins de fer, les routes et les zones portuaires sans même y mettre un sous. Le tout couronné par une belle cerise sur le sundae ; la facture de décontamination des sites sera payée par le gouvernement[1]. 

La Fosse du Labrador, là où se situe la mine du lac Bloom.

Le projet perpétue une logique coloniale puisque les terres où se situe la mine n’ont jamais été cédées par les Innus.

Territoire des Innus. Les frontières restent poreuses et changent selon les territoires de chasse.

Contre l’économie extractiviste : organisation et résistance!

Tant qu’il y aura un arbre à raser, une rivière à harnacher, une montagne à raser pour le minerai, les multinationales, alliées des gouvernements, seront présentes pour en tirer d’importants bénéfices. Bien sûr, elles ”créeront”  en échange quelques emplois dans des régions qui connaissent des taux chômages importants depuis de nombreuses années. Mais que valent ces emplois dans un environnement saccagé et  invivable?  Mais surtout qu’allons-nous faire quand la multinationale aura plié bagage une fois le sol épuisé et les millions amassés? Si nous persistons dans cette voie,  nous retournerons à la case départ. La seule alternative : décider maintenant de briser ce cycle de misère et d’exploitation et construire  une économie basée sur la satisfaction de nos véritables besoins et la pérennité des ressources. Face aux grands projets inutiles que veulent mettre de l’avant gouvernements et multinationales, nous devons non seulement résister, mais créer nos propres alternatives à ce système autodestructeur. Nous ne pouvons plus accepter les miettes de pain que la grande entreprise est disposée à nous offrir pour ”assurer”  pendant un temps notre ”bien-être”. Car ne nous leurrons pas, la seule chose de durable dans leur système c’est la  misère et la désolation qu’il engendre.



Source: