Depuis l’annonce du plan de relance qui ignore significativement les services publics, sauf sousle prisme d’un financement donnĂ© Ă  la « transition numĂ©rique Â», la ministre de la Transformation et de la Fonction publiques n’a de cesse de communiquer autour du thĂšme « les agent·es publics sont les agent·es de la relance Â».

Pour Solidaires, les agent·es publics sont les agent·es des services publics. Leur mission, puisqu’il semble nĂ©cessaire de le rappeler, est d’assurer et d’exercer les services publics dont le rĂŽle est notamment de permettre la cohĂ©sion sociale, assurer la rĂ©duction des inĂ©galitĂ©s, l’accĂšs Ă  l’éducation, la santĂ©, la culture, etc., bref de rĂ©pondre aux besoins des populations.

En pĂ©riode de crise telle que nous la connaissons, tant sanitaire qu’économique, on voit ainsi bien Ă  quoi servent les agent·es publics.

On ne peut, sauf Ă  donner un signe trĂšs particulier et on ne peut douter qu’il s’agit bien de la volontĂ© du gouvernement, annoncer que dĂ©sormais les agent·es publics, qui ont Ă©tĂ© exemplaires, mais pour qui notamment toute revalorisation salariale a Ă©tĂ© Ă©cartĂ©e d’un revers de main, sont dĂ©sormais des agent·es de la relance et donc soyons honnĂȘtes tourné·es exclusivement vers les besoins des entreprises (et peut-ĂȘtre avant tout de leurs actionnaires ou de leurs dirigeant.es) notamment au travers d’allĂšgements d’impĂŽts et de « charges sociales Â» sans contreparties exigĂ©es pour les entreprises.

Pour accentuer encore cette orientation, la ministre lance, comme l’avait fait en son temps GĂ©rald Darmanin, avec son forum de l’action publique, une « consultation Â» des agent·es. Deux questions pour le moins biaisĂ©es et orientĂ©es leurs sont posĂ©s : Quelle est la mesure principale pour simplifier l’action publique pour faciliter la relance ? Quelle mesure pour travailler plus efficacement et mieux remplir les objectifs ?

C’est donc cela le seul enjeu et les seules rĂ©ponses possibles ? Le problĂšme se rĂ©sumerait donc Ă  un seul besoin de simplification et d’efficacitĂ© pour mieux remplir des objectifs ?

Les missions publiques (celles dont ont besoin les citoyen.nes et pas avant tout le patronat) sont mises Ă  mal par les suppressions d’emplois annĂ©e aprĂšs annĂ©e entraĂźnant un fonctionnement des services Ă  flux tendu et des conditions de travail dĂ©gradĂ©es pour les agent·es, par les rĂ©formes Ă  marche forcĂ©e qui bien loin de permettre Ă  la population d’avoir accĂšs Ă  l’ensemble des services publics sur l’ensemble des territoires dĂ©truisent chaque fois un peu plus l’organisation des services.

Pour Solidaires, les agent·es publics doivent pouvoir exercer pleinement les missions de service public, car elles contribuent Ă  la cohĂ©sion de notre sociĂ©tĂ©, Ă  la redistribution des richesses. Mais il faut pour cela des moyens humains, matĂ©riels et cela ne se rĂ©sume ni par la simplification ni par la transition numĂ©rique. Pour Solidaires, les services publics ne sont pas un coĂ»t pour la sociĂ©tĂ©, mais contribuent Ă  son bon fonctionnement de maniĂšre solidaire, Ă©galitaire et dĂ©mocratique dans l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral.



Article publié le 08 Sep 2020 sur Solidaires.org