Collectif unitaire « Plus Jamais Ça Â». Avec 100 milliards d’euros, Jean Castex annonce une sĂ©rie de mesures pour relancer l’économie française aprĂšs le confinement. Il ne fait en rĂ©alitĂ© que rĂ©pondre aux demandes du MEDEF, sans rĂ©pondre aux urgences sociales que connait le pays et Ă  la nĂ©cessaire bifurcation Ă©cologique.

Soyons clair, ce n’est pas un plan en faveur de l’emploi … le premier ministre s’est en effet contentĂ© de demander timidement au patronat … 126000 emplois et leur donne… 100 milliards en Ă©change !

L’orientation gĂ©nĂ©rale de ce plan est donc un soutien aux entreprises, y compris les plus grosses qui n’ont pas toutes des problĂšmes de trĂ©sorerie. Ce sont donc 20 milliards, un cinquiĂšme du plan, qui seront consacrĂ©s Ă  la rĂ©duction des « impĂŽts de production Â». Cette baisse d’imposition Ă©tait dĂ©jĂ  en gestation avant la crise du covid et est une demande dĂ©jĂ  ancienne du MEDEF. Pourtant, les politiques antĂ©rieures de

réduction de la fiscalité des entreprises ont rarement favorisé les investissements utiles, et ont surtout servi les profits des actionnaires.

Ces aides ne sont assorties d’aucune conditionnalitĂ© sociale ou environnementale. Elles ne seront d’aucun secours pour sauver les salarié·e·s des centaines de milliers de licenciements en cours ou Ă  venir et risquent d’abonder des activitĂ©s incompatibles avec les limites planĂ©taires. CouplĂ©e Ă  une interdiction des licenciements dans les entreprises qui font des profits, une sĂ©curitĂ© sociale professionnelle associĂ© Ă  un nouveau statut du salariĂ© pourrait a contrario assurer un

maintien des droits et des revenus des salarié·e·s menacé·e·s. La relance de l’emploi par l’embauche d’agents publics n’est pas non plus envisagĂ©e, alors que le service public fait partie des “amortisseurs” de crise sociale dont l’effet est reconnu depuis la crise de 2008 et que la bifurcation Ă©cologique nĂ©cessite un accompagnement fort de l’État pour que la volontĂ© politique affichĂ©e se dĂ©cline en mesures concrĂštes.

De mĂȘme, les sommes allouĂ©es aux minimas sociaux et aux personnes les plus prĂ©caires sont ridicules par rapport Ă  ce qui est offert aux entreprises : 1 milliard d’euros (hausse de l’allocation de rentrĂ©e et repas Ă  1 euro en restaurant universitaire, aide aux associations et Ă  l’hĂ©bergement d’urgence)… soit 1% du budget du plan de relance !

La baisse de la fiscalitĂ© sur les entreprises et l’absence de rĂ©forme fiscale qui s’attaquerait aux profits, est aussi un obstacle pour mettre en Ɠuvre une transformation Ă©cologique de la sociĂ©tĂ©. Elle prive un peu plus les collectivitĂ©s de fonds pour modifier en profondeur les modes de transports, de production, d’agriculture ou de logement, autant qu’elle empĂȘche de dĂ©velopper les services publics qui ont pourtant montrĂ© leur importance ces derniers mois. Elle rend d’autant plus difficile la crĂ©ation des centaines de milliers de nouveaux emplois, non dĂ©localisables nĂ©cessaires pour la transition Ă©cologique et les services non marchands.

Aux cĂŽtĂ©s des mouvements populaires et citoyens, nos associations et syndicats ont des propositions Ă  faire et des combats Ă  mener. Oui, il y a des alternatives au capitalisme nĂ©olibĂ©ral, productiviste et autoritaire, et ces alternatives sont crĂ©dibles, dĂ©sirables et rĂ©alisables. Les mesures d’urgence du collectif unitaire « Plus Jamais

Ça Â»
constituent des premiĂšres pistes en ce sens. Elles sont amenĂ©es Ă  s’enrichir au fil des mobilisations que nous mĂšnerons collectivement.


Article publié le 03 Sep 2020 sur Solidaires.org