Janvier 23, 2022
Par Le Numéro Zéro
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Je n’irai pas voter aux prochaines Ă©lections prĂ©sidentielles. Je n’ai pas foi en ce systĂšme qui ne fait que lĂ©gitimer la domination du peuple, sous prĂ©texte de choix et de reprĂ©sentativitĂ©.

La domination de l’État me rĂ©volte, et ce n’est pas un candidat de « gauche Â» qui changera quelque chose.

MikhaĂŻl Bakounine

Louise Michel

ReprĂ©sentativitĂ© et intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral ? Absolument pas !

Dans une sociĂ©tĂ© de classes qui n’ont pas les mĂȘmes intĂ©rĂȘts, il ne peut y avoir d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral. L’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral qu’ils dĂ©fendent, c’est celui de la classe dominante. Ils sont les reprĂ©sentants de la bourgeoisie, leurs actions gouvernementales et celles du parlement ne font qu’encourager la paupĂ©risation et l’enrichissement d’une minoritĂ©.

Et mĂȘme si une nouvelle caste dirigeante se reformait, son principe resterait le mĂȘme, protĂ©ger la classe dominante au dĂ©triment du reste de la population.

L’état est le dĂ©fenseur naturel des dominants et de la propriĂ©tĂ© privĂ©e, aucune personne, aussi vertueuse soit-elle, ne pourra changer cela. Et si un jour, une rĂ©volution sociale se produisait, le maintien de l’état ne viendrait que reformer une nouvelle classe dominante.

« Il n’est pas vrai que la nature et le rĂŽle du gouvernement changeraient si les conditions sociales Ă©taient changĂ©es. L’organe et la fonction sont des donnĂ©es insĂ©parables. Ôtez sa fonction Ă  un organe et l’organe meurt ou sa fonction se reconstitue. Â»

Errico Malatesta

« Prenez le rĂ©volutionnaire le plus radical et placez-le sur le trĂŽne de toutes les Russies, ou confiez-lui un pouvoir dictatorial […] et avant un an il sera devenir pire que le Tsar lui-mĂȘme. Â»

MikhaĂŻl Bakounine

Le vote, un outil précieux pour les dominants.

Le vote est quelque chose d’essentiel dans notre « dĂ©mocratie Â», il est la confirmation de l’abdication du peuple. C’est pour cela que les politiques, et les mĂ©dias ne cessent de prĂȘcher de se rendre aux urnes, et de rabaisser, infantiliser et dĂ©politiser celles et ceux qui ne s’y rendent pas.

Leur peur est lĂ , celle de voir l’illusion dĂ©mocratique disparaĂźtre, et de voir que l’abdication du peuple cesse.

Sans cette participation, un message fort serait envoyĂ© :

Nous n’abdiquerons pas, nous ne nous soumettrons pas Ă  votre jeu fourbe et mesquin, nous sommes assurĂ©ment contre votre autoritĂ©.

« Voter, c’est abdiquer ; nommer un ou plusieurs maĂźtres pour une pĂ©riode courte ou longue, c’est renoncer Ă  sa propre souverainetĂ©. Qu’il devienne monarque absolu, prince constitutionnel ou simplement mandataire muni d’une petite part de royautĂ©, le candidat que vous portez au trĂŽne ou au fauteuil sera votre supĂ©rieur. Vous nommez des hommes qui sont au-dessus des lois, puisqu’ils se chargent de les rĂ©diger et que leur mission est de vous faire obĂ©ir. Â»

ÉlisĂ©e Reclus

Mais attention, l’abstentionnisme ne doit pas ĂȘtre synonyme d’immobilisme. La politique doit s’exercer au quotidien entre les mains de toutes et tous. Aussi bien en luttant directement contre le systĂšme, qu’en crĂ©ant nos alternatives.

Mettons fin à la sacralisation et à la domination de l’État

Depuis tout petit, on nous fait croire que nos chaĂźnes sont l’ordre naturel de ce monde et qu’elles sont mĂȘme les conditions sine qua non de notre libertĂ©. On nous a dĂ©possĂ©dé·es de notre pouvoir de rĂ©flexion, d’action, on nous a conditionné·es Ă  obĂ©ir aux ordres hiĂ©rarchiques, que ce soit dans la famille, Ă  l’école, au travail, et mĂȘme jusque dans nos relations amoureuses.

La domination de l’état est lĂ©gitimĂ©e jusqu’au plus profond de nous, avec un tas de croyances ; l’intangibilitĂ© de l’état, sa valeur suprĂȘme et le fait que nous lui devions respect absolu.

Mais nous avons rĂ©ussi Ă  mettre fin Ă  de nombreux diktats religieux, Ă  l’autoritĂ© suprĂȘme des rois et de l’église. Viendra le jour, oĂč le peuple mettra fin Ă  la domination du gouvernement.

« Votre gouvernement est votre Dieu, duquel vous acceptez des privilĂšges, et dans les mains duquel tous les droits sont investis. Une fois de plus l’individu n’a pas de droits ; une fois de plus une autoritĂ© intangible et irresponsable a le pouvoir de dĂ©cider de ce qui est bien et de ce qui est mal. Une fois de plus, la race humaine doit travailler dans des conditions exigeantes dictĂ©es par la loi – la voix de l’autoritĂ©, la bible du gouvernement. Â»

Voltairine de Cleyre

Faut-il choisir des bons gouvernants pour obtenir des avancĂ©es immĂ©diates ?

Tout d’abord, je ne crois pas qu’il y ait de bons gouvernants, aux qualitĂ©s telles, qu’ils puissent se substituer Ă  la masse et s’occuper des intĂ©rĂȘts de toutes et tous mieux que ne sauraient le faire les principaux intĂ©ressĂ©s.

Concernant les candidats qui vous sĂ©duisent, mĂ©fiez-vous. Ils vous mentent, font de belles promesses, ils trahissent, et se corrompent au sein des institutions oĂč l’atmosphĂšre est malsaine Ă  respirer. Il y a aussi les prĂ©tendus « communistes Â» et « socialistes Â», qui en rĂ©alitĂ©, ne souhaitent que rĂ©former le systĂšme capitaliste pour le rendre plus vivable et servir leurs intĂ©rĂȘts.

Quand ils ont besoin d’ĂȘtre Ă©lus, ils vous montrent leur bontĂ©, et puis une fois Ă©lus, soyez sĂ»rs que pour remĂ©dier Ă  vos maux, la police s’en chargera.

En ce qui concerne le rĂ©formisme, sous prĂ©texte d’avancĂ©es immĂ©diates, il tend Ă  nous Ă©loigner et Ă  nous dĂ©vier de notre action pour l’émancipation de toutes et tous.

Et rappelons nous, que les avancĂ©es sociales ont quasiment toujours Ă©tĂ© de l’initiative du peuple, qui a su, aussi bien par sa mobilisation massive, que par sa force d’action (violente et non-violente), obtenir des droits.

« Le problĂšme rĂ©side dans le fait de savoir choisir la voie qui rĂ©ellement nous rapproche de la rĂ©alisation de notre idĂ©al et de ne pas confondre les vrais progrĂšs avec des rĂ©formes hypocrites qui, sous prĂ©texte d’amĂ©liorations immĂ©diates, tendent Ă  dĂ©vier le peuple de la lutte contre l’autoritĂ© et le capitalisme, Ă  paralyser son action, et Ă  lui laisser espĂ©rer que quelque chose peut-ĂȘtre obtenu de la bontĂ© des gouvernements. Â»

Errico Malatesta

Pour finir, je veux dire Ă  mes camarades qui se rĂ©clament de l’anarchisme, du fĂ©minisme ou encore du communisme, Ă  toutes celles et ceux qui se battent pour un monde plus juste :

Les Ă©lections sont un leurre qui ne nous fera que perdre du temps et de l’énergie pour l’avĂšnement de notre sociĂ©tĂ© idĂ©ale.

ArrĂȘtons de nous faire avoir par le jeu fourbe et mesquin que reprĂ©sente les Ă©lections.

Ne perdons pas notre temps et notre énergie à faire la promotion de candidats révolutionnaires, au mieux naïfs, au pire opportunistes et hypocrites.

Notre intransigeance et notre dĂ©termination ne seront que bĂ©nĂ©fiques pour l’avenir !

« Les bulletins de vote destinĂ©s Ă  ĂȘtre emportĂ©s par le vent avec les promesses des candidats ne valent pas mieux que les sagaies contre les canons. Pensez-vous, citoyens, que les gouvernants vous les laisseraient si vous pouviez vous en servir pour faire une rĂ©volution ? Â»

Louise Michel

P.-S.




Source: Lenumerozero.info