Décembre 10, 2020
Par Paris Luttes
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Un nouvel appel pour le Samedi 12 décembre 2020 place du Châtelet

Un nouvel appel, encore intitulé Marche des Libertés jusqu’au Retrait Total, a été lancé pour le Samedi 12 décembre 2020, place du Châtelet, reproduit ci-dessous pour celleux qui boycottent, à raison, Facebook.

Nous y serons bien présent.e.s, anonymes, déterminé.e.s et plein.e.s de rage.

Le pouvoir reste sourd à la colère populaire, qui elle, ne faiblit pas. Dans ce bras de fer, soyons encore plus nombreux.ses et déterminé.es dans les rues de Paris samedi 12 décembre. Pour refuser ce monde totalitaire et fascisant.

  • Retrait total de la loi sécurité globale
  • Retrait de la loi séparatisme
  • Démission du préfet Lallement
  • Démission de Gérald Darmanin

RDV à toutes et tous Samedi 14H30 à la PLace du Châtelet – Paris pour faire cause commune, pour le retrait total des lois liberticides que sont la loi sécurité globale et la loi sur le séparatisme !

À noter que la coordination #StopLoiSecuriteGlobale lâche une fois de plus celles et ceux qui se mobilisent contre la loi : elle « considère que les conditions de sécurité des manifestants et manifestantes ne sont pas assurées et n’organisera pas de mobilisation ce samedi 12 décembre à Paris ». Elle ne maintient que les rendez-vous hors de Paris, voilà pour le soutien…

Une mobilisation qui va au delà des détails législatifs

Entre les redécorations des agences immobilières,

les feux de joie des dossiers bancaires de la Bred,

et les affrontements incessants (cf cet article d’Attaque), quasiment plus personne, à la manifestation du Samedi 5 Décembre, ne semblait concerné par l’article 24 de la PPL Sécurité Globale et c’est une bonne nouvelle. Ce piège de la diversion, tendu par le gouvernement, dans lequel se sont engouffrés initialement plusieurs figures médiatiques, journalistes et avocats pas très malins, ne prend plus. Un peu partout, on voit maintenant fleurir des articles, brochures, tracts, bien plus éclairés sur les enjeux de la mobilisation actuelle. Par exemple :

et les nombreux articles déjà référencés dans l’article récapitulatif de paris-luttes.info

Une actualité de merde très chargée

Entre la Loi de Sécurité Globale, la Loi Séparatisme, les décrets en catimini sur le fichage des opinions politiques, philosophiques, religieuses, les autorisations du « comité éthique du ministère des armées » (sic) pour des recherches sur le soldat augmenté, les peines de prison pour des militants contre les violences policières, le business-as-usual entre Macron et le dictateur Al-Sissi, la fermeture-censure de comptes Twitter, la prise en charge financière des frais de défense des flics-sadiques par nos impôts, on peut dire que la semaine a été chargée en saloperies diverses. Le gouvernement continue toujours de profiter de la crise sanitaire (et de la crise sociale permanente) pour distribuer ses coups à un rythme effréné. Forcé.e.s de constater que nous avons du mal à encaisser. Sans prendre de risque dans des prédictions hasardeuses, on sait déjà quelles seront les franges de la population qui subiront néanmoins le plus durement ces nouvelles mesures de surveillance et de répression :

  • les migrant.e.s
  • les populations afro-descendantes des quartiers prolo, musulmanes en tête, pointées du doigt, désignées comme l’ennemi intérieur par un racisme officiel et décomplexé
  • plus généralement toutes les composantes prolo et de la classe moyenne salariée qui refuseront l’endoctrinement républicain, la valorisation totalitaire du travail-aliénation, l’autoritarisme, la discipline et le capitalisme comme forme inéluctable et définitive d’organisation de la société et de nos vies (avec les conséquences que l’on connaît sur l’environnement)

Surveillance globale ? Néolibéralisme autoritaire ? Fascisme ?

Certain.e.s ressentent la nécessité de nommer le changement de paradigme sécuritaire en cours dans un contexte mêlant capitalisme néolibéral et réflexes nationaux-identitaires : post-fascisme ? néo-fascisme ? falscisme ? Comment nommera-t-on une société d’apartheid opposant quartiers populaires enclavés et quartiers bourgeois bunkerisés ? Comment nommera-t-on la (con)fusion entre la police, l’armée, le maintien de l’ordre et l’antiterrorisme ? (technopolice ?) Parlera-t-on encore de Trump, Orban et Bolsonaro comme des dérives lointaines quand on aura :

  • le Général de Villiers comme président
  • Zemmour comme ministre de l’identité nationale
  • Geoffroy Roux de Bézieux comme ministre de l’économie
  • Fourest comme ministre de l’éducation civique et des carica-cultures islamophobes obligatoires
  • Royal comme ministre de la jeunesse et du Service National Universel, avec uniformes « républicains », salut au drapeau et marseillaise à l’aube, travaux pratiques encadrés par la police dans les centres de rétention
  • Lallement ou n’importe quel porc d’Alliance Police comme ministre de la technopolice

Est-ce qu’on doit encore s’émouvoir du « crédit social chinois » quand les 20 000 000 de fiches du fichier du TAJ (traitement des antécédents judiciaires) additionnées de toutes les fiches (ensemble de la population) du TES (titres électroniques sécurisés) permettront une identification instantanée par la police politique, de chaque manifestant.e, via les flux vidéos temps-réel envoyés par des armées de drones et caméras piéton ?

Est-ce que Valéry Pécresse et Christian Estrosi seront satisfaits quand des drones viendront nous signaler devant nos fenêtres qu’on a perdu un point de retraite parce-que l’on a traversé la veille un passage piéton au feu rouge ou bu un café sur un piquet de grève ?

Des groupes de culture politique très diverses :

  • associations citoyennistes
  • collectifs d’intellectuels et de scientifiques
  • groupes autonomes

commencent aussi à envisager logiquement une possible défaite (de plus) et les conséquences sur les formes que prendront la résistance dans la guerre sociale des années à venir. Gardons en tête que nous devrons absolument (re)trouver de l’autonomie dans des initiatives hors des manifestations cadrées d’avance. Il y a également une impérieuse nécessité d’apprendre, dès maintenant, à communiquer, à contourner la censure et à s’organiser politiquement hors des réseaux du type Twitter ou Facebook, qui ferment, en ce moment même, à tour de bras, et dans l’opacité la plus complète, des comptes de militant.e.s sans aucun avertissement ni aucune justification.

RDV Samedi 14h30 dans la rue !




Source: Paris-luttes.info