Mai 17, 2023
Par Contre Attaque
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Au sein de la Macronie pullulent des ministres racistes, sexistes et LGBTphobes. Des réactionnaires qui retournent leur veste dÚs que les temps changent ou pour simplement détourner le regard de leurs exactions quotidiennes.


Dix ans aprĂšs l’adoption de la loi qui ouvrait le droit au mariage pour les personnes de mĂȘme sexe et contre laquelle nombre de personnalitĂ©s politiques s’étaient mobilisĂ©es dans le cadre de grandes manifestations homophobes, composĂ©es d’intĂ©gristes et de bataillons d’extrĂȘme droite, des ministres tentent de sauver leur honneur en affirmant leur «soutien» aux communautĂ©s LGBTQI+.

C’est ainsi un revirement pour GĂ©rald Darmanin qui tente dĂ©sespĂ©rĂ©ment de rectifier le tir lorsqu’il dĂ©clare s’ĂȘtre trompĂ© en s’opposant Ă  la loi Taubira. Il affirmait pourtant Ă  l’époque avec une violence inouĂŻe qu’il refuserait, en tant que maire de Tourcoing, de marier des couples homosexuels, et soutenait la Manif pour Tous. Il Ă©tait d’ailleurs proche du dĂ©putĂ© rĂ©actionnaire du Nord Christian Vanneste, homophobe notoire. Ministre issu de l’extrĂȘme droite, proche de l’Action Française, difficile de croire qu’il lutte aujourd’hui pour l’égalitĂ© et contre les discriminations LGBTphobes.

À l’occasion des 10 ans de cette loi, et soit disant pour renforcer la lutte contre les violences LGBTphobes, le ministre de l’IntĂ©rieur n’en manque pas une pour annoncer «davantage de policiers nationaux» et apporte son soutien Ă  l’association FLAG – un jeu de mot entre le terme «drapeau» en anglais et le terme policier pour «flagrant dĂ©lit». Une association de flics LGBT+. La prĂ©fecture de police de Paris a mĂȘme Ă©tĂ© recouverte du drapeau arc-en-ciel, alors que de nombreux agents ont Ă©tĂ© Ă©pinglĂ©s pour leurs sexisme et leur homophobie lors d’interventions. De mĂȘme, diffĂ©rents maires de droite dĂ©corent leurs mairies aux couleurs de l’arc-en-ciel, par exemple Jean-Luc Moudenc Ă  Toulouse. La stratĂ©gie est Ă©vidente : du pinkwashing pour tenter de faire croire au caractĂšre faussement progressiste de ce gouvernement. Une maniĂšre de dissimuler que celui-ci a rĂ©alisĂ© les rĂȘves de l’extrĂȘme-droite en matiĂšre de politiques racistes, misogynes et discriminatoires, de rĂ©pression policiĂšre et d’autoritarisme.

Tout aussi cynique, en plein mouvement social, deux ministres particuliĂšrement impopulaires et impliquĂ©s dans le recul des droits sociaux et des libertĂ©s ont fait leur «coming out» dans les mĂ©dias. Notamment Olivier Dussopt, quelques jours seulement aprĂšs l’usage du 49-3. Une pure stratĂ©gie de communication, lĂ  encore, pour faire oublier la violence de ce gouvernement.

On a Ă©galement vu une campagne de recrutement pour la police avec pour slogan aberrant : «vous ĂȘtes fĂ©ministes, devenez policiĂšre» ! Ces derniĂšres annĂ©es, les rĂ©gimes nĂ©olibĂ©raux et autoritaires aiment bien se repeindre aux couleurs de l’arc-en-ciel pour maquiller leurs pratiques infĂąmes.

Une stratĂ©gie qu’on a pu observer Ă©galement chez d’autres gouvernements d’extrĂȘme-droite. Par exemple, l’armĂ©e israĂ©lienne a utilisĂ© la photo d’un couple de soldats gays pour sa campagne, Ă  l’occasion de la journĂ©e de la famille. De nombreuses associations et activistes dĂ©noncent cette mĂ©thode de pinkwashing pour dissimuler parallĂšlement la violence d’un État colonial qui Ă©crase les droits humains des palestinien-nes depuis des dĂ©cennies. Il s’agit donc de donner l’image d’une tolĂ©rance sexuelle cosmĂ©tique pour mieux dĂ©tourner l’attention de l’opinion publique. Tout aussi hypocrite lorsque l’ancienne patronne du MEDEF se revendique fĂ©ministe. Un fĂ©minisme bourgeois, qui se moque bien de la prĂ©caritĂ© qui touche particuliĂšrement les femmes, sur fond de politique de destruction du code du travail et des retraites. Et demain ? Marine Le Pen candidate autoproclamĂ©e de la cause des femmes ?

Des gouvernements occidentaux autoritaires tentent d’adopter des discours soit disant pro-fĂ©ministes et LGBTQI+, tout en instaurant des rĂ©gimes policiers ultra-violents qui ne cessent de dĂ©truire les droits sociaux et de violer les droits humains fondamentaux.

En ce 17 mai, journĂ©e internationale contre l’homophobie et la transphobie, on ne peut que constater la violence et les discriminations quotidiennes que subissent les personnes LGBTQI+, dans une sociĂ©tĂ© française toujours aussi rĂ©actionnaire et patriarcale. L’association SOS homophobie dĂ©nonce une “haine ancrĂ©e “ dans la sociĂ©tĂ© française et dĂ©plore une â€œĂ©volution prĂ©occupante” de la violence envers les personnes LGBTQI+, notant une hausse de 28% des agressions physiques entre 2021 et 2022.

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Source: Contre-attaque.net