Octobre 22, 2020
Par Renversé (Suisse Romande)
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Communiqué

Dans la journée du 25 Septembre, nous avons volé en masse et tout.e.s ensemble un Naturalia, chaîne de magasin Bio, situé près des Buttes Chaumont à Paris.

Voler nous permet de sortir du rôle assigné, quotidien et passif devant ces rayons remplis de centaines de produits qu’on ne pourra jamais se payer. Voler permet de s’en extirper, aux yeux des autres mais aussi dans notre propre tête. Quoi de plus grisant que de déborder de ce cadre qui nous broie et d’apercevoir les visages choqués des bourgeois quand tu sors sans payer, le sac plein de bouffe. Voler redonne un peu de prise sur nos vies souvent dans l’urgence de la débrouille. Et le faire ensemble intensifie tout ça.

Si nous avons choisi de nous organiser ensemble pour ce pillage et non d’aller voler chacun-e dans notre coin, c’est parce que nous ne sommes pas égales face au vol, à la traque des vigiles en terme d’apparence ou de charge mentale. Et nous trouvons qu’il est fortement politique de créer un rapport de force qui ne repose pas sur les aptitudes individuelles. Nous avons choisi Naturalia parce que voler bio nous a paru une bonne vengeance. Tous ces produits qu’on nous présente comme « bon pour la santé et la planète », si tant est qu’on leur reconnaisse ces qualités, ne sont accessibles qu’aux personnes friquées. C’est une entorse aux convenances quand nous débarquons, en prenant ce qui ne nous est pas destiné. Nous aussi voulons nous faire plaisir et manger des produits qui sortent de l’ordinaire. Sans vouloir prôner une consommation plus accessible car ce n’est pas le monde qu’on veut. En attendant les magasins bio contribuent à la gentrification des quartiers, participant toujours à exclure les pauvres. Sans parler des conditions de travail dans ces magasins à l’image dorée, où ces employé.e.s sont obligé.e.s en plus de leur taf de base de convaincre les client.e.s de l’éthique de la marque et avec le sourire ! Ajoutons les techniques managériales qui poussent à a la dépression, la démission, l’aspect colonial de l’économie et de la production de produits issus de ressources volées et importés de l’autre bout du monde ou encore les quantités inimaginables de bouffe jetée à la poubelle chaque jour.

Une pensée chaleureuse aux grévistes des biocoops. Le prix de la bouffe bio c’est le prix payé pour s’acheter une bonne conscience et l’argument moralisateur de la consommation éthique est toujours assez proche quand on parle bio. Nous encourageons à organiser des expropriations et à filer les marchandises à des évènements politiques qui nous tiennent à cœur, à redistribuer où tout garder pour nous pour toutes les raisons qu’on peut imaginer. Et parce que chaque chaîne de magasin est une cible potentielle quand bien même il serait moins coûteux d’y faire ses courses, et que nous partageons les motivations à s’attaquer à la propriété privée, nous soutenons les attaques d’un Lidl à Athènes, en juillet [1] et septembre [2] dernier, en soutien à l’expulsion su squat Tera incognita à Thessalonique et à la future intervention contre la Liebig 34 à Berlin, « des vitrines coûteuses. Rien que des miettes dans leur bilan, jusqu’à ce que ce genre d’action soit réalisée fréquemment ». Nous pensons aussi à ces personnes qui ont fait de la taule, pour avoir volé du pain en République tchèque et partageons l’appel du Magpie project [3] à faire des auto-réduction en masse. Car partout le vol est réprimé, qu’il soit individuel, spontané lors d’une émeute ou organisé comme celui-là.

« Nous ne paierons pas ce qui nous a été volé » La guerre de classe fait rage et nous savons pertinemment depuis quel camp nous nous situons. Exproprions, exproprions, exproprions !




Source: Renverse.co