Site du projet “Cap Nature”
Les villes sont en constante expansion. Poussées par l’obligation de la « croissance » infinie, exigée par le système capitaliste, des zones commerciales et résidentielles poussent aux pourtours du paysage urbain. Le béton s’étend comme un désert sur les derniers espaces verts. La vie est ainsi détruite et étouffée sous un énorme drap gris. Notre milieu de vie s’amenuise au fil des projets qui anéantissent toujours plus la nature. L’humain ne provient pas d’une seconde nature détachée d’une « nature originelle ». Nous sommes interreliés avec notre environnement. Détruire la nature, c’est se détruire nous-mêmes. Fait que les promoteurs immobiliers et autres politiciens véreux n’ont pas compris. Dans le secteur de Pierrefonds-Ouest, à Montréal, un projet immobilier, appelé Cap Nature, tente d’être mis de l’avant par le promoteur Grilli Développement. C’est sous un nom de projet à connotation verte que les promoteurs essaient de rendre socialement acceptable le fait de construire 5 500 logements qui consistent en des maisons en rangée, des maisons individuelles et des condos dans un pôle important de biodiversité. 
Au total, c’est 185 hectares qui vont être détruits. Dans ce secteur, les travaux de recherche ont permis de dénombrer 17 espèces de reptiles et d’amphibiens, dont certaines à statut précaire. Il faut ajouter à cela un total de 219 espèces d’oiseaux qui ont été recensées dans la zone promise au développement urbain ou à proximité. Parmi celles-ci, 15 ont des statuts de protection au sens de la loi. Il y a aussi la présence de zones de nidification d’espèces menacées. [1] C’est l’assassinat de la vie. Sacrifiée pour l’enrichissement d’une poignée de promoteurs immobiliers. Nos derniers espaces verts mis à mort sur l’autel du profit et de la « croissance ». Les villes s’étalent de manière chaotique au désir des promoteurs et mairies qui s’en mettent plein les poches. Rappelons que le maire de Montréal, Denis Coderre, défend le projet « Cap Nature ». Selon lui, il s’agit d’un projet exemplaire de développement. Il va peut-être falloir lui rappeler que de détruire un pôle aussi important au niveau de la biodiversité ne rime pas avec exemplarité. Surtout que le projet devra inclure que 10% d’espaces verts. Rien pour s’enjouer. C’est nôtre monde contre le leur. Il faut repenser notre habitat en harmonie avec notre environnement et ce, en rupture avec le capitalisme.
[1] D’après une autre étude effectuée par un groupe d’experts en écologie et aménagement du territoire du Centre de la biodiversité du Québec, le développement diminuera de 27 % la connectivité écologique du territoire, c’est-à-dire la capacité des espèces à se déplacer dans le territoire.