Mars 29, 2021
Par Demain Le Grand Soir
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« Lisez SinĂ©, vous ne pourrez vous empĂȘcher de l’aimer. Â» VoilĂ  ce qu’écrivait Philippe Val dans sa postface du premier hors-sĂ©rie de Ma vie, mon Ɠuvre, mon cul en 1999. Dix ans plus tard, il le virait sous un faux prĂ©texte et pour des raisons personnelles comme le dit son « ami, son frĂšre Â» Richard Malka dans LibĂ©ration du 3 mars 2015, et sans indemnitĂ©s. Il faudra un long procĂšs, puis une procĂ©dure en appel, pour que le licenciement abusif soit reconnu et que, enfin, SinĂ© soit indemnisĂ© par Charlie Hebdo.

Inutile de vous dire que je n’apprĂ©cie pas du tout ce monsieur. Le sachant, un journaliste de l’émission Le SupplĂ©ment sur Canal+, est venu m’interviewer. Il a gardĂ© quelques extraits de ce que je disais dans le portrait qu’il a fait de Val, un des invitĂ©s prĂ©sents sur le plateau le 5 avril. Je parlais des 1 700 000 euros que Val avait partagĂ©s en dividendes avec ses trois associĂ©s et je m’étonnais que cet argent ne soit pas restĂ© dans les caisses du journal en prĂ©vision des mauvais jours. Val leva les yeux au ciel, comme si j’étais cinglĂ©e. Puis MaĂŻtena Biraben lui demanda s’il Ă©tait vrai qu’il avait touchĂ© 300 000 euros de dividendes. Pourquoi cette somme ? Je n’ai pas compris ! Elle insista pour avoir une rĂ©ponse qui fut celle-ci : « Mais enfin, le journal nous appartenait Ă  moi et Cabu ! Â» (Cavanna, propriĂ©taire du titre Charlie, n’eut droit Ă  aucune part lui !) « Oui j’ai touchĂ© cet argent mais c’est compliquĂ©, c’était pour favoriser la passation Ă  moindre coĂ»t des parts Ă  Riss et Charb. Â» Que de beaux bobards !

VĂ©rifications faites, ce sont 2 564 170 euros de dividendes et non 1 700 000 euros comme je l’avais dit dans l’interview, que les quatre associĂ©s se sont distribuĂ©s au prorata de leurs parts, entre 2005 et 2007. Val, qui dĂ©tenait 40 % de celles-ci, a donc encaissĂ© 1 025 668 euros, soit 28 490,77 par mois plus son salaire, lequel se montait en 2009 Ă  13 412,60 euros brut, selon le rapport de la gĂ©rance Ă  l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale, datĂ© du 25 juin 2010.

Autre bobard : ce n’est pas en 2007 mais en 2009 que Charb et Riss reprendront la totalitĂ© des parts de Val et de Cabu, quand le journal va mal, suite Ă  l’éviction de SinĂ©, Ă  la crĂ©ation de SinĂ© Hebdo et au dĂ©part de Val pour France Inter, en mai 2009.

Puisqu’on en est Ă  rĂ©gler les comptes, je prĂ©cise que la SCI La rĂ©dac, propriĂ©taire des locaux de Charlie, rue de Turbigo Ă  Paris depuis 1997, est devenue la propriĂ©tĂ© exclusive de Philippe Val et de ses trois associĂ©s en 2004. Val, Ă  titre personnel, possĂ©dait 40 % des parts. AchetĂ©s 835 000 euros en 97, ces locaux Ă©taient louĂ©s Ă  Charlie pour la modique somme de 9 036,16 euros par mois. Quand Val quitte Charlie pour la direction de France Inter, Charlie doit dĂ©mĂ©nager. La totalitĂ© du crĂ©dit a Ă©tĂ© remboursĂ©e, en 2007, l’immobilier parisien a grimpĂ©. Encore une belle affaire pour Val et ses associĂ©s. Un vrai patron de choc ! Et, bien entendu, les salariĂ©s du journal ne savaient rien de tout ça.

Vous ne me croyez pas ? Tous ces chiffres sont publics, il suffit d’aller sur Infogreffe.

Dans son dernier livre, Malaise dans l’inculture, illisible, teigneux, prĂ©tentieux, adoubĂ© par l’Action française et Valeurs actuelles, Val vomit sur tous ceux que nous aimons.

Selon son principe : moi je me gave, toi tu te dĂ©merdes, il Ă©crit : « La haine de l’argent raconte toujours la haine de la libertĂ© ; l’argent est libĂ©ratoire. Â» Paroles de connaisseur !

Catherine Weil Sinet




Source: Demainlegrandsoir.org