Septembre 22, 2022
Par Le Monde Libertaire
248 visites

Je me suis rendu au marché aux puces
On m’en a proposĂ© treize Ă  la douzaine.
J’ai arguĂ© qu’avec mes six sacs Ă  puces.
Ma mansarde en était déjà bien pleine.

A défaut de puces, est-ce que les fripes
Attireraient mon attention de badaud ?
Certes j’avais besoin de quelques nippes
Mais pas pour un revival des années disco.

Photo Pascal Le Lay

Un perfecto sorti de derriĂšre les fagots
Généra un tremblement de ma lippe.
On ne me prendrait plus pour un rigolo
MĂȘme si au caleçon je prĂ©fĂšre le slip.

Je vous vois rire comme des baleines
En songeant Ă  mon look de gugusse.
Vous pensez que ce n’est pas la peine
Que j’aurai toujours l’air d’un olibrius.

Bien sĂ»r l’habit ne fait pas le moine
Et les moines sont une escroquerie.
Mais Ă  la tentation de Saint Antoine
Fait simplement pendant mon envie.

Pourquoi le cuir serait-il l’apanage
Des rockers et des durs Ă  cuire ?
Et si je ne veux plus rester sage
En quoi cela va-t-il vous nuire ?

Dois-je donc Ă©ternellement fuir
DĂ©rober mon corps et mon visage ?
BĂąti de guingois, je prĂȘte Ă  sourire
On me plaint mĂȘme d’en ĂȘtre otage.

Si je suis et resterai handicapé à vie
Ma peau est mon seul patrimoine.
Comme vous, j’aspire à la fantaisie
Et j’exùcre les agents des douanes.

CĂ©d.




Source: Monde-libertaire.fr