Plus que jamais, nous sommes déterminé·e·s à nous battre contre les mesures du gouvernement en matière de santé et voulons faire entendre notre colère et notre volonté de défendre des soins de qualité accessibles pour toute la population.

Nous nous sommes rendu·e·s aux « jediscolère » devant l’hôpital Robert Debré pour montrer notre soutien et rendre visible la grève des actes que nous menons depuis le mois d’avril sur notre service.

Nous avons également soutenu nos collègues de l’hôpital Bichat et de Sainte-Anne le mardi 2 juin. Nous voulons à notre tour faire connaître notre lutte et faire du 16 juin un jour de mobilisation d’ampleur pour l’hôpital public.

Dans nos CMP, alors que l’épidémie de COVID-19 battait son plein et que nous n’avions aucun matériel de protection pour recevoir du public en toute sécurité, nous avons accepté de poursuivre notre activité thérapeuthique avec nos patient·e·s par téléphone ou en les rencontrant en pied d’immeuble. Dans le même temps, notre direction nous a demandé de remplir des grilles d’actes pour coder et quantifier cette même activité qui découlait de la pénurie de moyens matériels ! Pourquoi passer un temps si précieux à remplir des actes sur un ordinateur, alors que nos patient·e·s avaient besoin de notre entière disponibilité pour leur apporter des soins de qualité ? Nous avons alors décidé d’une grève des actes et des données !

Pour notre direction, chaque patient·e, chaque jour, chaque geste, chaque parole, chaque acte devrait être « codé » dans le Recueil d’Informations Médicales en Psychiatrie (RIM-P) via le logiciel Cortexte pour mesurer et quantifier tout ce qui ferait état d’une relation humaine. Loin de rendre compte de la qualité de nos soins, dans les faits, ces outils numériques gestionnaires détruisent depuis de nombreuses années la psychiatrie publique. Ils préparent en réalité la réforme du financement de la psychiatrie dès novembre 2020 ! Cette réforme tente de généraliser un système de Tarification à l’acte (T2A) déjà si décrié à l’Hôpital général, guidée par la désastreuse boussole de la « rentabilité » au moment même où l’épidémie du COVID-19 nous a encore démontré que la santé devait être un bien commun et universel en dehors de toute logique marchande.

Cette crise sanitaire sans précédent a mis en lumière ce que nous dénonçons depuis des années : un hôpital à bout de souffle, détruit par les régimes d’austérité et les réformes successives depuis plus de 20 ans. Que l’on soit agent.e dans les services de soins généraux ou en psychiatrie, les constats et les logiques de destruction sont les mêmes. Et plus largement, cette même logique de marchandisation s’étend déjà aux secteurs du social et du médico-social avec la même violence. Pour rappel, aujourd’hui un enfant du 19e ayant besoin de soins psychiques et dont les parents n’ont pas les moyens de faire appel au privé peut attendre entre 6 mois à 1 an avant un premier rendez-vous sur le secteur public…



STOP ! Nous ne recommencerons pas demain comme avant ! Nous ne voulons pas que cette crise serve d’alibi à nos gouvernements pour accélérer les réformes vers un système de santé privatisé et marchandisé !

Sortons de l’emprise de ces outils et procédures imposés par la machine gestionnaire et technocratique en arrêtant de les alimenter. Un ordinateur ne pourra jamais rendre compte de la complexité et de la richesse d’une relation d’aide et de soins que nous entretenons au quotidien avec nos patient·e·s. Nous, soignants en lien avec les acteurs de terrain, les familles de patient·e·s et les habitant·e·s, exigeons une refonte du financement de la psychiatrie alignée aux besoins réels et urgents de la population.

Pédopsy en colère ! Rassemblement pour défendre l’hôpital public

Rdv ce mercredi 10 juin – 12h45 devant le centre médico-psychologique

114 avenue de Flandre – Paris 19e – métro Crimée

pour nous écrire, nous rejoindre, dans la lutte et dans l’action : collectifpedopsy19@gmail.com

Le Collectif de la Pédopsy du 19e en Lutte


Article publié le 08 Juin 2020 sur Paris-luttes.info