Novembre 18, 2020
Par Partage Noir
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L’avortement est une opĂ©ration dangereuse. De plus c’est un crime.

VoilĂ  la grande objection.

Eh bien, non ! L’avortement est une opĂ©ration comme les autres, pas plus dangereuse que les autres. Nous sommes Ă  une Ă©poque oĂč, pour un oui et pour un non, on vous ouvre le ventre, on vous troue la boite crĂąnienne, on vous perfore la poitrine. Est-ce que ces opĂ©rations ne sont pas dangereuses et quelqu’un songe-t-il Ă  s’en indigner ? Est-ce que, d’ailleurs, l’avortement n’est pas pratiquĂ©, dans certains cas, dans les hĂŽpitaux, lorsque la mĂšre, par exemple, est en danger de mort ; lorsqu’elle est syphilitique, tuberculeuse, ou mal conformĂ©e ? Il ne reste qu’à joindre Ă  ces cas spĂ©ciaux, le cas de misĂšre pour que l’avortement entre dans les mƓurs. Et puis, considĂ©rez certains accouchements normaux et demandez aux docteurs s’ils ne sont pas plus pĂ©rilleux que les avortements mĂ©thodiquement pratiquĂ©s ?

Un crime ? Ah ! voilĂ  bien un rĂ©sultat de l’épouvantable Ă©ducation catholique. Un crime ? Pourquoi ? L’embryologie ne nous a-t-elle pas montrĂ©, en dĂ©tail, le processus que suit le germe vivant, depuis le moment oĂč, « spermatozoĂŻde aveugle dans l’ovaire Â», il aborde amicalement, sur la route de l’utĂ©rus, l’ovule fĂ©minin jusqu’au jour oĂč constituĂ© dĂ©finitivement, il apparaĂźt Ă  la lumiĂšre, aprĂšs avoir assumĂ©, tour Ă  tour, diffĂ©rentes formes animales. A quel moment, le crime ? Est-ce quand l’enfant futur se prĂ©sente sous l’aspect d’une larve informe ou lorsqu’il affecte la forme , rĂ©jouissante d’un lapin ? Oui, Ă  quel moment ? Une heure aprĂšs le coĂŻt ou six mois plus tard ? Bien malin qui le dirait. Ou alors, il faut pousser le raisonnement jusqu’à ses extrĂȘmes consĂ©quences, c’est-Ă -dire placer le crime au moment prĂ©cis de l’éjaculation, quand la substance prĂ©cieuse se rĂ©pand. Et de ce fait voilĂ  Charlot qui en s’amusant devient un assassin. Et voici Ă©galement que, comme au temps de MoliĂšre,

La pédérastie est un cas,

Est un cas pendable.

Le crime ne peut exister, en rĂ©alitĂ©, qu’a partir de l’instant oĂč l’enfant vivant et jetant son premier cri, apparaĂźt. Il est au monde. On n’a plus le droit de le supprimer. Mais avant ? pendant les neuf mois de laborieuse gestation, alors que ce qui sera un homme n’est pas mĂȘme encore un animal et vit d’une vie plutĂŽt vĂ©gĂ©tale, il y aurait crime Ă  supprimer cette chose ? Il est vraiment effarant d’avoir encore Ă  discuter de pareilles puĂ©rilitĂ©s.




Source: Partage-noir.fr