Novembre 16, 2020
Par Partage Noir
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Primo : La France a besoin de dĂ©fenseurs. DĂ©peupler la France c’est concourir Ă  l’affaiblissement de la Patrie. Pendant que chez nous le nombre des naissances diminue, ailleurs, en Allemagne par exemple, il augmente constamment.

D’abord cette derniĂšre affirmation est un mensonge. Les naissances diminuent, pas dans les mĂȘmes proportions, c’est exact, mais diminuent tout de mĂȘme, aussi bien en Allemagne qu’en France. Quand les prolĂ©taires allemands devenus plus conscients auront compris leur intĂ©rĂȘt, ils ces-seront comme les prolĂ©taires français de se montrer aussi prolifiques. Ensuite, nous nous foutons de la Patrie. La Patrie ne reprĂ©sente pour la majoritĂ© exploitĂ©e, que le total des privilĂšges acquis par la minoritĂ© exploitante. Le jour oĂč nous serons maĂźtres des instruments de travail, des machines et du sol, c’est-Ă -dire oĂč nous aurons quelque chose Ă  nous, oĂč nous possĂ©derons une Patrie, ce jour-lĂ  nous la dĂ©fendrons. En attendant, nous avons autre chose Ă  faire que de fournir des dĂ©fenseurs Ă  la Patrie bourgeoise.

Secundo : Cette doctrine est immorale. Il est immoral de prĂȘcher contre les lois de la nature. On n’a pas le droit de s’occuper des choses sexuelles. Il est infĂąme de s’introduire dans l’alcĂŽve pour y prĂȘcher l’abstention, etc., etc.

En quoi est-il plus moral de conseiller l’amour sans rĂ©-serves, la copulation sans limites ? Si nous nous plaçons sur ce terrain, les plus immoraux sont certainement ceux qui rĂ©clament des hommes et des femmes l’exercice immodĂ©rĂ© des plaisirs sexuels. Un ivrogne rentre chez lui, le samedi soir ; il a le cƓur Ă  la rigolade ; il s’en. ressent comme on dit dans les faubourgs ; il collera un gosse Ă  sa femme, passive et soumise comme une fille de boxon, un gosse qui hĂ©ritera des avantages alcooliques de son digne pĂšre. Il parait que cela est trĂšs moral. Un autre individu, au contraire, prendra ses prĂ©cautions. S’il se sait malade, affligĂ© de tares physiques, il Ă©vitera la procrĂ©ation ; s’il se juge incapable d’assurer Ă  l’enfant une vie paisible et heureuse, il Ă©vitera de mettre cet enfant au monde. Si sa femme est fatiguĂ©e ; si elle est obligĂ©e de turbiner chaque jour, si elle n’est pas en Ă©tat d’accepter une grossesse dangereuse et longue, il s’arrangera pour qu’il n’y ait pas de suites pĂ©nibles Ă  la satisfaction sexuelle qu’il s’accorde. Il paraĂźt que celui-lĂ  est immoral. Ainsi jugent les acĂ©phales qui dĂ©fendent l’ordre et la morale.

Les lois de la nature ? Toute la science et tout le progrĂšs humain sont faits de la lutte constante contre la nature et contre ses lois qu’on a surprises, devinĂ©es, pĂ©nĂ©trĂ©es et dont on s’est servi. Les organes sexuels comme les autres parties du corps appartiennent Ă  la science et Ă  la mĂ©decine. Quoi donc ? La Science aura fouillĂ© le cerveau humain, pour y chercher de dangereux secrets ; elle aura rĂ©alisĂ© de miraculeuses opĂ©rations et vous ne lui accorderez pas le droit de s’occuper de l’acte qui dĂ©termine la vie, de l’acte duquel dĂ©coulent les plus redoutables consĂ©quences. Il faut ĂȘtre bornĂ© comme un membre du Parlement pour oser soutenir pareille absurditĂ©.

Tertio : La doctrine malthusienne offre de terribles dangers. Elle pousse les individus au libre exercice du plaisir et Ă  l’oubli des devoirs. Elle invite ces mĂȘmes individus Ă  des pratiques d’oĂč peuvent rĂ©sulter des inconvĂ©nients et des pĂ©rils aussi bien personnels que sociaux. Etc., etc.

C’est vrai. La doctrine malthusienne offre de terribles dangers… pour les dirigeants. Elle libĂšre tout simplement la femme, esclave, Ă  travers les siĂšcles ; elle la soustrait au fardeau Ă©crasant de la maternitĂ©. Elle lui dit : Tu es libre d’avoir ou de ne pas avoir d’enfants. Voici ce qu’il faut faire. Elle ajoute : Tu n’as pas le droit de faire des enfants, s’ils doivent ĂȘtre malheureux. Ton devoir est d’éviter, dans ce cas, la maternitĂ© comme un flĂ©au. Elle libĂšre aussi l’homme et lui offre les moyens de satisfaire aux exigences des sens, sans inconvĂ©nients et sans craintes. ImmoralitĂ© va-t-on crier. Qu’on rĂ©flĂ©chisse. L’amour ne peut ĂȘtre libre qu’avec ce corollaire : la maternitĂ© libre. Si la sociĂ©tĂ©, si la loi, imposent Ă  la femme la maternitĂ©, la chĂątient rigoureusement — et avec elle son complice mĂąle â€” pour avoir essayĂ© de s’y dĂ©rober, il n’y a pas de libertĂ© de l’amour possible. Mais comment libĂ©rer la femme de la maternitĂ©, demandez-vous ? Ah ! voilĂ  ! Il y a justement les moyens et ce sont ces moyens que prĂ©conisent les malthusiens, et c’est parce qu’ils prĂ©conisent ces moyens qu’on les poursuit, qu’on les dĂ©nonce, qu’on les condamne. Ici qu’on nous permette d’ouvrir une parenthĂšse.




Source: Partage-noir.fr