Octobre 6, 2022
Par CQFD
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Le problĂšme avec la Macronie, c’est que la rĂ©pression prend de telles proportions qu’on ne parvient plus Ă  en isoler un exemple pour le hisser en symbole Ă  combattre.

«  Je sais qu’ils n’avaient pas le droit de rentrer mais bon, c’est comme ça, sous Macron Â»…

Une petite phrase dĂ©sabusĂ©e qui de prime abord n’a l’air de rien. PrononcĂ©e par une dame ayant vu six pandores dĂ©barquer chez elle pour avoir eu l’audace d’afficher deux petites pancartes Ă  sa fenĂȘtre lors du dĂ©placement du prĂ©sident Ă  Pau (PyrĂ©nĂ©es-Atlantiques) le 30 septembre, elle a pourtant un effet glaçant, notamment dans son constat posĂ© comme une Ă©vidence, presque blasĂ©. C’est comme ça, sous Macron. Tu brandis un innocent « Je veux partir en retraite avant l’effondrement climatique (et c’est pas gagnĂ©) Â» ? La marĂ©chaussĂ©e dĂ©barque armĂ©e d’un bĂ©lier et reste dans ton appart’ pour vous surveiller toi et ton compagnon le temps du passage du roi. Et cela rappelle bien des prĂ©cĂ©dents. Tu interpelles, plutĂŽt courtoisement, le mĂȘme prĂ©sident d’un « Vous mettez Ă  la tĂȘte de l’État des hommes qui sont accusĂ©s de viol et de violences sur des femmes, pourquoi  Â», ainsi que le fit une lycĂ©enne de 18 ans Ă  Gaillac (Tarn) le 9 juin dernier ? Les gendarmes viennent te chercher dans ton bahut le lendemain pour te soumettre Ă  un interrogatoire. C’est comme ça. Tu affiches une pancarte « Macronavirus, Ă  quand la fin ? Â» devant ton portail, comme l’a fait une Toulousaine en avril 2020 ? Bim, quatre heures de garde Ă  vue pour outrage. Comme ça, pour rien.

Au-delĂ  de l’outrage Ă  Macron, roi tellement nu qu’il ne peut plus se dĂ©placer sans qu’une garde prĂ©torienne ne fasse le vide sur son passage, chaque espace de contestation se voit de plus en plus rognĂ©, menacĂ©. Tu vas manifester contre le rĂ©gime assassin des mollahs devant l’ambassade d’Iran Ă  Paris ? On te lacrymo-gaze dans les grandes largeurs. D’ailleurs, Ă  ce sujet, on peut raccourcir : tu vas manifester (tout court) ? Fortes chances que d’une maniĂšre ou d’une autre on t’en fasse passer le goĂ»t, bien violemment de prĂ©fĂ©rence. C’est comme ça, sous Macron.

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Le hic avec la Macronie, rĂ©gime plusieurs fois mis en garde par Amnesty International pour ses glissades liberticides, notamment en matiĂšre de droit de manifester1, c’est que la rĂ©pression prend de telles proportions qu’on ne parvient plus Ă  en isoler un exemple pour le hisser en symbole Ă  combattre. Sans doute pour ça qu’on ne rĂ©agit plus vraiment, hormis quelques tweets offusquĂ©s, quand une nouvelle « affaire Â» Ă©clate. AprĂšs les Gilets jaunes Ă©borgnĂ©s, les teufeurs dĂ©foncĂ©s, les banlieusards tuĂ©s, les supporters du Stade de France molestĂ©s sous l’Ɠil des camĂ©ras du monde entier, la police qui dĂ©fouraille au moindre refus d’obtempĂ©rer, les tribunaux aux ordres, les rafales de lois sĂ©curitaires ou les Ă©tats d’urgence, on ne calcule plus vraiment le sort pas dramatique, mais tellement signifiant, du couple aux pancartes de Pau.

Le tournis, camarade, tellement puissant que la gerbe n’est pas loin. Et alors que les lendemains s’annoncent passablement sombres, avec serrage de ceinture possiblement explosif et pouvoir pas loin d’ĂȘtre aux abois, il faudra bien un jour renverser ce grand empilement qui menace d’écraser toute expression de contestation. Sous peine de n’avoir plus qu’un exutoire, murmurer d’une voix faible et hors de portĂ©e des camĂ©ras le message inscrit sur la deuxiĂšme pancarte du couple de Pau : « Tout va bien dans Le Meilleur des mondes (ou 1984, je ne sais plus). Â»




Source: Cqfd-journal.org