Octobre 5, 2021
Par Paris Luttes
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Depuis cet Ă©tĂ©, avec le passe sanitaire devenu incontournable pour travailler, pour accĂ©der aux soins, voyager, se distraire ou accĂ©der aux structures culturelles, l’État a renforcĂ© son contrĂŽle sur nos vies.

Dans les faits et en guise de politique de santĂ© publique, le passe sanitaire est devenu une nouvelle arme policiĂšre. Les flics en sont exemptĂ©s et les patrons se sont transformĂ©s, comme beaucoup d’autres, en contrĂŽleurs de QR code. Et nous sommes par ailleurs assigné·e·s Ă  participer Ă  notre propre contrĂŽle.

Celles et ceux qui rĂ©sistent au passe sont rĂ©primé·e·s et exclu·e·s, celles et ceux qui manifestent pour s’y opposer sont gazé·e·s, interpellé·e·s, jugé·e·s de maniĂšre expĂ©ditive et stigmatisé·e·s. Les amendes Ă  135 â‚Ź pleuvent. Trois mille salarié·e·s ont vu leur contrat de travail suspendu, entraĂźnant une perte totale de revenus.

AprĂšs la loi « sĂ©curitĂ© globale prĂ©servant les libertĂ©s Â» (25 mai 2021), celle relative aux « actes de terrorisme et au renseignement Â» (30 juillet 2021) comme celle « confortant le respect des principes de la RĂ©publique Â», initialement appelĂ©e « loi sĂ©paratisme Â» (24 aoĂ»t 2021), les drones policiers pourront survoler nos manifs et nos lieux de vies grĂące Ă  la nouvelle loi dite « Drones 2 Â» actuellement en dĂ©bat Ă  l’AssemblĂ©e [1]. Flics et gendarmes filmeront et surveilleront en toute quiĂ©tude. L’administration policiĂšre a prĂ©vu de se procurer 650 engins dont certains, des « nano-drones Â» spĂ©cialisĂ©s, pesant Ă  peine 50 grammes, permettent « une discrĂ©tion visuelle et sonore Â» incomparables [2].

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Il ne manque Ă  ces dispositifs que la gĂ©nĂ©ralisation de la reconnaissance faciale policiĂšre de masse, la crĂ©ation de nouveaux fichiers pour stigmatiser indociles et rĂ©fractaires. Dans leur froide obstination pour surveiller et punir, quelles seront les prochaines armes de contrĂŽle qu’ils braqueront sur nous ?

Cette technopolice grandissante vise à casser les pratiques de solidarité et de luttes collectives ainsi que les tentatives de réappropriation des espaces publics. Elle accentue toutes les précarités, toutes les exclusions et toutes les stigmatisations.

Il n’y a pas de confusion possible : nous dĂ©nonçons l’extrĂȘme-droite et combattons ses idĂ©es, mais aussi l’usage qui en est fait par le gouvernement et les mĂ©dias aux ordres pour criminaliser le mouvement social. 

Les manifestations contre le passe sanitaire, outre qu’elles sont un moyen d’intervenir et de discuter avec les manifestant·e·s portant des slogans ou des pancartes qui nous dĂ©rangent, elles sont aussi la possibilitĂ© de les inscrire dans les luttes sociales (chĂŽmage, retraites, assurance maladie
) et de renforcer les solidaritĂ©s et les soutiens contre la rĂ©pression et les violences policiĂšres.

Nous dĂ©nonçons une justice de classe, vĂ©ritable bras sĂ©culier du systĂšme en place, qui s’abat sans vergogne sur les classes populaires.

La Coordination encourage à prendre la rue pour la justice sociale, contre l’État, les flics, les juges, les matons, les patrons et les fachos.

C’est pourquoi nous continuerons de nous impliquer dans les mobilisations contre le passe sanitaire.

La Coordination contre la répression et les violences policiÚres Paris / IDF

28 septembre 2021




Source: Paris-luttes.info