Avril 16, 2021
Par Attaque
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reçu par mail / jeudi 15 avril 2021

Depuis l’an dernier, en rĂ©flĂ©chissant Ă  la situation que nous vivons, je me dis qu’il y a deux problĂšmes qui ressortent dans cette crise du Covid. D’un cĂŽtĂ© le fait de s’opposer aux restrictions mais sans en assumer les consĂ©quences (dont la principale est de choper le virus), et de l’autre une rĂ©action d’obĂ©issance servile et irrĂ©flĂ©chie, se prĂ©cipitant Ă  faire ce que l’État demande sans se poser la moindre question, et sans ĂȘtre capable de se poser les questions qu’on se posait avant.

Il y a lĂ -dedans un juste milieu Ă  avoir : ne pas ĂȘtre hypocrite et assumer les choix qu’on fait de ne pas respecter les restrictions; ne pas non plus ignorer qu’il y a une pandĂ©mie et que certains comportements peuvent aussi mettre la vie des autres en danger; et enfin ne pas s’enfermer dans des postures de passivitĂ© et de lĂąchetĂ© en acceptant aveuglĂ©ment des restrictions.

C’est dans ce genre de contexte qu’on voit ce que chacun-e a dans les tripes. De ceux qu’on prenait pour des gens sincĂšres et rebelles et qui s’avĂšrent ĂȘtre de gentils citoyens qui n’osent mĂȘme pas marcher en plein air sans leur masque alors que n’importe qui le fait. Ou de ceux qu’on croyait sensĂ©s et intelligents et qui dĂ©clarent que le Covid n’est qu’un petit rhume et que mettre un masque dans un bus bondĂ© ça n’a pas de sens, et qu’avoir son masque sous le nez ou le menton dans un lieu public non aĂ©rĂ© c’est trop un truc de rebelle qui ne se plie pas Ă  la loi.

À quel moment est-ce qu’on essaie de penser Ă  tĂȘte froide, de regarder la situation, et de se demander comment on essaie de faire pour ne pas rogner sur sa libertĂ© tout en faisant un minimum attention car il y a quand mĂȘme une pandĂ©mie ? C’est comme si cette espĂšce de pensĂ©e binaire tellement prĂ©sente ces derniĂšres annĂ©es avait pris de l’ampleur avec la crise du Covid, et que donc on est soit contre soit pour. Qu’on m’explique comment appliquer ça Ă  une pandĂ©mie, parce que moi je ne comprends pas comment on peut ĂȘtre pour ou contre un virus. Et si je ne suis pas une spĂ©cialiste Ă  la botte d’un État ou d’un laboratoire, je suis quand mĂȘme capable de trier l’information que je reçois, et de dĂ©cider de quelle façon je veux faire face Ă  la situation, basĂ© sur ma conception des choses, sur les idĂ©es que j’ai, et les choses que je ne suis pas prĂȘte Ă  sacrifier, comme profiter des rayons du soleil sur mon visage un bel aprĂšs-midi de printemps, tout en prenant en compte les enjeux qui existent derriĂšre cette pandĂ©mie, comme la situation des gens Ă  la santĂ© fragile.

C’est aussi dans des moments pareils qu’on voit qui sont les cons Ă  tous les niveaux, et cette pĂ©riode aura au moins ça de positif, de faire le tri dans ses frĂ©quentations, et de mieux voir qui sont les individus derriĂšre les poses et les faux-semblants, et qui sont les personnes qui quoi qu’il se passe gardent le cap. Par exemple, la non solidaritĂ© entre compagnon-ne-s pendant le confinement, abandonnant Ă  leur dĂ©sespoir les personnes isolĂ©es, je pense que ça laissera des marques indĂ©lĂ©biles chez ceux/celles qui l’ont vĂ©cu et qui ont compris que la solidaritĂ© ça n’est qu’un Ă©niĂšme mythe chez les anarchistes, et que dans les moments de crise on ne peut pas compter sur les liens affinitaires, que c’est chacun pour soi, chacun sa « famille Â», et que les asociaux crĂšvent seuls dans leur coin.

Certificat Sanitaire

Avant l’étĂ© 2020 l’État a commencĂ© Ă  parler d’un Certificat Sanitaire EuropĂ©en. LĂ  les 27 États membres de l’UE viennent de le valider, pour une sortie en juin.
Pour les prĂ©cisions techniques y a des extraits d’articles de journaux en bas, qui Ă©clairent un peu sur les modalitĂ©s.

Je ne sais pas si certain-e-s se souviennent des luttes qui ont eu lieu contre le fichier Edvige, et les autres fichiers policiers et administratifs proposĂ©s ces derniĂšres dĂ©cennies. C’est vrai qu’à l’heure oĂč les gens donnent volontairement des informations sur leurs relations sociales, leurs achats, leurs conversations privĂ©es, leurs prĂ©fĂ©rences sexuelles, leurs goĂ»ts, leurs idĂ©es politiques, leurs rythmes quotidiens, les endroits oĂč illes se rendent (avec qui, chez qui, Ă  quelle heure, en passant par oĂč), grĂące Ă  leur smartphone (appelĂ© aussi « mouchard de poche ») et les rĂ©seaux sociaux, on peut se dire que la question de ces fichiers ne se pose mĂȘme plus, parce que le citoyen normal donne volontairement beaucoup plus d’informations, largement accessibles pour qui ça intĂ©resse au sein de l’État et des entreprises (ex les publicitĂ©s ciblĂ©es, le fichage des employĂ©s).

Ce qui, au passage, induit que celle/celui qui n’est pas sur les rĂ©seaux sociaux et n’a pas de smartphone aujourd’hui est suspect. Ainsi, utiliser ces outils n’est pas sans consĂ©quence pour les autres, au moins Ă  ce niveau lĂ  : ce ne sont pas des outils « neutres », parce que derriĂšre leur usage il y a l’idĂ©e de « moi je n’ai rien Ă  cacher ».

Avec l’épidĂ©mie du Covid c’est au niveau sanitaire que l’étau se resserre autour de chacun-e. Il suffit qu’un collĂšgue qui a le Covid dĂ©clare Ă  l’assurance maladie qu’on a passĂ© 5 minutes dans l’ascenseur avec lui pour ĂȘtre considĂ©rĂ© « cas contact » et intimĂ© Ă  rester chez soi. Ce qui s’apparente Ă  de la dĂ©lation quand le collĂšgue balance le nom de toutes les personnes qui ont croisĂ© sa route Ă  ce moment lĂ .

Dans les prochains temps la question du dĂ©placement, de la traversĂ©e des frontiĂšres europĂ©ennes ou autres, et mĂȘme la question de la prĂ©sence dans des lieux publics vont devenir, grĂące au Certificat Sanitaire, l’arme suprĂȘme pour que tout le monde se fasse vacciner. Le gouvernement se fout de notre gueule en disant « nous n’allons pas rendre la vaccination obligatoire », car sans vaccination on se retrouvera dans la mĂȘme situation qu’à l’heure actuelle, Ă  ne pas avoir accĂšs Ă  des lieux qui aujourd’hui sont fermĂ©s, et qui demain seront ouverts sur vĂ©rification du Certificat Sanitaire. C’est exactement ce qui se passe en IsraĂ«l : T’es pas allĂ© Ă  la piscine depuis plus d’un an, il fait chaud, t’as trop envie de nager ? Eh bien dommage, seuls les gens vaccinĂ©s ont le droit d’accĂ©der Ă  la pistoche !

Ça peut sembler nouveau, mais en fait les discriminations sanitaires existent depuis longtemps. Le cas le plus Ă©loquent est celui du Sida. Des pays te sont interdits quand t’es sĂ©ropositif aujourd’hui; plus exactement 40 pays dans le monde te refusent l’entrĂ©e sur leur territoire dans ce cas lĂ . Et des dentistes refusent de te soigner, et les mĂ©tiers de l’ordre te sont interdits, tu ne peux donc pas ĂȘtre policier, gendarme, pompier ou entrer dans l’armĂ©e si t’es sĂ©ropo (et non je ne plains pas les gens qui sont empĂȘchĂ©s de devenir flics !). Etc.

En se projetant dans quelques mois, est-ce que ça a du sens d’accepter un Certificat Sanitaire volontairement pour accĂ©der Ă  un resto, Ă  un cinoche, Ă  un club de sport ou traverser lĂ©galement une frontiĂšre ? Pour ceux d’entre nous qui n’accepteront pas (mais jusqu’à quand ?) cette nouvelle restriction, cela serait un peu comme essayer de vivre la vie que vivent chaque jour les personnes qui n’ont pas les bons papiers.

À quel moment on pose la limite sur ce qu’on veut accepter ou pas en restant en adĂ©quation avec nos idĂ©es ? Et Ă  quel moment on se dit qu’on peut s’organiser autrement, ouvrir des salles de sport non dĂ©clarĂ©es par exemple, faire de la bouffe dans la rue, organiser des projections, bref, faire que la vie sociale ne dĂ©pende pas d’un foutu certificat sanitaire et de la mainmise de l’État et sa mĂ©decine sur nos vies, comme elle dĂ©pendait dĂ©jĂ  trop, avant cette crise sanitaire, de la possibilitĂ© de pouvoir se payer tout cela.
Sinon ça voudra dire que refuser la vaccination c’est renoncer Ă  une vie sociale, Ă  moins de faire un test PCR toutes les 3 jours. Et n’oublions pas que cette normalitĂ© toujours nouvelle, qu’on adopte sur commande, jour aprĂšs jour selon les nouveaux ordres qui tombent d’en haut, met encore plus en lumiĂšre l’anormalitĂ© de ceux qui ne veulent pas ou ne peuvent pas s’y conformer.
On voit lĂ  la question de la mallĂ©abilitĂ© des comportements et des habitudes individuels, de la mallĂ©abilitĂ© de la sociĂ©tĂ©. Un discours du PrĂ©sident le soir et hop, notre quotidien est chamboulĂ© du tout au tout, sans que personne ne bronche. On est quand-mĂȘme de gentils moutons bien obĂ©issants.

Il y a des restrictions complĂštement absurdes qui nĂ©cessitent une bonne dose d’obĂ©issance pour ĂȘtre respectĂ©es. L’exemple le plus criant est l’obligation du port du masque en plein air. On peut recevoir une amende si on ne cache pas bien son nez et sa bouche dans la rue, la belle affaire ! Alors qu’avant le Covid on recevait une amende si justement on cachait son nez et sa bouche en manif. Est-ce que la peur de l’amende empĂȘchait les gens en manif de se masquer ? J’ai pas l’impression ! Et au final on voit quand mĂȘme que pas mal de gens dans la rue trouvent le port du masque absurde et se promĂšnent sans masques, surtout lorsqu’il fait beau. Qui voudrait porter un masque sur la gueule alors qu’il fait soleil ? Et de fait, quand le quart des gens ne portent pas de masque dans la rue (ce qui se passe dans de nombreux endroits), on n’a pas Ă  craindre de contrĂŽles. Mais quand on est la seule personne Ă  ne pas porter un masque dans la rue de suite on se fait facilement repĂ©rer. Et c’est un peu ça pour tout, comme le fait de se promener pendant les couvre-feu ou le confinement, etc. Quand on accepte docilement de se plier Ă  ces restrictions on facilite le travail des flics, parce qu’on accepte et participe Ă  une norme, ce qui met en valeur les rĂ©fractaires Ă  cette norme.

Ceci dit, il n’y a pas besoin d’ĂȘtre un rĂ©fractaire pour marcher sans masque en plein air ou se promener aprĂšs le couvre-feu, comme il n’y a pas que des rĂ©fractaires qui volent dans les magasins ou qui fraudent les transports. Des gens qui ne respectent pas la loi on en trouve dans tous les milieux sociaux, sans doute en plus grande proportion chez les pauvres, mais on le voit en ce moment, le gratin de la sociĂ©tĂ© ne se prive pas non plus de ne pas respecter les restrictions pour continuer de mener leurs petites vies mondaines. En cas de Covid ils iront dans une clinique privĂ©e, sans avoir Ă  risquer de se faire envoyer Ă  l’autre bout du pays faute de place Ă  l’hĂŽpital public. Ce que je dĂ©fends ici c’est donc le fait de ne pas respecter les restrictions actuelles quand il s’agit de rĂ©cupĂ©rer un peu de libertĂ©, mais je me fous autant de ces accros aux excitants qui rĂ©clament la libertĂ© de faire la fĂȘte, que de ceux qui se tapent des gueuletons mondains entre gros bourgeois, car comme toujours, les riches sont encore ceux qui subissent le moins les dĂ©sagrĂ©ments de la situation actuelle, dans leurs chĂąteaux Ă  la campagne ou leurs hĂŽtels particuliers avec des cuisiniers, et mĂȘme pour le passage des frontiĂšres, car ceux qui travaillent pour des boĂźtes françaises Ă  l’étranger peuvent aller et venir comme ils veulent, alors que ceux qui vivent Ă  l’étranger comme n’importe lequel de leurs voisins n’ont pas la possibilitĂ© de venir en France depuis un moment, sauf motifs « impĂ©rieux Â» (le dĂ©cĂšs d’un membre de leur famille en France). Je ne parle mĂȘme pas de la situation des personnes des Dom-Tom


Face Ă  mon constat amer sur l’obĂ©issance aveugle j’entends dĂ©jĂ  les bons citoyens en parfaite santĂ© qui ne s’assument pas qui vont me dire qu’ils se sentent mieux Ă  porter un masque dans la rue, ou qu’ils sont rassurĂ©s s’ils se font vacciner, et que pendant le confinement ils avaient pas le choix que d’écrire leur petite autorisation pour faire 400 m Ă  pied pour aller acheter du tofu et des pĂątes. En rĂ©alitĂ©, on trouve toujours de bonnes justifications pour tout, mĂȘme pour les pires trucs, et ne pas assumer sa lĂąchetĂ© ou son obĂ©issance, et donc ne pas faire un travail dessus, ça me semble problĂ©matique et malhonnĂȘte quand on frĂ©quente certains milieux. C’est une chose d’avoir peur, ça en est une autre de ne rien faire contre et d’ĂȘtre satisfait d’ĂȘtre un esclave de l’État.
Au fond ça me fait me demander comment ces personnes sont capables de savoir si ces rĂ©flexes de faire ce que l’État leur demande viennent vraiment d’elles-mĂȘmes, de ce qu’elles pensent elle-mĂȘmes, de ce qu’elles ont vraiment envie de faire (genre avoir vraiment envie de marcher en plein soleil avec un masque sur la gueule !), ou bien si ça vient de la propagande qui est faite depuis un an, basĂ©e sur la peur et la culpabilisation, et que pour une raison ou une autre ça a un effet direct sur elles ? Et Ă  ce compte lĂ , quelle propagande n’aurait pas un effet sur ces personnes ? Vous vous souvenez de certains anarchistes qui ont suivi l’Union SacrĂ©e pendant la premiĂšre guerre mondiale ? Heureusement que d’autres ont su penser indĂ©pendamment de la propagande nationaliste et belliqueuse des États europĂ©ens de l’époque !

En critiquant le citoyennisme grĂ©gaire je ne fais pas l’apologie de se ramener dans un bus ou une supĂ©rette sans masque et d’éternuer partout. Il y a quand mĂȘme une pandĂ©mie, et dans les lieux non aĂ©rĂ©s on a de fortes chances de refiler le virus Ă  un-e autre si on est porteur. Et c’est pas un mythe, la plupart des gens que je connais qui ont choppĂ© le Covid c’était en se tapant un gueuleton avec des amis, en intĂ©rieur, avec une personne qui contamine tous les autres qui sont sans masque. Et bien sĂ»r que c’est lĂ©gitime de passer un bon moment avec ses amis autour d’un repas. LĂ  oĂč ce genre de choix deviennent plus problĂ©matiques, selon moi, c’est quand ils ne sont pas assumĂ©s et que sitĂŽt malades les gens n’hĂ©sitent pas Ă  occuper des places dans les hĂŽpitaux, alors qu’ils semblaient ne pas se prĂ©occuper de leur santĂ© auparavant, et ça devient absurde dans un contexte oĂč les places dans les hĂŽpitaux se font rares
 si on s’en fout d’ĂȘtre malade, assumons nos choix jusqu’au bout, au lieu de vouloir le beurre et l’argent du beurre (et papa État avec son systĂšme sanitaire, quand on est malade), vouloir vivre sans les contraintes actuelles, mais ne pas avoir Ă  assumer de choper le virus d’une pandĂ©mie qui n’est pas un mythe pour faire peur, qui est bien lĂ , malheureusement.

Il y a un enjeu aujourd’hui Ă  ne pas accepter le Certificat Sanitaire, qui risque de s’installer dĂ©finitivement. Vous vous souvenez de comment le fichage ADN est passĂ© en France ? Parce qu’aujourd’hui n’importe qui en garde Ă  vue pour des broutilles se voit demander un prĂ©lĂšvement d’ADN (bien sĂ»r il faut toujours refuser !), et ça montre comment l’État dĂ©tourne toujours les trucs liberticides qu’il arrive Ă  faire passer quand la population est sous le coup de l’émotion d’un Ă©vĂšnement effroyable. Et ça serait naĂŻf de penser que l’instauration au niveau europĂ©en ou international d’un passeport sanitaire ne va que se cantonner au Covid, et disparaĂźtra une fois la pandĂ©mie terminĂ©e. Ce sont des outils pĂ©rennes qui sont mis en place grĂące au Covid, comme ce sont des outils pĂ©rennes qui sont mis en place Ă  chaque fois que des illuminĂ©s butent des gens devant une Ă©cole, dans un supermarchĂ©, dans une salle de concert ou dans la rĂ©daction d’un journal. C’est important de garder la tĂȘte froide face Ă  des situations souvent horribles, et d’anticiper et s’inquiĂ©ter de la rĂ©ponse de l’État, qui nous touchera tous, et particuliĂšrement les rĂ©fractaires et tous ceux/celles dĂ©jĂ  dans le viseur de la rĂ©pression.

Un truc tout con, ce certificat sanitaire ça veut dire qu’on ne pourra pas, dans l’Union EuropĂ©enne, passer une frontiĂšre pĂ©pĂšre sans montrer patte blanche Ă  un douanier. Et on peut ne pas avoir envie que nos allĂ©es et venues soient notĂ©es quelque part, et certaines personnes ne peuvent simplement pas se permettre de montrer leur passeport Ă  un douanier. Toutes les personnes vivant illĂ©galement en Europe vont devoir faire comme on faisait avant Schengen (qui occasionnellement est remis en question ou mis entre parenthĂšse), et comme beaucoup font dĂ©jĂ , se faire dĂ©poser Ă  un endroit, traverser Ă  pied, et se faire rĂ©cupĂ©rer de l’autre cĂŽtĂ© de la frontiĂšre. Sauf qu’en hiver, quand c’est des montagnes qu’on doit traverser, ça devient un peu plus difficile voire dangereux. Tandis que les bons citoyens qui n’ont rien Ă  se reprocher pourront traverser les frontiĂšres tranquillou dans leur petit confort en avion, en train, en bus ou en voiture, prĂȘts Ă  dĂ©gainer le QR code de leur Certificat Sanitaire de leur smartphone dĂšs qu’on le leur demandera. BĂ©nis soient les smartphones qui facilitent tellement ce flicage sanitaire ! Le mĂȘme outil peut contenir tes papiers, tes billets de transport, et ton certificat de vaccination. Que c’est pratique le progrĂšs !

Mais ce certificat sanitaire ouvre aussi la porte Ă  un flicage sanitaire qui pourrait dĂ©passer largement le cas du Covid. Qu’est-ce qui empĂȘche que ce certificat comprenne un carnet de vaccination qui confirme qu’on est bien Ă  jour de tous les vaccins, ou contienne toutes les infos sur les maladies physiques ou mentales qu’on a ? Qu’est-ce qui empĂȘche que ça permette de stigmatiser et exclure encore plus les personnes sĂ©ropositives, mais aussi les personnes chez qui un psychiatre aurait diagnostiquĂ© une schizophrĂ©nie, ou de la bipolaritĂ©, etc. (alors que ce genre de diagnostics varient d’un psychiatre Ă  l’autre) ? Se voir refuser l’accĂšs Ă  un cours ou une activitĂ© quelconque, ou un travail, un emprunt, une frontiĂšre, etc, parce que le Certificat Sanitaire divulgue des informations sur notre santĂ©, ça pourrait faire partie de la rĂ©alitĂ© de nombreuses personnes dans les annĂ©es Ă  venir. Au passage, pour ceux/celles qui l’auraient ratĂ©, en fĂ©vrier 2020 l’État a autorisĂ© un nouvel outil de fichage, GendNotes, utilisĂ© par la gendarmerie. Parmi les donnĂ©es qui peuvent ĂȘtre collectĂ©es sur cette application mobile figurent des informations « relatives Ă  la prĂ©tendue origine raciale ou ethnique, aux opinions politiques, philosophiques ou religieuses, Ă  l’appartenance syndicale, Ă  la santĂ© ou Ă  la vie sexuelle ou l’orientation sexuelle».

Parfois des lois passent et soudainement on se rend compte qu’on est encore plus coincĂ© qu’avant. Et je crains beaucoup qu’aprĂšs la pandĂ©mie on va avoir l’impression d’avoir une grosse gueule de bois en voyant tout ce qui est passĂ© sans qu’on s’en soit trop inquiĂ©tĂ©. Le rĂ©veil va ĂȘtre difficile. Et il n’y aura pas de retour en arriĂšre sur ces nouveaux outils liberticides qui passent.

Y aura toujours une situation d’urgence et donc une nouvelle limite dĂ©passĂ©e qui nous poussera Ă  trahir nos propres idĂ©es, et toujours des gens qui refuseront et d’autres qui accepteront sans sourciller. Et ça n’est pas une question de force de caractĂšre, c’est simplement une question de sincĂ©ritĂ© dans ce qu’on pense, de savoir ce qu’on veut, et pourquoi, savoir ce qu’on fout lĂ  et les sacrifices qu’on est prĂȘt Ă  faire pour ce qui compte pour nous.

Pour l’anarchie
fin mars 2021

Extraits de journaux parlant du Certificat Sanitaire Européen :

« L’idĂ©e d’un « digital green pass Â» a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e par la Commission europĂ©enne dĂ©but mars et a Ă©tĂ© validĂ©e par les 27 Etats membres de l’Union europĂ©enne, mĂȘme si la France paraissait rĂ©fractaire. InterrogĂ© dimanche 28 mars 2021 au Grand Jury RTL, Thierry Breton, commissaire europĂ©en en charge des vaccins, a apportĂ© des prĂ©cisions sur ce fameux certificat sanitaire, qui pourrait ĂȘtre disponible sur le site du MinistĂšre de la SantĂ© d’ici deux Ă  trois mois dans toute l’Union europĂ©enne. « Ă€ partir du moment oĂč nous pourrons ĂȘtre sĂ»r que chaque EuropĂ©en qui souhaite se faire vacciner aura un accĂšs Ă©quitable au vaccin, comme ce sera le cas dans les deux Ă  trois mois qui viennent, il sera bon que l’on puisse avoir un certificat sanitaire qui dĂ©montre votre Ă©tat Â», a-t-il expliquĂ©. Cet espace digital mentionnera les informations personnelles et certaines donnĂ©es de santĂ© de son dĂ©tenteur, telles que les tests PCR rĂ©cemment rĂ©alisĂ©s ou les injections de vaccin anti Covid administrĂ©es. L’accĂšs Ă  certains pays ou Ă  certains lieux publics (restaurants, lieux culturels
), actuellement fermĂ©s Ă  cause de la pandĂ©mie de Covid-19 pourrait se faire sur prĂ©sentation de ce pass sanitaire.

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Les modalitĂ©s prĂ©cises de ce nouveau pass n’ont pas encore Ă©tĂ© confirmĂ©es. NĂ©anmoins, il consisterait en un espace digitalisĂ© personnel, accessible depuis son smartphone, qui pourrait rĂ©pertorier certaines informations comme :
‱ un QR code
‱ l’Etat de rĂ©sidence
‱ les tests PCR nĂ©gatifs rĂ©cents
‱ les attestations de non symptîmes
‱ le cas Ă©chĂ©ant, les certificats de vaccination de son titulaire.
Il existera Ă©galement une version papier qui mentionnera :
‱ votre nom
‱ votre date de naissance
‱ le numĂ©ro de votre passeport certifiĂ© avec le QR code
‱ le fait que vous ayez Ă©tĂ© vaccinĂ© ou non,
‱ le type de vaccin et si vous avez Ă©tĂ© porteur de la maladie
‱ « pour ceux qui n’auront eu ni le vaccin, ni la maladie et pour lesquels on demandera un test PCR, on trouvera l’état de votre test PCR Â», a prĂ©cise le commissaire europĂ©en.
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Une fois coordonnĂ© cet outil numĂ©rique pourrait permettre de se dĂ©placer au sein de l’Union europĂ©enne, mais pourquoi pas aussi dans d’autres pays du monde. « Nous prĂ©parons un instrument Ă  l’échelle europĂ©enne, incluant des donnĂ©es trĂšs objectives Â», mais il reviendra aux Etats membres de l’UE de dĂ©cider « quel usage prĂ©cis ils en feront Â», a dĂ©taillĂ© le vice-prĂ©sident de la Commission, Margaritis Schinas.

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Dans un communiquĂ© du 17 fĂ©vrier, la compagnie aĂ©rienne Air France a annoncĂ© qu’elle allait expĂ©rimenter un pass sanitaire, Ă  compter du 11 mars sur plusieurs de ses vols, Ă  destination des Antilles, notamment de la Guadeloupe (tous les vols Charles-de-Gaulle/Pointe-Ă -Pitre) et de la Martinique (tous les vols Charles-de-Gaulle/Fort-de-France). Il s’agit d’un systĂšme qui permettra de vĂ©rifier les tests COVID de maniĂšre sĂ©curisĂ©e et de fluidifier le parcours des clients Ă  l’aĂ©roport. ConcrĂštement, les passagers devront tĂ©lĂ©charger l’application mobile AOK Pass sur leur smartphone et y enregistrer les rĂ©sultats de leur test Covid rĂ©alisĂ© dans un laboratoire partenaire (liste disponible sur l’application). L’application valide ensuite que le test prĂ©sentĂ© est conforme Ă  la rĂ©glementation du pays de destination. Une fois Ă  l’aĂ©roport, les passagers prĂ©sentent leur smartphone. Air France ne rendra pas l’utilisation de cette application obligatoire, il sera toujours possible se rendre au comptoir d’enregistrement avec un rĂ©sultat de tests PCR imprimĂ© sur papier.

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Un pass sanitaire pour aller au restaurant ?
Ce pass sanitaire pourrait ĂȘtre demandĂ© Ă  l’entrĂ©e des lieux publics comme les restaurants, les bars, ou les musĂ©es afin de « faciliter le systĂšme d’alerte Â», selon Emmanuel Macron, ainsi que le traçage des cas contacts en cas de contamination Ă  la Covid-19. Ce pass pourrait Ă©galement permettre d’accĂ©der Ă  des salles de concert ou de spectacle.

Autre article :

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Un QR code
« On y trouvera votre nom, votre date de naissance, le numĂ©ro de votre passeport certifiĂ© avec le QR code, le fait que vous ayez Ă©tĂ© vaccinĂ© ou non, le type de vaccin et si vous avez Ă©tĂ© porteur de la maladie », a prĂ©cisĂ© le commissaire europĂ©en, document Ă  la main. Pour les autres, qui n’auraient eu ni le vaccin ni la maladie, un simple test PCR sera demandĂ© par les autoritĂ©s.
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Si les autoritĂ©s europĂ©ennes poussent ce modĂšle, qui a fait ses preuves en IsraĂ«l, l’idĂ©e du « certificat sanitaire » a encore du mal Ă  faire son chemin chez certains scientifiques. StĂ©phane Gayet, infectiologue hygiĂ©niste au CHU de Strasbourg, juge que le certificat sanitaire est « une façon dĂ©tournĂ©e de rendre la vaccination obligatoire, et de prĂ©parer les esprits Ă  des restrictions en matiĂšre de libertĂ© de circulation ».

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Source: Attaque.noblogs.org