Novembre 8, 2020
Par Paris Luttes
375 views


Il y a de cela plusieurs mois, alors même que la crise sanitaire n’était pas encore à l’ordre du jour, l’année 2020 débutait sur une sévère répression policière à l’égard des lycéen-nes lors de leur mobilisation contre la réforme du baccalauréat.

Aujourd’hui, alors que la crise sanitaire est, cette fois-ci, à l’ordre du jour, la rentrée des vacances de la Toussaint 2020 se voit également marquée par la répression d’élèves, alors mobilisé-es pour revendiquer un meilleur protocole sanitaire. La présence des forces de l’ordre devant des établissements scolaires semble, de plus en plus, devenir une triste norme, en témoignent ces dernières années jusqu’à cette dernière semaine.

Lundi 2/11 ce sont des dizaines de lycéen-nes mobilisé-es qui ont été gazé-es et qui ont reçu des coups de matraque lors d’une tentative de blocage au lycée Colbert.

Mercredi 4/11, 5 lycén-nes ont été embarqué-es pendant un blocage pacifique du lycée Paul Eluard à Saint-Denis. Ils et elles n’ont pu sortir du commissariat qu’à la nuit tombée, grâce notamment à la mobilisation de parents d’élèves, personnels du lycée et militant-es de la ville.

Outre cela, les personnels de la cité scolaire Bergson-Jacquard ont publié le 5 novembre un communiqué stipulant l’arrivée de policiers dans leur établissement en matinée pour… « demander que leur soient fournies les coordonnées d’un élève, afin de dresser une contravention pour non port du masque » !

Dans ce même communiqué, on apprend que la présence des forces de police devant l’établissement depuis alors deux jours viserait à « empêcher la mise en place d’un blocus », et les personnels terminent leur communiqué par une demande adressée à la direction, celle de « renoncer à faire intervenir les forces de l’ordre de cette manière à l’avenir ». Si les personnels de direction tiennent à ce qu’on ne les voie pas comme étant en parfaite complaisance avec les corps répressifs de l’État, il leur appartient de ne plus faire appel à la police. Même si les prétextes utilisés sont de « garantir la sécurité des élèves » ou de « prévenir d’éventuelles dégradations ».

Nous, assistant-es d’éducation mobilisé-es d’Ile-de-France, dénonçons fermement ces méthodes de musèlement de la contestation lycéenne. Nous demandons l’arrêt immédiat de la mise en garde à vue des lycéen-nes mobilisé-es ainsi que l’abandon total des poursuites qui pèsent contre certain-es d’entre elles et eux le cas échéant.

Nous dénonçons la présence policière devant nos établissements et parfois même en leur sein, intimidante tant pour nos élèves que pour nous, personnels de l’Éducation Nationale. Nous dénonçons tout autant la complicité de certain-es chef-fes d’établissement, permettant ainsi aux policiers d’aller jusqu’à nous demander à nous, assistant-es d’éducation, de leur fournir des renseignements sur nos élèves.

Quoi qu’il arrive, nous nous tiendrons toujours du côté des élèves, de leurs familles, et les soutiendrons dans leurs revendications. Nous ne collaborerons jamais avec la police.

Flics, hors de nos vies !




Source: Paris-luttes.info