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Nova Gorica, commune urbaine, se situe Ă  l’ouest de la SlovĂ©nie, Ă  la frontiĂšre avec l’Italie. Cette “Nouvelle Gorizia” est la partie slovĂšne de Gorizia depuis 1947, alors que la vieille ville, Gorizia, resta territoire italien de l’autre cĂŽtĂ© du nouveau tracĂ© de la frontiĂšre. Anhovo est un village situĂ© Ă  16 km de Nova Gorica. L’Isonzo (en slovĂšne, Soča), Ă©galement mentionnĂ©, est le fleuve qui traverse l’ouest de la SlovĂ©nie et le nord-est de l’Italie. La division s’est attĂ©nuĂ©e en 2004 avec l’entrĂ©e de la SlovĂ©nie dans l’Union EuropĂ©enne puis dans l’Espace Schengen en 2007 et la suppression des contrĂŽles Ă  la frontiĂšre qui s’en est suivie. Les habitants sĂ©parĂ©s des leurs ont pu Ă  nouveau circuler librement et les deux administrations se sont rapprochĂ©es : ainsi, en 2010, les trois communes de Nova Gorica, Gorizia et Ć empeter-Vrtojba ont signĂ© un accord pour constituer un GECT (groupement europĂ©en de coopĂ©ration territoriale). Nos camarades de la FAI, et particuliĂšrement le groupe Germinal de Trieste (Ă  73 km de Nova Gorica), sont donc au plus prĂšs des luttes slovĂšnes : gĂ©ographiquement mais aussi politiquement, puisque Gorizia est, en Italie, un haut-lieu de l’antimilitarisme, cĂ©lĂ©brĂ© dans l’un des hymnes les plus chantĂ©s par les anarchistes,”O Gorizia” (qui date de 1916 et n’est pas sans rappeler notre Chanson de Craonne). Remarquez le drapeau noir et rouge et le A cerclĂ© sur la banderole de nos camarades FAO-IFA et FAI-IFA sur le pont de la Soča – Isonzo !


PRÉSENTATION ET TRADUCTIONS (DE L’ANGLAIS ET DE ITALIEN) MONICA JORNET. GROUPE GASTON COUTÉ FA


APPEL À MANIFESTER DE NOS CAMARADES SLOVÈNES : LE CAPITAL TUE LA VIE par INITIATIVE ANARCHISTE DE LJUBLJANA. 16.09.2010

Les Ă©lites n’épargnent personne dans leur quĂȘte incessante de profit. Dans le mĂȘme souffle, ils poussent au nationalisme en vantant la nature intacte de la SlovĂ©nie, en offrant aux gens des bons pour se cacher du fascisme toujours croissant et plus ou moins cachĂ© de la sociĂ©tĂ© dans ses coins idylliques, et en couvrant constamment leurs projets de dĂ©vastation meurtriĂšre Ă  Ć oĆĄtanj, PetiĆĄovci , Trbovlje et Anhovo. DerriĂšre les phrases sur les politiques Ă©cologiques vertes se cachent une mortalitĂ© plus Ă©levĂ©e et une espĂ©rance de vie plus courte, ainsi que des foyers de maladies pulmonaires et cancĂ©reuses dans des zones gravement dĂ©gradĂ©es, oĂč la vie et le bien-ĂȘtre des personnes et de l’environnement sont mis au jeu pour une poignĂ©e de bĂ©nĂ©fices pĂ©cuniers.

À Anhovo, comme dans toute la vallĂ©e de la Soča, les gens ont Ă©tĂ© exposĂ©s Ă  des intoxications systĂ©matiques depuis que la cimenterie a commencĂ© ses opĂ©rations au dĂ©but des annĂ©es 1920: d’abord avec de l’amiante, et plus rĂ©cemment avec des Ă©missions dangereuses de substances toxiques rĂ©sultant de la co-incinĂ©ration de dĂ©chets largement importĂ©s, avec pour excuse ladite «augmentation de l’efficacitĂ© Ă©nergĂ©tique» de la cimenterie Salonit Anhovo. MalgrĂ© la teneur avĂ©rĂ©e en Ă©lĂ©ments cancĂ©rogĂšnes dans les Ă©missions et le fait qu’Anhovo se classe parmi les principales localitĂ©s en termes de dĂ©cĂšs causĂ©s par l’environnement polluĂ©, la lĂ©gislation se contente de restrictions extrĂȘmement faibles pour l’industrie et, dans le mĂȘme temps, les pollueurs ravis reçoivent des labels environnementaux. Tout cela prouve un lien fort entre les exĂ©cutants des politiques « Ă©cologiques » et les capitalistes avides, et tĂ©moigne d’une alliance fondĂ©e sur une monstrueuse indiffĂ©rence pour la vie des gens.

Les rejets de substances dangereuses Ă  Salonit Anhovo, qui sont conformes Ă  la lĂ©gislation et aux restrictions en vigueur, reprĂ©sentent la grande majoritĂ© de tous les rejets dangereux dans tout le pays. Les quantitĂ©s de composĂ©s individuels dans les Ă©missions, tels que le monoxyde de carbone, les oxydes d’azote, le benzĂšne et d’autres composĂ©s organiques, dĂ©passent de loin les quantitĂ©s de l’incinĂ©rateur de Celje ou de Lafarge Ciment Ă  Trbovlje Ă  l’époque oĂč la co-incinĂ©ration y Ă©tait maximale. Outre celles d’Anhovo, les Ă©missions dans l’air et donc dans les poumons de la population environnante comprennent Ă©galement des dizaines de kilos annuels de composĂ©s de mercure, de cuivre et de plomb. La tiĂ©deur absurde des limites d’émission est mise en Ă©vidence par une comparaison avec les recommandations de l’Organisation mondiale de la santĂ© (OMS) pour les Ă©missions de benzĂšne, classĂ© comme cancĂ©rogĂšne dans la premiĂšre catĂ©gorie de danger. La lĂ©gislation environnementale slovĂšne le classe dans la troisiĂšme catĂ©gorie, par consĂ©quent le rejet annuel autorisĂ© de benzĂšne de Salonit Anhovo dĂ©passe Ă  lui seul de plus de 2000 fois le montant des Ă©missions autorisĂ©es pour tout l’État par l’OMS.

La pollution ne reste pas seulement en suspension dans l’air. En raison de la dĂ©gradation de longue date de l’environnement dans la vallĂ©e de la Soča, le sol et donc les aliments produits localement sont Ă©galement polluĂ©s, et enfin et surtout, le systĂšme hydrique. Salonit Anhovo puise l’eau dont elle a besoin directement de la riviĂšre Soča et toutes ses eaux usĂ©es y retournent. Un incident trĂšs mĂ©diatisĂ©, mais loin d’ĂȘtre isolĂ©, de pollution de l’eau potable est survenu ce mois de juillet, lorsque, en raison d’une « erreur dĂ©plaisante », les eaux usĂ©es d’Eternit Anhovo, une entreprise Ă©troitement liĂ©e Ă  Salonit Anhovo, ont envahi le rĂ©seau d’alimentation en eau sous le bĂątiment de l’usine, privant les habitants de la zone d’eau potable.

De telles alertes ne sont en aucun cas de simples erreurs individuelles dans un systĂšme qui fonctionne par ailleurs sans dĂ©faillances. C’est le systĂšme en soi qui tue et dĂ©vaste dĂ©libĂ©rĂ©ment afin que les Ă©lites capitalistes puissent remplir leurs poches sans ĂȘtre dĂ©rangĂ©es et ce avec la bĂ©nĂ©diction des politiciens Ă©cologistes. L’anomalie et le problĂšme rĂ©sident dans le systĂšme lui-mĂȘme. Nous ne devons pas permettre la poursuite de l’équipĂ©e meurtriĂšre de ses reprĂ©sentants, dans leur appĂąt du gain, aussi bien dans les comitĂ©s directeurs que dans les conseils d’administration, les ministĂšres et les agences d’État !

Nous sommes solidaires des habitants d’Anhovo et de toute la vallĂ©e de la Soča, pas du capital !
ArrĂȘtons l’usine qui est en train de provoquer notre propre arrĂȘt cardiaque et pulmonaire !

Nous nous joignons au rassemblement du samedi 19 septembre 2020, pour la nature, le long de la Soča Ă  Anhovo et nous appelons tout un chacun Ă  soutenir la lutte de la communautĂ© locale pour la vie, pour la nature, pour notre avenir Ă  toute.s.

COMPTE-RENDU DE MANIFESTATION DE NOS CAMARADES ITALIENS, par UN COMPAGNON DU GROUPE GERMINAL. FAI TRIESTE. 20.09.2020

Hier Ă  Anhovo, (localitĂ© de 800 habitants de la proovince de Nova Gorica), un cortĂšge a rassemblĂ© plus de 300 personnes pour protester contre la pollution du fleuve Soča (l’Isonzo). AprĂšs avoir subi pendant des annĂ©es la pollution gĂ©nĂ©rĂ©e par une usine de fibrociment (amiante), c’est Ă  prĂ©sent la cimenterie qui pollue le fleuve et il existe mĂȘme un projet d’agrandissement de l’incinĂ©rateur de dĂ©chets. Pendant l’étĂ©, la zone s’est retrouvĂ©e sans eau potable.
Une association d’habitants de la zone et des associations environnementalistes ont lancĂ© un appel commun Ă  une journĂ©e de mobilisation qui s’est achevĂ©e justement par la manifestation de l’aprĂšs-midi. C’était la premiĂšre action de contestation sur cette question dans cette rĂ©gion et la lutte ne fait que commencer. Les compagnes et compagnons de la FAO-IFA ont participĂ© Ă  toutes les phases de l’organisation de la journĂ©e et ont formĂ© dans la manifestation un groupe visible et sonore, avec banderoles et collage d’autocollants sur tout le parcours. Un certain nombre de nos compagnes, compagnons et sympathisant.es de groupe ont participĂ© Ă  ce cortĂšge.

Les luttes ne connaissent pas de frontiĂšres !

NDLR : une version de “O Gorizia tu sei maledetta”


Article publié le 23 Sep 2020 sur Monde-libertaire.fr