Le 15 mars dernier, plus de 600 personnes se sont mobilisées lors de  la manifestation pour le climat qui a eu lieu à Chicoutimi. (lien) Pour l’occasion, Sylvain Gaudreault, le dernier élu péquiste de la région, a été invité à prendre la parole. Il est sans doute de bonne guerre pour un parti vieillissant, et qui forme maintenant la troisième opposition à  l’Assemblée nationale, de se coller aux mobilisations environnementales organisées par une partie de la  jeunesse. Rappelons tout de même que lorsqu’ils et elles formaient  le bref gouvernement Marois, ces indépendantistes ont soufflé le chaud et le froid sur la question environnementale. Ils et elles ont proposé l’électrification des transports, tout en  soutenant le développement de la polluante cimenterie de Port-Daniel et en faisant le choix d’autoriser l’exploration pétrolière sur l’île d’Anticosti. [1]

Le Québec n’est pas dans une bulle de verre
À l’instar de son parti frère au provincial, le Bloc québécois a décidé d’accrocher le grelot de l’indépendance aux revendications environnementales. « L’environnement c’est comme l’indépendance, c’est pas à gauche, c’est pas à droite. C’est une nécessité pour l’ensemble de la société » affirmait Yves-François Blanchet, l’ancien ministre de l’environnement sous le gouvernement Marois. Ce politicien maintenant recyclé en chef du Bloc québécois déclarait également: « Je vais avoir le grand plaisir d’expliquer aux gens qu’un modèle environnemental québécois n’est pas possible dans un État pétrolier canadien. C’est de la simple logique ». [2]
En effet, l’exploitation du pétrole en Alberta n’est pas ce qui a de plus écologique. « Pour extraire un baril de sables bitumineux, il faut utiliser plus ou moins 5 barils d’eau, et le processus  produit l’équivalent d’un baril et demi de sous-produits toxiques. » [3] Le nouveau chef du Bloc pourrait donc faire une piqûre de rappel à Stéphan Tremblay, un ancien membre de sa famille politique qui a été embauché par GNL Québec pour faire la promotion au Saguenay de la liquéfaction du gaz de schiste provenant de l’Alberta.
photo: Stéphan Tremblay
Évidement, nous ne sommes pas à la veille de la République du Québec, voire d’un retour  à l’avant-scène du Parti québécois. Mais il nous apparaît important que le mouvement environnemental ne se laisse pas diviser par ceux et celles qui veulent instrumentaliser les luttes en cours pour mousser l’indépendance juridique du Québec. Comme nous l’avons déjà écrit dans le texte Pour en finir avec l’économie Kleenex (lien), il n’y a pas que les biens de consommation qui sont jetés comme de vulgaire Kleenex après leurs utilisations. Au sein de l’économie capitaliste, il y a aussi des employéEs Kleenex qui vivent dans des communautés et des régions Kleenex. Ce n’est donc pas d’un autre gouvernement centralisateur, d’une République du Québec ou d’une assemblée constituante que nos communautés ont besoin. Ce que nos communautés ont véritablement besoin c’est de sortir de la dépendance économique et de s’affranchir des multinationales. L’indépendance juridique ne réglera pas cet état de dépendance. Un État indépendant n’empêche en rien la destruction de nos communautés par les rapaces capitalistes. Au contraire, il sera toujours là pour faciliter, financer et aider via de nouvelles lois l’accaparement de nos milieux et de nos vies par les multinationales. À ce niveau, le cas grec est très éloquent! Et même un parti de « gauche » comme SYRIZA n’a pas changé les choses. Mais c’est en formant des collectivités autonomes et en lutte que nous serons en mesure de reprendre nos affaires en main et de gérer démocratiquement nos ressources. Ainsi nous serons souverains sur le plan alimentaire et énergétique.
Pendant ce temps…
L’extrême-droite identitaire, raciste et islamophobe peste contre la jeunesse qui s’occupe d’un véritable enjeu, soit assurer un avenir aux générations futures.
  Éric Proulx alias Ti-loup-fourre-tout , un  ancien mâle alpha de la Meute

[1] Le projet sera abandonné sous le gouvernement Couillard.
[2] htps://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-canadienne/201903/17/01-5218559-le-bloc-quebecois-mise-sur-lenvironnement-et-la-jeunesse.php
[3] Collectif, BRUT La ruée vers l’or noir, LUX Éditeur, 2015, p.19


Article publié le 07 Mai 2019 sur Ucl-saguenay.blogspot.com