Nous vous avions fait une présentation du Parti de la France, il y a presque deux ans ici et  : depuis, le nombre de ses militants a fondu, et il ne dispose plus que d’une poignée d’élus locaux. Après avoir fêté leurs dix ans, le président fondateur de ce micro-parti, Carl Lang, vient de laisser sa place à l’ancien secrétaire général, Thomas Joly. Une chose est sûre : ce ne sont pas des personnes que l’on risque de rencontrer à nos côtés dans les prochains jours sur les piquets de grève ou dans les manifestations !

Thomas Joly, désormais président du PdF, prend la pose : les connaisseurs apprécieront le t-shirt !

Comme tous les partis et organisations d’extrême droite, nombre de militants sont partis du Parti de la France, ils viennent donc d’essayer de renouveler leurs instances en remplaçant du vieux par du moins vieux. Carl Lang avait connu ses heures de gloire au Front national, dont il a été le secrétaire général de 1987 à 1995 et un des députés européens, vient donc de jeter l’éponge. La trésorière, Myriam Baeckroot, elle aussi quitte le navire : ancienne militante du FN, elle est la femme de Christian Baeckroot, ancien député et trésorier du FN dans les années 1980. Dans leur départ du PDF, ils sont accompagnés de Martine Lehideux elle aussi une figure historique du FN. Si le PDF n’a plus trop d’activités, on le retrouve quand même dans différentes initiatives d’extrême droite : au défilé Jeanne d’Arc de mai ou aux journées de Synthèse Nationale en octobre à Paris. Leur dernière tentative d’action, qui s’est soldée par un échec, a été un rassemblement de soutien à Eric Zemmour devant la chaîne de télévision C-News, prévu le 10 novembre et en partenariat avec les islamophobes revendiqués de Riposte laïque. Mais même un type comme Zemmour préfère se passer de ce genre de soutien !

Quoiqu’il en soit, le credo du PDF restera sans doute le même : se poser en alternative au Rassemblement national, en essayant de récupérer ses militants déçus. Dans la nouvelle version du PDF, parmi les « anciens », seul Roger Holeindre est resté comme président d’honneur, et pour l’accompagner, une brochette de losers sont entrés au bureau politique.

Une partie du nouveau bureau politique (la photo a été prise lors de la “croisière” de l’hebdomadaire antisémite Rivarol en juin 2018) : en partant de la gauche Bruno Hirout (A), Guillaume Aguillé (B), Benjamin Lematte (C), Pierre-Nicolas Nups (D) et Alexandre Simmonot (E). Au centre, Thomas Joly, et à sa gauche, Laurent Spagnol.

C’est donc désormais Bruno Hirout qui fait office de secrétaire général à la place de Joly, accompagné de son comparse du PDF du Calvados, Guillaume Aguillé. Les deux s’étaient déjà retrouvés sur la liste de la Dissidence française aux européennes, et ont en commun un sens de l’humour, disons, particulier :

L’humour bien à lui de Bruno Hirout, le nouveau secrétaire général du Parti de la France, accompagné de Guillaume Aguillé sur la photo avec la bouteille de gaz

On retrouve également au nouveau BP du PDF d’autres personnes sur lesquelles nous avions déjà écrit quelques lignes : Marie Jeanne Vincent de Calais, une ancienne candidate de Civitas, Benjamin Lematte de Chalon sur Saône ou Pierre-Nicolas Nups qui était passé par les Comités Jeanne (comités de soutien à Jean Marie Le Pen), qui ont rejoint pour la plupart le PDF. Autre entrant dans le BP, Thomas Bégué de Bordeaux, le gérant du bar « Le Menhir », qui accueille tout le petit monde de l’extrême droite bordelaise.

De haut en bas, et de gauche à droite : Benjamin Lematte, Pierre-Nicolas Nups, Marie-Jeanne Vincent et Thomas Bégué (ici avec son ami Logan Djian).

Thomas Joly le poupon qui a pris la couronne

Thomas Joly adhère au Front national en 1996, et commencé sa carrière politique en 1998, alors étudiant à l’Université d’Amiens, il avait été investi par le FN pour des cantonales de cette même année à Albert dans la Somme.

Jeune et Joly : à droite, avec Christophe Devillers lui aussi au Bureau Politique du PDF, lors d’une action de “sabotage” à la fin des années 1990.

A cette époque à l’Université d’Amiens il avait tenté de monter une liste étudiante, le Recours Etudiant Picard (REP), mais hélas pour lui les antifascistes avaient fait échouer sa tentative d’implantation. Puis vint la scission avec les mégretistes : il suit alors son modèle de toujours, Jean-Marie Le Pen, allant même jusqu’à demander au Courrier Picard de diffuser un communiqué affirmant qu’il reste au Front national. Au début des années 2000, il quitte Amiens pour se retrouver à Beauvais, dans l’Oise, où il se présente sous l’étiquette FN aux différentes élections, avant de devenir conseiller régional de Picardie en 2004. Puis il suit Carl Lang au Parti de la France, à sa formation en 2009. On peut considérer que c’est l’une des personnes les plus actives du PdF, mettant régulièrement à jour son blog, se déplaçant aussi régulièrement lors de réunions nationalistes dans le nord de l’Hexagone. Il n’hésite pas à ces occasions à côtoyer des bandes de skins d’extrême droite pour leur indiquer la route à prendre. D’ailleurs, Thomas Joly a toujours su s’incruster dans différentes initiatives d’extrême droite, posant avec tout ce que compte ce petit monde de personnalités, avec une préférence pour les pires.

Parti de la France : une nouvelle équipe de perdants

Thomas Joly avec ses amis : Hervé Ryssen (A) antisémite et homophobe condamné à plusieurs reprises, Jérôme Bourbon (B) directeur de Rivarol, Vincent Vauclin (C) de la Dissidence Française, Alexandre Gabriac (D), Serge Ayoub (E) et Thierry Maillard (de dos), Thibault de Chassey du Renouveau Français (F), Logan Djian (G) ancien chef du GUD Paris, Werner Riegert (H) ancien chef du Picard Crew et Pierre Vial (I), de Terre et Peuple. On aurait pu y ajouter Yvan Benedetti, Alain Escada, etc.

Son successeur a gardé cette même ouverture d’esprit (si l’on peut dire), puisqu’on retrouve Bruno Hirout aussi bien sur la liste de la Dissidence française aux européennes, à la manifestation Marchons Enfants début octobre ou à la manifestation des Identitaires le 17 novembre à Paris.

En guise de conclusion, et à la veille de la mobilisation du 5 décembre, laissons la parole au délégué national du Parti de la France, Jean-François Touzé, pour voir de quel coté ils se rangent : “Les Syndicats rouges, par idéologie autant que par défense de leurs privilèges organisationnels et catégoriels, se préparent à bloquer le Pays et à prendre, une fois de plus, les Français en otages pour une période indéterminée à l’approche de Noël. Pour contrer cette manœuvre inacceptable, le Parti de la France demande que soient prises dès le 5 décembre des mesures de réquisition et appliqué un vrai service minimum dans les transports et les services publics.” Tout est dit !

La Horde


Article publié le 04 Déc 2019 sur Lahorde.samizdat.net