Novembre 24, 2021
Par Attaque
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Paris-Luttes.info / mercredi 24 novembre 2021

La justice maximise les profits de Carrefour ! CommuniquĂ© suite au dĂ©libĂ©rĂ© du procĂšs contre une autorĂ©duction

Suite au procĂšs du 14 octobre concernant l’autorĂ©duction du 30 janvier dans le Carrefour du 13e arr. Ă  Paris, le dĂ©libĂ©rĂ© est tombĂ© : les camarades inculpĂ©.es sont condamnĂ©.es (voir ci-dessous le dĂ©tail) et la condamnation fait la part belle au gĂ©ant de la grande distribution. CommuniquĂ©.

La grande distribution fait les poches des précaires avec la complicité de la justice !

Pour avoir participĂ© Ă  une autorĂ©duction dans un Carrefour parisien en janvier dernier, deux camarades doivent verser au groupe plus de 38 000 euros. Iels ont dĂ©cidĂ© de faire appel. La dĂ©cision, prise par une juge unique et roupillant pendant les plaidoiries, fait le bonheur de Carrefour : 8 553, 19 euros de prĂ©judice matĂ©riel, 18 000 euros de pertes d’exploitation et 10 000 euros de prĂ©judice moral. 38 000 euros, une somme dĂ©risoire pour Carrefour et ses 34 milliards de chiffre d’affaires, mais bien suffisante pour enterrer deux personnes dĂ©jĂ  sur la paille.

Ces charognards profitent d’un procĂšs pour se faire plus de blĂ©.
Profiter de la pandémie ne leur suffisait pas. Entre 2019 et 2020, en pleine crise, le géant de la distribution a doublé ses bénéfices et les dividendes versés à ses actionnaires. Nous, chÎmeurs, travailleurs précaires, mÚres célibataires, étudiants en galÚre, avons organisé cette autoréduction le 30 janvier 2021. Les denrées récupérées ont ensuite été redistribuées grùce à des réseaux de solidarité tissés depuis le premier confinement. De quoi prendre soin de soi, se nourrir, se laver, sans se soucier du prix.

Lors du procĂšs, l’avocate et les deux inculpĂ©.e.s avaient dĂ©montrĂ© les incohĂ©rences et les mensonges du directeur du Carouf’ vis-Ă -vis de la nature et de la quantitĂ© des produits rĂ©cupĂ©rĂ©s. Le prĂ©judice moral Ă  l’image de la holding, c’est cette plainte et le procĂšs qui s’en est suivi ! Pas le fait qu’elle ait Ă©tĂ© « encouragĂ©e » Ă  partager un peu de sa marchandise. L’avocate avait aussi soulignĂ© que les militant.e.s n’avaient pas utilisĂ© la contrainte pour s’emparer du butin. Comment expliquer sinon qu’aucun PV n’ait Ă©tĂ© noirci par un policier malgrĂ© les nombreux effectifs prĂ©sents ? ArrivĂ©.e.s aux caisses, les militant.e.s avaient nĂ©gociĂ© avec le gĂ©rant du supermarchĂ© et iels Ă©taient parti.e.s avec l’accord du siĂšge.

Surtout, les inculpé.e.s avaient rappelé le contexte de cette action partageuse : la précarité et la détresse alimentaire de millions de personnes, isolées par les confinements successifs, et, en miroir, une augmentation vertigineuse des profits de la grande distribution profitant de la fermeture des marchés et des commerces de proximité.

Bizarrement, c’est la procureure qui a peut-ĂȘtre compris la portĂ©e politique de l’action en comparant les inculpĂ©.e.s Ă  des « Robins des Bois ». Elle a dit hĂ©siter Ă  trouver une qualification pĂ©nale, pour finalement rĂ©clamer une peine de 2 000 euros avec sursis simple qu’elle avait qualifiĂ© d’« avertissement ».

Restons mobilisĂ©.e.s contre Carrefour pour qu’ils abandonnent les poursuites. Nous nous battons en appel pour la relaxe car c’est aussi se battre contre la criminalisation de nos luttes et pour que ce procĂšs ne constitue pas un grave prĂ©cĂ©dent.

Carrefour doit retirer sa plainte !
Nous appelons toutes celles et tous ceux pour qui la solidaritĂ© en actes fait sens Ă  rejoindre et amplifier la contre-attaque. Écrivez Ă  contact14octobre@riseup.net pour ĂȘtre tenu.e informĂ©.e des actions en cours et Ă  venir.




Source: Attaque.noblogs.org