Juin 4, 2021
Par Attaque
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Le Monde / jeudi 3 juin 2021

Le projet d’une police municipale parisienne, promesse de la maire Anne Hidalgo (Parti socialiste) aux municipales de 2020, a Ă©tĂ© adoptĂ©, mercredi 2 juin, Ă  114 voix contre 30, grĂące aux voix de l’opposition mais sans celles des alliĂ©s Ă©cologistes et communistes.

Mme Hidalgo, qui s’était ralliĂ©e Ă  l’idĂ©e en 2019 – un an avant d’ĂȘtre rĂ©Ă©lue – a saluĂ© une « dĂ©cision historique » alors que la police municipale est « partout ailleurs en France une Ă©vidence du quotidien ». Dans une capitale qui n’a pu choisir son maire au suffrage universel qu’à partir de 1977, « cette dĂ©cision marque un nouveau pas dans l’évolution du statut de notre ville vers le droit commun des communes », a-t-elle encore soulignĂ©, alors que l’édile pourrait se dĂ©clarer candidate Ă  la prĂ©sidentielle de 2022.

La promulgation, Ă  la fin de mai, de la loi dite « de sĂ©curitĂ© globale », mĂȘme partiellement censurĂ©e, a permis de mettre fin Ă  cette exception historique. Les premiers policiers municipaux parisiens, Ă©quipĂ©s d’un gilet pare-balles, d’une gazeuse, d’une matraque, de menottes et d’une camĂ©ra mais pas d’arme lĂ©tale, seront opĂ©rationnels dĂšs la rentrĂ©e de septembre, par vagues de 200 individus ayant satisfait aux sessions de formation.

RĂ©partis dans 17 divisions d’arrondissement, ils pourront verbaliser dĂ©pĂŽts sauvages, Ă©panchements d’urine, jets de mĂ©gots, nuisances sonores, dĂ©jections canines, stationnements gĂȘnants ou encore dĂ©bords de terrasses. L’objectif de la Mairie est de passer de 3 300 agents aujourd’hui actifs au sein de la direction de la prĂ©vention, de la sĂ©curitĂ© et de la protection (DPSP), Ă  5 000 pour les Jeux olympiques de 2024.

Les Ă©lus de droite, qui rĂ©clamaient cette police municipale « depuis de nombreuses annĂ©es », ont votĂ© le projet tout en soulignant ses nombreux dĂ©fauts. « Un policier sans arme, c’est une cible », a ainsi estimĂ© la dĂ©putĂ©e de Paris Brigitte Kuster (Les RĂ©publicains, LR). En l’absence de « prĂ©rogatives supplĂ©mentaires » par rapport Ă  la DPSP, elle « n’aura de police que le nom », a, quant Ă  lui, dĂ©plorĂ© Nicolas JeannetĂ© (Les Centristes).

Pour le maire du 15e arrondissement Philippe Goujon (LR), cette police municipale « ne comptera pas 5 000 policiers » comme annoncé « mais seulement 3 400, le solde étant composé de médiateurs et de simples agents de surveillance ».

« L’ensemble de ces 5 000 agents concourent Ă  la tranquillitĂ© publique », lui a rĂ©pondu Nicolas Nordman, adjoint de Mme Hidalgo Ă  la sĂ©curitĂ© et dĂ©fenseur du projet, citant l’exemple des rixes lors desquelles les mĂ©diateurs interviennent en amont.

Craignant un dĂ©sengagement de la police nationale, Ă©cologistes et communistes ont votĂ© contre. La police municipale « ne rĂ©pondra pas aux problĂšmes de sĂ©curitĂ© publique », a dit Fatoumata KonĂ© (Europe Ecologie-Les Verts), qui dĂ©nonce le « transfert de compĂ©tences de l’Etat vers les collectivitĂ©s territoriales » sans « les moyens financiers ou assiettes fiscales ». « Tous les maires communistes » qui ont mis en place une police municipale « m’ont confirmĂ© que ces crĂ©ations entraĂźnaient un retrait de l’Etat dans ses missions de sĂ©curitĂ© », a Ă©galement assurĂ© Nicolas Bonnet-Oulaldj (Parti communiste français).




Source: Attaque.noblogs.org