” La plupart des révolutionnaires sont des conservateurs en puissance dans la mesure où ils s’imaginent que tout irait bien si l’on modifiait la forme de la société. “

George Orwell (1903-1950) “Dans le ventre de la baleine et autres essais” (1931-1943) aux éditions Ivrea-Encyclopédie des nuisances

Le malheur des uns et des autres

Fait le malheur de tout le monde

Le moindre rien

Fait boule de neige

En mal ou en bien

Que toujours la bonté, allège

Les mots sont des chaussures usées

Trop abimés, il faut les jeter

A force de les répéter

Comme les mêmes gestes imités

De la souffrance au travail

Hommes, femmes, enfants, véritable bétail

Le travail de la souffrance

Cinq mille personnes, par jour, dans le monde

Tuées, par cette torture, à l’implacable fronde

Et les TMS ou troubles musculosquelettiques

En font une autre éloquence !

Et qui sont, toutes catégories confondues

La plus grande cherté, pour la société du marché

Plus que le budget des armées !

La vérité s’affiche partout

Mais personne ne veut l’écouter

La malhonnêteté

Est toujours récompensée

Des truands exploiteurs ou truands amuseurs

A qui vont toutes les clameurs

De millions d’euros, ô voleurs

Leurs portraits sont dans les journaux

Nous sommes leurs esclaves, leurs veaux

Le monde leur appartient

Le monde est leur jardin

Ils façonnent les vies

Ils achètent toutes leurs envies

Les politiciens sont leurs amis

Prostitution, politique, mafia, affaires

Sont du même lit

Tous les députés sont de la partie

C’est fabriqué avec la même chimie

Tous les jours, ils nous chient !

Il y aurait, petits ou longs

Cinq cent espèces de poisson

En Europe, pour trois mille en Amazonie

Dont à la planète, c’est un poumon

Mais de tout ceci

La société du profit, fait fi

Et bientôt, pour le pognon

Tout pourrait être anéanti !

Comme entre le Pérou et le Brésil

Quelques tribus indigènes, isolées

Qui ne sont pas des cent et des mille

Menacées, des funambules sur un fil

Ô paradoxe de la puante modernité

Dans le monde, reste, une centaine de tribus isolées !

Le travail de la bourgeoise morale

Est la morale bourgeoise au travail

Les pauvres vilipendés

Les riches admirés

D’une richesse pécuniaire, toujours frelatée

Et pourtant, en elle

Tout est mort, la vie n’est pas belle !

Et si toute la pauvreté

N’était pas charitablement assistée

Par diverses allocations étudiées

Cela pourrait, on ne sait jamais, éclater

Aussi, toutes les multiples allocations

Ne sont pas de la philanthropie

Mais il faut éviter une éventuelle révolution

Mais il faut éluder, une résurgence de l’anarchie

Ainsi, sont prises

En haut lieu, toutes les précautions !

Et pourtant

Si tout était partagé, si tout était mis en commun

Mais sans aucun lieu commun

Si tout le monde irradiait de bonheur

La planète Terre, serait inondée de chaleur

Pour l’égoïsme de tout le monde

Pour qu’enfin, la belle ronde !

Feu (1901-1936) Francisco Ascaso

Avait fort bien compris

Et ce, contrairement à feu (1896-1936) Buenaventura Durruti

Que l’organisation peut avoir tort

Même contre un seul individu

Si à la raison, il est le plus fort

Pour que la bureaucratie ne soit pas élue !

Ce débat fondamental, de renaissance

En Espagne, fut abordé, de circonstance

Mais souvent occulté, en France

Par la bureaucratie libertaire, en pleine aisance !

La CNT se serait bureaucratisée

Et Ascaso aurait été assassiné

Comme aussi l’anarchie, avec sa pureté

Et ainsi serait née, une nouvelle autorité

Hélas, on peut tout supposer !

Je suis le type d’individu également exécré

Par toutes les petites orthodoxies malodorantes

Qui se disputent aujourd’hui le contrôle de nos esprits

Toujours au nom de l’idéologie

Inlassablement triste, jamais marrante !

Comme la psychanalyse de l’idéologie

Qui devient l’idéologie de la psychanalyse

A la vie, malsaines analyses

A l’acte quotidien, que toute cette pacotille, paralyse

Et bien rire, des illusions de la psychanalyse !

Qui peut-être d’une grande malignité

Aux mains de gens aberrés

La misère s’immole par le feu

La misère cela n’est pas un jeu

Ses cris se rident sur nos figures

Il y a du cyanure dans sa confiture

La misère intègre le spectaculaire

Pour intéresser à son sort

Terrifiante danse de la mort

Une mode, le capitalisme et son défilé de la misère

Toutes les tragédies de la vie

Comme la musique de feu (1925-2004) Carlos Paredes

Guitare portugaise, ô mélancolie

Guitare à douze cordes, suprême magie

Pour épouser toute une rêverie

Un jour

Il n’y aura plus aucun riche

Un jour

Il n’y aura plus aucun pauvre

Tous les hommes seront beaux, rebelles

Toutes les femmes seront fières et belles

Il n’y aura plus aucune propriété

Plus d’assassins, plus de voleurs, plus de vilains

Plus de travail pour abimer

Plus jamais rien de mesquin

Plus aucun mariage

Plus aucun divorce

Plus aucun mirage

De temps en temps, un gosse

Plus besoin d’écrire

Plus besoin de lire

Plus besoin d’étudier

Plus besoin de peindre

Plus besoin de feindre

Plus aucun besoin de sublimer

Quand nous aurons vraiment, toutes nos têtes, changées

Quand nous nous serons transformés

Finie l’humanité autiste

Chaque être humain, à la vie, sera un artiste !

Patrice Faubert (2013) puète, peuète, pouète, paraphysicien ( http://patrice.faubert.over-blog.com/ ) Pat dit l’invité sur ” hiway.fr “