Juin 20, 2020
Par Alternative Libertaire (AL)
66 visites


Fin mai, 20 associations (parmi lesquelles Attac, Greenpeace ou encore Droit au logement) et organisations syndicales (CGT, FSU et Solidaires) ont publiĂ© un « plan de sortie de crise Â», rĂ©sultat de plusieurs semaines d’échanges et de discussions. En 24 pages sont prĂ©sentĂ©es 34 mesures sanitaires, sociales, fiscales et Ă©cologiques. Un premier pas vers le monde d’aprĂšs ?

DĂšs le dĂ©but de l’annĂ©e 2020, des rencontres entre organisations du mouvement syndical et associatif avaient permis de confronter les points de vue sur les problĂšmes sociaux et Ă©cologiques. Ces Ă©changes n’ont pas cessĂ© avec le confinement et se sont mĂȘmes intensifiĂ©s pour rĂ©flĂ©chir aux enjeux de la crise sanitaire et dessiner Ă  grands traits un « monde d’aprĂšs Â».

Un regroupement syndical et associatif inédit

Fin mars, Ă©tait lancĂ©e la pĂ©tition « Plus jamais ça Â» autour de 18 organisations associatives et syndicales qui appelaient Ă  « reconstruire ensemble un futur Ă©cologique, fĂ©ministe et social, en rupture avec les politiques menĂ©es jusque-lĂ  Â». Volontairement mises de cĂŽtĂ© pour Ă©viter toute confusion, les organisations politiques « de gauche Â» n’ont quant Ă  elles pas rĂ©ussi Ă  surmonter le dĂ©fi de l’unitĂ© tant les tiraillements liĂ©s Ă  l’élection prĂ©sidentielle Ă  venir rendaient tout Ă©quilibre prĂ©caire. Des initiatives ont bien Ă©tĂ© prises mais aucune n’a permis de crĂ©er un rassemblement Ă  la hauteur des enjeux.

Deux mois plus tard, le 26 mai, c’est donc de nouveau en toute autonomie que les syndicats et associations ont commencĂ© Ă  faire connaĂźtre leur ambitieux « plan de sortie de crise Â». MĂȘme si 2022 est dans toutes les tĂȘtes, le choix a Ă©tĂ© fait, par ces organisations syndicales et associatives, de se placer en premiĂšre ligne, d’assumer une vraie posture politique et de se refuser Ă  encourager les querelles d’ego dans les starting-blocks Ă©lectoraux.


« Plan de sortie de crise Â» Ă  tĂ©lĂ©charger
En produisant une ligne commune, en dehors des partis briguant le pouvoir, le mouvement social s’affirme comme un acteur politique autonome. Une dĂ©marche Ă  saluer, donc.

Un plan ambitieux à mettre en Ɠuvre sur le terrain

Autour de 9 objectifs, ce plan riche et dĂ©taillĂ© tĂąche de rĂ©pondre aux enjeux sanitaires, dĂ©mocratiques, sociaux, Ă©conomiques et Ă©cologiques en proposant des mesures d’urgence : recrutement de 100.000 personnels soignants, levĂ©e de l’état d’urgence, rĂ©gularisation des sans-papiers, hausse de 200 euros des salaires, droit de veto sur les licenciements, moratoire sur les loyers
 mais aussi des mesures Ă  moyen terme pour la relocalisation de la production alimentaire, pour la baisse du chĂŽmage par la rĂ©duction du temps de travail Ă  32 heures, ou pour freiner la spĂ©culation financiĂšre.

Sur le papier, c’est donc trĂšs encourageant mais le plus dur reste Ă  faire. En effet, aucune de ces mesures ne pourra voir le jour si on ne se donne pas les moyens de peser rĂ©ellement sur le rapport de force, en constituant des collectifs locaux et en multipliant les initiatives sur le terrain. Face Ă  la crise sociale avec son cortĂšge de licenciements et d’expulsions locatives, il faudra ĂȘtre capables de contester pied Ă  pied le plan de Macron visant Ă  restaurer le monde d’avant et ĂȘtre capables de lui opposer un plan de transformation sociale visant Ă  construire le monde d’aprĂšs.

Benjamin (UCL Paris nord-est)




Source: Unioncommunistelibertaire.org