Octobre 6, 2021
Par Union Syndicale Solidaires
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Pendant que les gouvernements adoptent timidement le principe d’une taxation minimale des bĂ©nĂ©fices des firmes multinationales quel que soit l’endroit sur la planĂšte, la rĂ©alitĂ© des turpitudes de la finance mondiale Ă©clate une nouvelle fois au grand jour. La thĂ©orie du ruissellement est bien une sinistre blague. Lux Leaks, Panama papers, Paradise papers
. la liste est longue des rĂ©vĂ©lations des dĂ©gĂąts de la finance pour les Etats de la planĂšte.

Dans ces nouveaux « Pandora papers Â», ce sont sans surprise toujours les mĂȘmes cupides que l’on retrouve Ă  la tĂȘte des montages financiers les plus opaques mais pas les moins lucratifs : rois des oligarchies pĂ©troliĂšres, premiers ministres africains, Tony Blair, de prestigieux cabinets d’avocats dont Baker McKenzie dirigĂ© un temps par Christine Lagarde
 Et loin de l’exotisme des Ăźles Vierges ou CaĂŻman, les paradis fiscaux se nichent au cƓur des Ă©tats occidentaux comme les Etats Unis avec les systĂšmes fiscaux trĂšs complaisants mis en place par des Ă©tats comme le Dakota du Sud ou encore le Delaware.

Depuis que les flux financiers ont Ă©tĂ© libĂ©ralisĂ©s dans les annĂ©es 80, l’évasion fiscale est devenue le sport favori de la finance internationale. 10 000 milliards d’euros ont Ă©chappĂ© Ă  l’impĂŽt et demeurent toujours logĂ©s selon l’OCDE dans les paradis fiscaux dont 427 milliards rien qu’en 2020. S’ils y Ă©taient soumis, cela permettrait entre autres d’éradiquer la faim dans le monde, l’analphabĂ©tisme, de financer les besoins sociaux les plus essentiels comme l’accĂšs Ă  l’eau, Ă  la santĂ©, au logement ou encore Ă  l’énergie. Et permettrait sans doute de relever les dĂ©fis environnementaux qui nous attendent si l’on veut limiter la catastrophe humanitaire vers laquelle les capitalistes nous entraĂźnent. Cet argent est vital pour la planĂšte et ses populations. Et il existe bel et bien et il est mĂȘme parmi nous ! Et nul doute que les Etats, aux mains de celles et ceux qui justement les fraudent impunĂ©ment, ne seront guĂšre incitĂ©s Ă  leur faire la chasse : ainsi les ministres des Finances de l’Union europĂ©enne ont retirĂ©, le 5 octobre, Anguilla, La Dominique et Les Seychelles de la liste noire des paradis fiscaux. Seuls neuf pays restent sur cette liste !

C’est donc Ă  nous de les contraindre Ă  aller chercher l’argent ! Il est crucial de mettre Ă  bas un systĂšme nuisible Ă  toutes et tous et d’obliger l’oligarchie et les classes fortunĂ©es Ă  rendre l’argent.

Avec d’autres organisations du mouvement social, l’union syndicale Solidaires construit le rapport de force au travers notamment du collectif Plus Jamais Ça et son plan de rupture. C’est dans les entreprises et les administrations, en premier lieu les firmes multinationales mais pas uniquement, que le rapport de force doit se mettre en place.

Pour que ces nouveaux Papers ne soient pas un nouveau coup de semonce sans consĂ©quence, c’est Ă  notre classe d’agir massivement pour les empĂȘcher de nuire par le blocage de l’économie Ă  deux niveaux : la grĂšve comme outil de blocage de la production pour les salariĂ©-es et la lutte contre le productivisme et l’extractivisme au travers de la surconsommation qu’il promeut (actions, boycott
).





Source: Solidaires.org