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Jérémie Dres poursuit sa quête mémorielle et historique. Après son récit graphique, Nous n’irons pas voir Auschwitz sur les traces de la vie juive en Pologne avant la Seconde Guerre mondiale, il propose une nouvelle enquête sur son passé familial sur sa famille ayant vécu à Varsovie.

Pour être honnête, le récit, même s’il est alerte, traîne souvent en longueur et aurait pu gagner en densité et en efficacité. Le dessin classique allie représentation aux formes arrondies rompant partiellement avec la ligne claire et traits simplifiés des personnages auxquels sont ajoutés nombre de documents d’archives. Après le décès de sa grand-mère, il retrouve une lettre de sa grand-tante écrite depuis le Ghetto de Varsovie en 1941 qui marque le début de ses investigations. Il commence son enquête à Varsovie, où se trouvent dans le cimetière juif les tombes de ses arrière-grands-parents morts avant la guerre. Il étend ses investigations à l’ensemble des membres de sa famille. Certains ont quitté l’Europe pour les États-Unis comme cet oncle dont la légende dit qu’il aurait participé à la Révolution avant de s’exiler aux États-Unis. Il en retrouve des traces puis des descendants. D’autre comme sa grand-mère sont venus en France et ont pu échapper à l’extermination en étant caché. L’auteur multiplie les voyages et les terrains d’enquête. Il se rend à Varsovie à plusieurs reprises, au mémorial de la Shoah à Paris et Drancy, à Yad Vashem, à New-York. Cette recherche mémorielle est aussi l’occasion d’insérer des épisodes de l’histoire des Juifs. Ainsi, la deuxième visite de Varsovie permet de réaliser quelques planches sur la vie dans le ghetto et d’évoquer la révolte en 1943. De même la rencontre avec les responsables du mémorial de la Shoah permet de rappeler comment ont été organisées les rafles et quel a été le rôle de la police. Les traces restent ténues et l’enquête ne peut aboutir entièrement. L’auteur reste avec ses fantômes.
Le récit de l’enquête est touchant. Un parallèle avec le livre de Bastien François Retrouver Estelle Moufflarge mérite d’être dressé. Les auteurs se lancent dans une recherche sans savoir si elle peut aboutir et concluent in fine que tous les éléments n’ont pas pu être rassemblés. Ils publient sans conclure, search in progress en quelque sorte sur des destinées individuelles, traces mémorielles qui aussi émouvantes qu’elles soient, répondent davantage à des préoccupations individuelles dans lesquelles les auteurs se mettent en scène, comme un témoignage qui interroge davantage sur notre époque que sur la restitution du passé.
• Jérémie Dres
Les fantômes de la rue Freita
Bayard Graphic 2025 382 p. 29,95 €
Source: Monde-libertaire.net



