« Complètement immoral et répréhensible ». Henry Stroek de CNV Vakmensen [CNV – Fédération nationale des syndicats chrétiens] n’a pas de bons mots pour les « contrats de travail » d’un groupe d’employés ukrainiens, qui travaillent actuellement dans la pépinière Vreugdenhil Bulps & Plants à ’s-Gravenzande (Westland). « ‘Vous ne pouvez pas en croire vos yeux quand vous voyez ce qui est écrit ». Il indique, par exemple, qu’en cas de violation des règles, les employés peuvent être expulsés vers l’Ukraine. « Depotarcia », déporté, c’est littéralement écrit là !

L’équipe de la CNV a reçu un rapport concernant un groupe de plus de 30 travailleurs ukrainiens Westland. « Nous avons rendu visite aux personnes à domicile. Au début, ils se sont cachés et étaient terrifiés », dit Stroek. Grâce aux femmes qui parlaient polonais de notre équipe, nous avons finalement réussi à gagner leur confiance. Nous avons été choqués par les textes dégradants figurant dans les contrats qu’ils ont signés. »

Amendes et menaces

L’équipe du CNV dispose de contrats (et de leur traduction), que les Ukrainiens ont signé en Pologne avec la société JANPOL. Cette entreprise a donné – selon les employés 1 000 Zl (= environ 220 euros) en guise d’aide – pour le transport vers les Pays-Bas, après quoi ils ont été mis au travail par l’intermédiaire de AUB Van Bergen Personeelsdiensten chez Vreugdenhil Bulbs & Plants vers le 1er mai. Les contrats contenaient de nombreuses clauses répressives (déduction de 20% de la rémunération après avoir commis des erreurs), un avertissement pour avoir parlé à des personnes aux Pays- Bas de leurs conditions de travail (amende de 500 euros) et menace d’une « déportation » en Ukraine en cas de violation des clauses des contrats. En outre, tant qu’ils travaillent aux Pays-Bas, les Ukrainiens – qui sont systématiquement qualifiés de « contractants » et non d’« employés » dans les contrats – doivent verser chaque mois à JANPOL des frais administratifs de 50 euros. […]

Situation d’urgence

CNV Vakmensen estime qu’il s’agit que cette situation relève d’une urgence humanitaire, qui doit être résolue le plus rapidement possible. Stroek explique : « Les gens ont peur et n’ont pratiquement pas de moyens financiers. Ils ne recevront leur premier paiement que vers le 20 juin. Nous exigeons que Vreugdenhil Bulbs & Plants – qui est le principal responsable – offre immédiatement à ces personnes un contrat décent, au moins pour six mois. Et prévoit une avance de 250 euros, pour que les gens soient sortis du pire des pétrins. En ce qui nous concerne, les contrats qu’ils ont signés ils doivent aller maintenant directement à la déchiqueteuse. »

Déplacement d’autres travailleurs

Maintenant que le gouvernement néerlandais a décidé que les Ukrainiens pouvaient rester et travailler aux Pays-Bas, plusieurs sociétés y voient une opportunité, note M. Stroek. La pénurie de personnel est une forte incitation à recruter des Ukrainiens. Ils ne sont pas encore familiarisés avec les règles en vigueur aux Pays-Bas et, en raison de la guerre dans leur propre pays, ils sont encore plus dépendants de l’employeur néerlandais. En conséquence, vous constatez que les travailleurs migrants qui se présentent aujourd’hui font l’expérience que leur contrat est résilié, qu’il n’est pas prolongé ou qu’ils sont intimidés. En plus de leur emploi, ils perdent également leur logement. […]

Lutte contre les situations illégales

CNV Vakmensen demande également une action du gouvernement (Inspection du travail/SZW) et du gouvernement régional (municipalités). Il est incompréhensible que des Ukrainiens puissent travailler de cette manière dans la municipalité de Westland. Nous attendons du gouvernement qu’il prenne ses responsabilités et qu’il réprime ce type de situation illégale. Car malheureusement, il ne s’agit pas d’un incident isolé, nous en sommes convaincus.

2 juin 2022

Traduction Patrick Le Tréhondat




Source: Laboursolidarity.org