Face aux APC (accord de performance collective) et PSE (plan social d’entreprise), oĂč sont les AG ?

Dans ces ordonnances apparaissent les accords de performance collective et le plan de sauvegarde d’emploi.

Ce sont des accords qui peuvent tout changer : les horaires, le salaire, les dĂ©placements gĂ©ographiques. Le contrat de travail et le code du travail sont donc caducs. Le patron, les gros actionnaires ont alors toute latitude pour rĂ©duire les coĂ»ts en faisant pression sur les salariĂ©s, c’est la grande flexibilitĂ©. Plus de flexibilitĂ© pour plus de marge.

Depuis, Ă  la moindre occasion, ont Ă©tĂ© mis en place ces APC et ces PSE toujours nĂ©fastes pour les salariĂ©s. Bien que les syndicats fassent mine d’y dĂ©fendre les travailleurs, beaucoup voient cela comme des trahisons.

Mais bien plus que des traĂźtres, ces syndicats qui signent des accords dans le dos des salariĂ©s concernĂ©s, ne font plus leur travail pour lequel ils sont d’ailleurs payĂ©s si cher ( article de l’express 128 million d’euros en 2018 ). Aller voir les travailleurs, les informer et trouver des moyens de dĂ©fendre les intĂ©rĂȘts des salariĂ©s, ne fait plus partie de leurs actions prioritaires.

En effet, ils ne dĂ©fendent plus que leurs intĂ©rĂȘts personnels, ceux des grands patrons et de l’État. C’est pour cela que les AssemblĂ©es GĂ©nĂ©rales ont disparu du cadre syndical. Pas d’assemblĂ©e, pas de vraie lutte, pas de possibilitĂ© de rencontrer d’autres salariĂ©s, pas de colĂšre ni d’action collective, pas de possibilitĂ© de dĂ©cider ensemble. La sous-traitance, les dĂ©placements, l’intĂ©rim, le tĂ©lĂ©-travail, le nombre croissant d’entreprises travaillant sur un mĂȘme site, les choix des syndicats du chacun pour soi empĂȘchent toute construction collective. Quand on a affaire Ă  une intersyndicale qui passe son temps Ă  se tirer dans les pattes, il est dur de se rĂ©unir, mais il est plus que jamais nĂ©cessaire de se rassembler.

Le Covid-19 est passĂ© par lĂ , dans l’aĂ©ronautique comme ailleurs, les APC et PSE se multiplient mais il est difficile de les quantifier car ces accords ne sont pas publiĂ©s.

Par contre, on n’organise peu d’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale, alors que les destructions d’emploi augmentent.

On pourrait se demander pourquoi ceux qui avait fait tant de foin au moment de la lutte contre la loi travail, signent des accords de branche aujourd’hui.

Quand une nouvelle loi est sur le point d’ĂȘtre votĂ©e Ă  l’assemblĂ©e et que de nombreux travailleurs s’y opposent, les syndicats peuvent appeler Ă  des rĂ©unions intersyndicales en faisant croire que l’union contre celle-ci est possible. Leur plan est en fait dĂ©jĂ  Ă©tabli, leur message rodĂ©, pas d’AG dans les grosses entreprises privĂ©es. Il n’y aura donc pas de discussions sur le sujet, d’échanges sur les tenants et les aboutissants de cette nouvelle loi (retraite, loi travail,…) tout comme sur les modes d’action.

Nous verrons ici et lĂ  quelques AG, comme chez les cheminots Ă  la SNCF, mais elle ne seront jamais gĂ©nĂ©ralisĂ©es. Puis viendra le jour de la mobilisation : trĂšs encadrĂ©e par ceux-ci pour Ă©viter tout dĂ©bordement, on connaĂźt Ă  l’avance le dĂ©but, le parcours et le lieu de dispersion de la manif.

FO Ă  Airbus, amĂšne les salariĂ©s en bus, puis Ă  la fin de la manif, au coup de sifflet tout le monde rentre sagement Ă  l’usine.

Puis vient la guerre des chiffres : les syndicats en rajoutent, la prĂ©fecture en compte en moins, dur de connaĂźtre l’ampleur rĂ©elle de la mobilisation… Mais pas de problĂšme, ils ont dĂ©jĂ  tout prĂ©vu : la date de la prochaine manif dans les semaines qui viennent si la mobilisation est importante, sinon on se revoit dans un mois et on Ă©coute leur discours.

Ah qu’ils aiment la tĂ©lĂ©vision, ces grands orateurs ! Ils ont du prendre des cours de thĂ©Ăątre car dans leur rĂŽle de partenaires sociaux trĂšs revendicatifs, ils sont bons !

DĂšs que des actions diffĂ©rentes sont proposĂ©es, comme en 2010 lors des manifestation contre la nouvelle loi des retraites, les assemblĂ©es populaires et les occupations de place en fin de manifestation… elles ne plaisent pas du tout Ă  ces syndicats et d’ailleurs trĂšs peu d’entre-eux y ont participĂ© (cf l’article rĂ©digĂ© par des copains du Gers ).

En 2018, ils ont d’abord commencĂ© Ă  bouder les rond points des Gilets jaunes, allant jusqu’à les calomnier, mais devant l’ampleur du mouvement, ils ont Ă©tĂ© contraint de changer de stratĂ©gie.

Les lois passent, les mobilisations s’essoufflent, les organisations syndicales se plaignent du manque de monde, puis rentrent Ă  l’usine, pour effectuer leur heure de dĂ©lĂ©gation.

À quand la prochaine loi contestĂ©e pour qu’ils retournent Ă  leur tĂ©lĂ©-rĂ©alitĂ© ?

Avec eux c’est la dĂ©faite assurĂ©e. Mais une fois le mouvement terminĂ©, la question revient : les AG elles Ă©taient oĂč ? Des vraies AG bien-sĂ»r…


Article publié le 12 Sep 2020 sur Cntaittoulouse.lautre.net