La gynécologie et l’obstétrique se sont fondées historiquement sur la volonté d’exercer un contrôle social sur le corps des femmes. C’est pourquoi les soins gynécologiques et obstétricaux restent fortement ancrés dans le patriarcat.

Il est grand temps que les choses changent. Les professionnel·le·s de la santé doivent travailler sur leurs représentations, interroger la façon dont ils et elles ont vu poser les gestes et les mots durant leur parcours de formation. Car toute cette violence à laquelle ils et elles sont confronté·e·s alors les forgent, les marquent.

De plus en plus de professionnel·le·s commencent à penser les choses différemment (le taux des épisiotomies par exemple régresse chaque année en France, même s’il reste trop élevé), mais certain·e·s résistent, bloqué·e·s dans leur posture de puissant·e·s et de sachant·e·s.

Au-delà de ce problème, la manière dont l’État français envisage la santé des femmes comme devant être rentable induit une grande violence institutionnelle (T2A ou tarification des soins à l’acte [1], fermeture des deux tiers des maternités françaises les quarante dernières années…)

Des professionnel·le·s en souffrance ne sauraient prodiguer des soins toujours bienveillants.

Cette violence institutionnelle induit une amplification des violences subies dans les soins par les usager·ère·s.

Les disparités en termes d’accès aux soins sont énormes sur le territoire. Pourtant, les maternités et les centres d’IVG continuent de fermer.

Il faut repenser l’accompagnement en gynécologie et en obstétrique. Valoriser ce temps nécessaire à l’autonomie des femmes.

En Angleterre, les femmes ont obtenu grâce à leur mobilisation le fait que chaque sage-femme ne puisse avoir sous sa responsabilité qu’une femme en travail d’accouchement. Pourquoi ne pas imaginer de telles revendications en France ?

Informons les femmes de leurs droits, abandonnons la pratique systématique de certains gestes non basée sur des preuves scientifiques (touchers vaginaux inutiles, frottis cervico-vaginaux réalisés sur des femmes trop jeunes ou trop fréquemment, palpation mammaire, etc.).

Encourageons les femmes à quitter le cabinet d’un·e professionnel·le avec qui elles ne se sentent pas à l’aise. En effet, les violences médicales revêtent de multiples formes sournoises et difficiles à analyser comme telles.

Cessons de pathologiser le corps des femmes afin de le soumettre à l’ordre médical. Cessons d’agiter au-dessus de leur tête la grande menace du risque et donnons-leur les moyens de décider pour elles-mêmes.


Article publié le 17 Juin 2019 sur Paris-luttes.info