Ce qui s’est passé hier un peu partout en France est peut-être le début de quelque chose de vraiment grand.

Hier, dans la douleur du drame de l’étudiant immolé, de nombreux rassemblements ont pris la forme de manifs sauvages, d’occupations et de blocages. Une conférence de Hollande a été interrompue à Lille, l’ancien président devant être exfiltré.

Les portes du ministère de l’Enseignement supérieur ont été défoncées à Paris.

Et puis, il y a eu quelque chose de moins spectaculaire, mais peut-être encore plus important : un début de vraie convergence entre les Gilets jaunes (GJ) et les étudiants.

À Paris, les chants GJ ont été repris par tous les manifestants dès le début du rassemblement.

Et, à la surprise de nombreuses personnes, les différentes prises de parole ont globalement toutes appelé à rejoindre les Gilets jaunes ce weekend pour le 1 an du mouvement.

Mais surtout pour construire de nouvelles choses tous ensemble.

Même discours de la part des syndicalistes présents : étudiants, enseignants, mais aussi de milieu des transports ou hospitalier.

La CGT enseignement supérieur a même publié un communiqué appelant « l’ensemble de ses syndicats à se mobiliser les 16 et 17 novembre, date anniversaire du mouvement des Gilets jaunes, et moment important de convergences des luttes ».

Le syndicat national Solidaires a également publié un communiqué allant dans le même sens.

C’est LE MOMENT : le pouvoir et les puissants sont en train de casser nos vies, de les détruire, et ce n’est pas une image.

Des milliers de personnes en paient déjà le prix fort : dans les hôpitaux, dans les maisons de retraite, dans les écoles, à la fac, dans les appartements.

Avec ou sans Gilets jaunes, nous sommes des millions à refuser cette terrible fuite en avant ultra libérale qui n’a comme horizon que les profits de quelques-uns, au détriment des vies des autres, et de la planète.

Les Gilets jaunes n’appellent pas les autres citoyens en colère à les rejoindre, mais à se rejoindre.

Il n’y a pas à être GJ ou non.

Il y a simplement à lutter ensemble, au même endroit et au même moment, face au même ennemi.

Les GJ sont présents depuis des mois dans les luttes sociales des pompiers, des retraites, des services publics et désormais des étudiants.

Ce weekend, plus que jamais, il faut que ces secteurs en lutte, ces personnes qui refusent le monde qu’on nous impose, descendent dans la rue, avec ou sans gilet, pour manifester, chanter, bloquer et construire les luttes de demain.

Car demain, c’est aussi le 5 décembre et l’après.

Et pour que cette grève générale et reconductible soit un succès, il est plus que jamais essentiel de construire des passerelles entre toutes les luttes. Chacun a besoin de l’autre, avec ses différences.

La société ultra libérale a réussi à se protéger depuis des décennies en atomisant les individus, en les opposant les uns aux autres.

En nous faisant croire que notre bonheur passera par le fait d’écraser celui qui est à côté de nous, surtout si’l est un peu différent.

Pourquoi ? Parce qu’il craint plus que jamais que tous les opprimés s’unissent face à leur bourreau, face à ceux qui profitent vraiment du système. Car à ce moment, l’armée la plus puissante du monde ne pourra rien face à la rage et la détermination de ceux qui se sont enfin réveillés.

Plus que jamais, nous appelons donc tous ceux qui rêvent d’un monde plus juste, tous ceux qui ne veulent plus voir la vie détruire par la précarité, à descendre dans la rue samedi 16 et dimanche 17 novembre.

« On est là, on est là, même si Macron ne veut pas nous on est là. Pour l’honneur des travailleurs, et pour un monde meilleur, même si Macron ne veut pas nous on est là ! »


Article publié le 15 Nov 2019 sur Paris-luttes.info