Novembre 19, 2019
Par Renversé (Suisse Romande)
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Le 30 octobre 2019, Anne Emery-Torracinta rĂ©pondait aux questions de LĂ©man Bleu suite au rassemblement devant l’hĂŽtel AĂŻda. Selon elle, le Conseil d’État est « dĂ©muni parce que ce sont des jeunes qui rentrent difficilement dans un cadre Â», que « personne n’en voulait Â», et que de toute façon ces jeunes ne « vont pas faire leur vie en Suisse car « leur avenir, il faut pas se voiler la face, dans le contexte migratoire d’aujourd’hui, n’est pas dans notre pays Â». Il faudrait donc penser Ă  un retour dans leurs pays d’origine, sans quoi ils deviendraient des dĂ©linquants clandestins, en proie Ă  la prostitution et Ă  l’exploitation. Selon ces mots, tout cela n’est donc jamais de sa faute. C’est « la Suisse qui ne leur donnera pas de permis Â».

Des propos rĂ©actionnaires pour justifier l’injustifiable. Car s’ils ne sont pas faits pour rester ici, si ce sont des dĂ©linquants, s’ils ne rentrent pas dans le cadre alors pourquoi mettre de l’énergie dans une prise en charge socio-Ă©ducative plutĂŽt que des mesures rĂ©pressives ? Autant d’excuses pour ne pas prendre en charge la septantaine de jeunes actuellement sur GenĂšve.

Il y a maintenant 5 mois, les MNA ont pris la parole pour dĂ©noncer les conditions dans lesquelles ils vivent et demander l’application de leur droit Ă  la formation, de vivre dans la dignitĂ©.

Depuis lors, rien n’a changĂ©.

- l’hĂŽtel AĂŻda loge toujours des jeunes, malgrĂ© un patron raciste et omnipotent

- aucun MNA n’a Ă©tĂ© scolarisĂ©, malgrĂ© les promesses du Conseil d’Etat et du SPMI

- ils sont encore et toujours stigmatisĂ©s et harcelĂ©s par les forces de l’ordre

Le collectif Lutte des MNA accuse Anne Emery-Torracinta, Thierry Apothéloz, Mauro Poggia, Nathalie Fontanet, Antonio Hodgers, Serge Dal Busco, Pierre Maudet pour leur procrastination criminelle qui dure depuis des mois.

Le collectif dĂ©nonce la complicitĂ© des partis politiques – et tout particuliĂšrement celle du Parti Socialiste – qui laissent leurs magistrat·.e·s tenir des propos intolĂ©rables, et mĂšnent une politique d’inaction mettant concrĂštement des vies en danger.

Le collectif dĂ©nonce l’hypocrisie du SPMI qui refuse de prendre en charge de mineurs en leur signifiant qu’ils « n’ont plus de place Â» et en les laissant Ă  la rue, encore aujourd’hui.

Le collectif accuse toujours le SPMI de, non pas protĂ©ger, mais de mettre en danger. Nous les considĂ©rons ĂȘtre les premier·Úre·s responsables des violences envers les MNA.

Nous sommes ici pour mettre en lumiĂšre la continuitĂ© entre la situation actuelle et celle du foyer des Tattes il y a 5 ans. Entre celle du placement en bunker il y a quelques annĂ©es et celle du foyer de l’Etoile aujourd’hui.

Le collectif accuse l’Hospice gĂ©nĂ©ral et l’Etat plus gĂ©nĂ©ralement d’ĂȘtre responsable de la mort de Fikre Seghid, victime de l’incendie des Tattes.

Le collectif accuse l’Hospice gĂ©nĂ©ral et l’Etat plus gĂ©nĂ©ralement de ne pas reconnaitre le statut de victime aux survivant·e·s de l’incendie des Tattes.

Le Collectif accuse l’Hospice gĂ©nĂ©ral et l’Etat d’avoir placĂ© Ali Reza dans des conditions qui l’ont poussĂ© Ă  mettre fin Ă  sa vie. IntolĂ©rable aussi, le refus du procureur de donner Ă  ses parents le statut de partie plaignante.

Hier et aujourd’hui, les autoritĂ©s nĂ©gligent, rĂ©priment, violentent, enferment, expulsent et assassinent des personnes qu’elles construisent comme indĂ©sirable.

Le collectif exige des conditions de vie dignes et la libre circulation pour toutes et tous !

On les construira loin de vos logiques racistes et répressive.

LibertĂ© pour les MNA en lutte, on vous aime et on pense Ă  vous !

Feu Ă  la ClairiĂšre ! Enfin, feu Ă  toutes les prisons.




Source: Renverse.co