Le 30 octobre 2019, Anne Emery-Torracinta répondait aux questions de Léman Bleu suite au rassemblement devant l’hôtel Aïda. Selon elle, le Conseil d’État est « démuni parce que ce sont des jeunes qui rentrent difficilement dans un cadre », que « personne n’en voulait », et que de toute façon ces jeunes ne « vont pas faire leur vie en Suisse car « leur avenir, il faut pas se voiler la face, dans le contexte migratoire d’aujourd’hui, n’est pas dans notre pays ». Il faudrait donc penser à un retour dans leurs pays d’origine, sans quoi ils deviendraient des délinquants clandestins, en proie à la prostitution et à l’exploitation. Selon ces mots, tout cela n’est donc jamais de sa faute. C’est « la Suisse qui ne leur donnera pas de permis ».

Des propos réactionnaires pour justifier l’injustifiable. Car s’ils ne sont pas faits pour rester ici, si ce sont des délinquants, s’ils ne rentrent pas dans le cadre alors pourquoi mettre de l’énergie dans une prise en charge socio-éducative plutôt que des mesures répressives ? Autant d’excuses pour ne pas prendre en charge la septantaine de jeunes actuellement sur Genève.

Il y a maintenant 5 mois, les MNA ont pris la parole pour dénoncer les conditions dans lesquelles ils vivent et demander l’application de leur droit à la formation, de vivre dans la dignité.

Depuis lors, rien n’a changé.

On t’aura cinta ! l’hôtel Aïda loge toujours des jeunes, malgré un patron raciste et omnipotent

On t’aura cinta ! aucun MNA n’a été scolarisé, malgré les promesses du Conseil d’Etat et du SPMI

On t’aura cinta ! ils sont encore et toujours stigmatisés et harcelés par les forces de l’ordre

Le collectif Lutte des MNA accuse Anne Emery-Torracinta, Thierry Apothéloz, Mauro Poggia, Nathalie Fontanet, Antonio Hodgers, Serge Dal Busco, Pierre Maudet pour leur procrastination criminelle qui dure depuis des mois.

Le collectif dénonce la complicité des partis politiques – et tout particulièrement celle du Parti Socialiste – qui laissent leurs magistrat·.e·s tenir des propos intolérables, et mènent une politique d’inaction mettant concrètement des vies en danger.

Le collectif dénonce l’hypocrisie du SPMI qui refuse de prendre en charge de mineurs en leur signifiant qu’ils « n’ont plus de place » et en les laissant à la rue, encore aujourd’hui.

Le collectif accuse toujours le SPMI de, non pas protéger, mais de mettre en danger. Nous les considérons être les premier·ère·s responsables des violences envers les MNA.

Nous sommes ici pour mettre en lumière la continuité entre la situation actuelle et celle du foyer des Tattes il y a 5 ans. Entre celle du placement en bunker il y a quelques années et celle du foyer de l’Etoile aujourd’hui.

Le collectif accuse l’Hospice général et l’Etat plus généralement d’être responsable de la mort de Fikre Seghid, victime de l’incendie des Tattes.

Le collectif accuse l’Hospice général et l’Etat plus généralement de ne pas reconnaitre le statut de victime aux survivant·e·s de l’incendie des Tattes.

Le Collectif accuse l’Hospice général et l’Etat d’avoir placé Ali Reza dans des conditions qui l’ont poussé à mettre fin à sa vie. Intolérable aussi, le refus du procureur de donner à ses parents le statut de partie plaignante.

Hier et aujourd’hui, les autorités négligent, répriment, violentent, enferment, expulsent et assassinent des personnes qu’elles construisent comme indésirable.

Le collectif exige des conditions de vie dignes et la libre circulation pour toutes et tous !

On les construira loin de vos logiques racistes et répressive.

Liberté pour les MNA en lutte, on vous aime et on pense à vous !

Feu à la Clairière ! Enfin, feu à toutes les prisons.


Article publié le 19 Nov 2019 sur Renverse.co