Nous vivons dans des logements trop petits et trop chers, des fois humides et souvent froids, notre logement est rĂ©guliĂšrement au centre de nos problĂšmes. C’est la galĂšre quand on doit payer le loyer, c’est la galĂšre de faire la vaisselle dans la douche parce que la cuisine est Ă  l’extĂ©rieur. Les loyers sont trop chers et nous ne gagnons pas beaucoup en travaillant, alors des fois nous n’avons pas d’autre choix que de squatter des logements vides. Ces habitations, bĂątiments administratifs et entrepĂŽts ne sont pas occupĂ©s car ils sont insalubres et trop dangereux pour ĂȘtre lĂ©galement vendus ou louĂ©s par leur propriĂ©taires, alors nous nous y installons illĂ©galement.

Dans les squats il y a toujours des problĂšmes. Des problĂšmes de chaudiĂšre, d’éclairage, il arrive que l’eau traverse le plafond. Nous dĂ©testons ces endroits. Il faut tout le temps faire des travaux et se barricader quand la police se pointe. Squatter c’est la merde, on le fait parce qu’on a pas le choix.

Le 20 novembre, Ă  l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de Tolbiac Ă  Paris Ă©tait votĂ©e Ă  majoritĂ© comme revendication la « rĂ©quisition des logements vides pour les Ă©tudiants dans le besoin Â». C’est autant de personnes qui n’y ont pas vĂ©cu et qui ne dormirons jamais dans les anciens bureaux d’un pĂŽle emploi, mais qui nous disent que l’occupation de bĂątiments bricolĂ©s et amiantĂ©s est la solution Ă  nos problĂšmes de logement. Qu’ils y aillent eux, parce que nous nous ne voulons plus y vivre.

A l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale du Mirail Ă  Toulouse, ce jeudi 14 novembre Ă©tait votĂ©e Ă  majoritĂ© comme revendication la « nationalisation des logements Ă©tudiants Â». Mais qui est-ce qui parle ? Qui sont ces 400 personnes qui approuvent ? Parce que nous concernant, force est de constater qu’au Crous ou chez un particulier, en HLM public ou rĂ©sidence Ă©tudiante privĂ©e, nous n’avons et n’aurons en ville jamais que de quoi louer 15m2 ou nous entasser dans des colocations oĂč il faut refaire la peinture et Ă©conomiser l’eau chaude.

Le dĂ©bat de la nationalisation ou privatisation des logements est un dĂ©bat de bourgeois, un dĂ©bat qui concerne la gestion du parc immobilier, la gestion de la propriĂ©tĂ©. La nationalisation des logements qu’ils soient pour les Ă©tudiants ou non n’a rien a voir avec l’abolition de la propriĂ©tĂ©. Les logements pourraient mĂȘme ĂȘtre gratuits dans le Capital, que ce ne serait pas pour nous, les bourgeois achĂšterons simplement notre force de travail moins chers, moins ce que nous aurait coĂ»tĂ© notre logement s’il Ă©tait payant. Ces prĂ©occupations ne sont pas les nĂŽtres, elles concernent la gestion du Capital, de la propriĂ©tĂ©, et ne concernent en rien l’amĂ©lioration de nos conditions de vie.

Dans le mĂȘme genre Ă©tait votĂ©e a majoritĂ© comme revendication « la crĂ©ation de 100 000 places en logement Crous par an Â» Mais de quels logements nous parlent ils ? La crĂ©ation de 100 000 logements pour qui ? Ils nous parlent bien ici de ces cases de 12m2 pour les Ă©tudiants sans ressources qui touchent la bourse et/ou qui doivent travailler pour vivre. Les questions du parcage et de la concentration du prolĂ©tariat sont des prĂ©occupations de la bourgeoisie, il s’agit pour elle de savoir comment elle peut nous exploiter et nous presser a moindre coĂ»t. C’est l’Etat qui nous encadre et qui nous circonscrit dans des espaces toujours plus dĂ©tĂ©riorĂ©s.

Des logements il y en a et ce n’est pas notre problĂšme. Ce qui nous importe c’est notre condition de vie dans ces chambres et studios, elle va en se dĂ©gradant et la construction de nouveaux logements n’annonce rien concernant son amĂ©lioration. Nous voulons gagner plus en travaillant moins, nous voulons vivre dans plus grand et payer moins cher, avoir le chauffage l’hiver, la clim l’étĂ© et l’eau chaude toute l’annĂ©e. Pour ça il faut se battre et personne ne le fera pour nous. Nous devons lutter en partant de nos problĂšmes, en partant de notre condition, dans notre logement comme dans le travail. Les grĂšves de loyers, grĂšves du travail, arrĂȘts de la production et de la circulation des marchandises sont nos armes pour nous battre contre nos proprios et nos patrons, pour ça nous devons nous retrouver et nous organiser, parce que l’arrĂȘt du travail s’organise, il ne se dĂ©crĂšte pas.

Les bourgeois se prĂ©occupent de savoir comment et oĂč ils vont pouvoir nous loger, mais pour nous la vie reste une galĂšre aimerions bien les dĂ©loger, parce que c’est bien chez eux que nous voulons vivre. Nous voulons la villa du patron et la maison du banquier, nous voulons leurs piscines chauffĂ©es et leur lits en 200×200. Nous voulons tout leur prendre.

Nous ne voulons plus squatter, nous ne voulons plus vivre dans les 12m2 du Crous.

Nous allons nous organiser et nous battre.

Assemblée de lutte mercredi 27 à 12h30 en amphi 9 au Mirail (université Jean Jaures, bùtiment Arche)

Facebook : Mirail Autonome en Lutte

#OnIraDormirChezEux

#OnEchangeNosMaisons




Source: Iaata.info