Le bouquin Quand la police nous fait chanter est un florilège de chansons causant des flics. Découverte express.

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Du Roman de la Rose de Jean de Meung au XIIIe siècle à un morceau de rap de Première Ligne de 2013, l’Amicale des chansonniers amateurs bénévoles (comprend qui peut…) nous offre une anthologie érudite de chansons évoquant les forces de police. Et c’est peu dire que les rengaines compilées ne font qu’un éloge très modéré du travail des lardus en uniforme. On constate même que certains auteurs cognent allègrement sur les cognes.

Les chansons sont présentées de manière chronologique, agrémentées d’une riche iconographie et augmentées de toute une gamme de ressources textuelles (archives de police, graffitis, citations livresques diverses) venant rehausser le propos de nos chansonniers frondeurs.

On retrouvera donc des pépites d’artistes aussi divers que Jean-Baptiste Clément, Gaston Couté, Charles Trenet, Parabellum ou Diam’s (!), ainsi qu’un certain nombre de textes anonymes et de chants de grévistes.

Le lecteur curieux trouvera en annexe un glossaire de plus de cinq cents synonymes pour désigner la volaille sous toutes ses formes (entre autres, « alouette », « insignifiant à insigne », « KFC », « saute-dessus » ou « tête plate »), ainsi qu’un appendice où les flicards parlent d’eux-mêmes : on en extraira l’édifiant Nous relèverons la France, chant des CRS inspiré par l’hymne de la division Charlemagne (unité de SS français). Une filiation qui parle d’elle-même…

Bref, un petit bouquin à mettre dans toutes les mauvaises pognes pour aller le gueuler sur tous les toits. À trouver en « distro » à droite à gauche.