Octobre 11, 2021
Par Lundi matin
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L’opĂ©ration Ombres Rouges,

spectacle meurtrier, mise en scĂšne misĂ©rable d’États tellement mis Ă  nu qu’il ne leur reste plus qu’à enfiler les oripeaux, pris dans la garde robe des populismes, de “punisseurs suprĂȘmes”, Ă  jamais vengeurs des victimes

RĂ©pondant Ă  une demande de l’État italien, dans le cadre de ce que, en premier lieu son appareil policier, appelle « OpĂ©ration Ombres Rouges Â», les dirigeants de l’État français ont dĂ©clenchĂ© une procĂ©dure d’extradition visant une poignĂ©e de militant.e.s du mouvement subversif qui a secouĂ© l’Italie des annĂ©es 70/80, mouvement qui est mĂȘme allĂ© jusqu’à l’apparition de plus d’une centaine de groupes et organisations ayant pris les armes de façons et dans des buts variĂ©s.

Ces personnes font partie des milliers d’autres ayant fui en France, la rĂ©pression (dans le cadre d’une “guerre civile de basse intensitĂ©â€, selon un ancien prĂ©sident – Giovanni Pellegrino – de la Commission parlementaire d’enquĂȘte de l’époque). Elles sont les seules que ces appareils d’État peuvent encore tenter d’écraser dans la mĂąchoire insatiable d’une vengeance sans fin. Toutes les autres, des milliers au dĂ©but de l’exil, au fil des annĂ©es, des centaines qui y Ă©chappent dĂ©sormais en raison d’un principe fondamental du Droit formel : la prescription.

En effet, dans le droit italien mĂȘme, lorsque le temps passĂ© depuis le jugement excĂšde le double de la peine encourue, ou est au-delĂ  de 30 ans, les condamnĂ©.e.s “bĂ©nĂ©ficient” de la « prescription de l’exĂ©cution de la peine Â». Le droit considĂšre, Ă  travers cette mesure, que ce temps passĂ© fait que « l’intĂ©rĂȘt de l’État Ă  l’exĂ©cution de la peine n’existe plus Â».

Ceux qui restent, ou bien ont subi de nouvelles poursuites par requalification des chefs d’imputation ou “dĂ©couverte de ‘nouveaux’ dĂ©lits et crimes” dans le cadre des faits anciens, ce qui permet de remettre Ă  zĂ©ro le compteur de la prescription ; ou bien ces personnes ayant Ă©tĂ© condamnĂ©es Ă  des peines d’emprisonnement Ă  perpĂ©tuitĂ©, cela revient Ă  une imprescriptibilitĂ© de fait : alors que ce traitement, dans l’« ordre juridique international Â», est exclusivement rĂ©servĂ© aux « crimes contre l’humanitĂ© Â», qualificatif introduit aprĂšs guerre en liaison avec la notion d’« Ă‰tat criminel Â». Cela est en liaison avec la tendance croissante Ă  poursuivre Ă  l’infini des personnes, non pas seulement pour leurs actes, mais ’essentiellement’ en tant que « type d’auteur Â», ce que relĂšve du mĂȘme post-juridisme insatiable dĂ©voreur de vies et de vie.

Dernier acte en date  : le 29 septembre, la Chambre de l’instruction a suivi la dĂ©fense dans ses demandes de “complĂ©ments d’information” adressĂ©e Ă  la partie italienne. Celle-ci a jusqu’au 5 dĂ©cembre pour y rĂ©pondre ; et la prochaine audience est fixĂ©e au 12 janvier. La menace de l’issue finale reste intacte, et on ferait preuve d’une dangereuse lĂ©gĂšretĂ© en se disant que les peines seront, en fait, “allĂ©gĂ©es”. Les condamnations Ă  des annĂ©es de “rĂ©gime spĂ©cial” d’isolement sous garde incessante jour et nuit est bien rĂ©elle, et serait sans aucun doute effective.

Nous sommes donc aujourd’hui Ă  un tournant de ce qui a Ă©tĂ© dĂ©fini le « niveau de civilisation juridique Â» : dĂ©sormais balayĂ© qu’il est pour les besoins d’une communication politicienne d’un populisme minable. Un jeu de massacre entre Victimes, tenues de rester indĂ©finiment figĂ©es dans cette “nature victimaire”, et Criminels incomprĂ©hensibles, terrorisants donc terroristes.

Cette horreur, est un message qui nous est adressĂ© : l’Histoire, c’est fini (souvenons-nous, le 1er mai, le PrĂ©sident de la RĂ©publique la rĂ©duisant Ă  des « chamailleries Â») ; les rĂ©voltes ne se verront plus jamais reconnaĂźtre une trace de sens (n’oublions pas la violence physique et injurieuse contre tout Gilet Jaune et tous actes de rĂ©sistance sur tous les plans) : Attendez aux terrasses l’heure de la reprise du boulot ; apprenez dans les filiĂšres dĂ©mocratisĂ©es de l’Enseignement le commerce et la gestion du systĂšme ; vous les inaptes, les “en trop”, ayez honte, restez tranquilles ; vous les fous, en asiles ; vous les vieux, en EHPads


Il nous reste tout de mĂȘme le choix, lĂ  oĂč on n’a pas (encore ?) trouvĂ© les forces de reprendre l’offensive, d’ĂȘtre vaincus “proprement”, d’au moins ne pas voir massacrer tout ĂȘtre humain qui, au fil de l’Histoire, s’y est risquĂ©s.

J. L.

À toute personne se demandant quelles pratiques de solidaritĂ© concrĂšte sont en place je tiens Ă  signaler que les membres du [email protected] ont lancĂ© une campagne de dons : le Pot Commun pour frais avocats, (Urgent !) “SolidaritĂ© financiĂšre avec les exilĂ©.e.s”)

Édouard Manet, L’Évasion de R. Rochefort du bagne de NoumĂ©a en 1864, 1880

* * *

L’Amnistie, encore

Une lettre d’Oreste Scalzone

Si, il y a des dĂ©cennies, “nous”, c’est Ă  dire une multitude, dont font partie ces femmes et ces hommes aujourd’hui promis par “La Justice” interĂ©tatique Ă  finir leur jours dans des tombeaux d’ĂȘtres enterrĂ©s vivants mais aussi leurs anciens compagnons/nes de lutte – dont toujours nous – qui, au fil des annĂ©es, se sont trouvĂ©s hors d’atteinte du “bras violent de la Loi”, accompagnĂ©s par (quelques, trop peu
) des tĂ©moins d’aujourd’hui atterrĂ©s par cela et tentant de les arracher Ă  ce destin ;

Si nous inscrivions nos vies, ensemble avec d’autres, entraĂźnĂ©s/entraĂźnant d’autres, toujours plus nombreux, dans un mouvement tumultueux qui se rĂ©voltait, s’insurgeait contre tout pouvoir social constituĂ©, faisant irruption, c’était notre tour, sur la scĂšne du “Grand ThĂ©Ăątre du Monde” (ThĂ©Ăątre d’une machine/monde, dĂ©roulant le fil d’une Histoire mise au fer et Ă  sang par les Palais s’employant sans rĂ©pit Ă  Ă©craser jusqu’aux derniĂšres et derniers, humanitĂ© en souffrance rĂ©duite en bouillie d’individus sĂ©parĂ©s des autres et d’eux-mĂȘmes (ou mĂȘme pas), de “sous-citoyens”, pire, des ĂȘtres/non ĂȘtres au bord de la “sous-humanitĂ©â€â€Š simples outils et dĂ©chets irrecyclables Ă  presser et Ă  jeter) ;

Si, Ă  la suite de cela, ceux– tel nous – qui n’avaient pas laissĂ© leur peau dans ces combats, ont Ă©tĂ© promis Ă  consommer des tranches de sa vie restante, ou mĂȘme le reste entier jusqu’à l’agonie finale, dans des murailles, grilles, barbelĂ©s concentriques ;

Si un certain nombre de “camarades” – dont “nous” – , parmi les “rĂ©fugiĂ©s en France” par un rĂ©flexe de “fuite du danger” propre Ă  toute forme de vie, et par un jeu du hasard, des occasions et de la chance, y ont Ă©chappĂ© en se lançant dans une errance Ă  travers le[s] monde[s], par routes, villes, villages, langues, mƓurs
 , et qu’on a pu se “recombiner” dans un “radeau de la MĂ©duse”, reconstruire une vie “ordinaire”, d’ĂȘtres du commun


Il est bien loin de nous , du moins en gĂ©nĂ©ral, le fait de nous prendre et proposer comme des Anges, Anges de lumiĂšre
, anciens hĂ©ros et hĂ©roĂŻnes, Anges Vindicatifs ou alors Agneaux sacrificiels/sacrificateurs, incarnation de l’Innocence ou du “sel de la Terre”.

Si l’on s’est pris pour des « Nouveaux Partisans Â», promis Ă  pouvoir subir et/ou infliger souffrances y compris jusqu’à la mort, cela certes constitue une coresponsabilitĂ©, mais l’on refuse de la considĂ©rer, rĂ©trospectivement et rĂ©troactivement, comme quelque chose “d’abject”.

Cela avait un objet, du sens s’y trouvait indĂ©niablement. « Le mal s’ajoutant au mal Â» dans une â€œĂ©ternelle” spirale vicieuse, dans une vis sans fin
, certes nous aussi avons secrĂ©tĂ©, produit de la souffrance : on se rĂ©fĂšre notamment Ă  des ĂȘtres, des personnes – les enfants d’abord – qui Ă  l’époque ne pouvaient Ă©videmment pas incarner des rĂŽles, des fonctions, et donc endosser de responsabilitĂ© quelconque. Donc la seule “ligne de fuite” d’un Ă©cheveau infernal de “dilemmes moraux” est de s’en tenir Ă  eux, Ă  elles, sujets auxquels on ne saurait appliquer des doubles, voir multiples, “standards”.

Un exemple : on s’est trouvĂ© dans des situations, dans lesquelles il Ă©tait question de traitements Ă  appliquer Ă  des ĂȘtres, qui pouvaient ĂȘtre parmi le plus “monstrueux” – Masques&Visages – parmi les “fonctionnaires et officiers” du “Moloch misanthrope”, voir “miso-toute forme de vie, miso-la vie mĂȘme”.

Eh bien, il n’aurait su et il ne saurait ĂȘtre question de se muer en “sujets-dispositifs” traduisant la mĂȘme logique que celle des concrĂštement “tortionnaires absolus” : fachĂŽs, dĂ©mocrates, hybrides les plus divers
Pourrions-nous imaginer un seul instant un Sante Caserio embringuĂ© dans une campagne rĂ©clamant la mise de Sadi Carnot dans des bagnes Ă  perpĂ©tuitĂ© rĂ©elle ?

Voila. La seule voie pour nous, c’est de ne pas mĂȘme savoir, de ne pas vouloir lointainement savoir “qui e[s]t qui”, de “qui” est question, pouvant se faire qu’il se trouve s’agir de notre propre tortionnaire ou, pire, tortionnaire d’autrui et des “autrui” les plus proches !

Cela dit, posĂ©, tant que nous garderons, tant que nous restera une marge de “libertĂ©â€ mentale, sentimentale – Ă©thique enfin ; une marge qui nous fasse rester, singuliĂšrement et en commun, “compos sui”, nous ne saurions, aucunement, accepter que – voire pour nous accabler jusqu’à l’annihilation, voire dans la “bonne intention” de nous dĂ©responsabiliser, de nous absoudre, pour obtenir clĂ©mence–
, nous ne pourrions donc tolĂ©rer que nous soit ĂŽtĂ©e toute indĂ©pendance, toute marge d’autodĂ©termination et d’autonomie. C’est cet “assassinat de l’ñme” qui perpĂštrent de conserve tous les “complotismes”, les “conspirationnismes” de tout poil et bord unis dans un “nĂ©gationnisme” capital : la nĂ©gation de la possibilitĂ© – l’impensable ! – de la rĂ©volte, de la puissance de la rĂ©sistance, de l’insurgence indĂ©pendante. Alors que nous Ă©tions “astralement” loin, dans une extranĂ©itĂ© totale face Ă  toutes les gesticulations manipulatrices criminelles des appareils/“loges”/commandos d’État/maffia, oĂč certains s’acharnent Ă  nous emprisonner jusqu’à bien au delĂ  de la mort.

Les contextes, certes… : l’état du Monde, “Cosmo-Machine”, le fleuve ininterrompu de destructions, de sang,de cruautĂ©s qu’a Ă©tĂ© l’y ĂȘtre de cette espĂšce, avec les intensifications et accĂ©lĂ©rations Ă  partir de “l’Ère Moderne”, “ModernitĂ©-Monde”, de l’allure entropique – volition et tendance – Ă  la capitalisation-Ă©tatisation-numĂ©risation intĂ©grale, totale, avec une nĂ©faste maĂŻeusis, donc une spĂ©cularitĂ© entre “par en Haut” et “par en Bas”, tissĂ©e de concurrences mimĂ©tiques, outillĂ©e par des moyens de plus en plus sophistiquĂ©s et performants jusqu’à ces temps prĂ©sents de “transhumanisme”, effort de substitution intĂ©grale de la vie par l’artifice


Les “Vulgata”, certes, les dispositifs et effets d’une immense “usine des usines Ă  MĂ©moire”, tissĂ©e d’« Anges de lumiĂšre et d’idoles de boue Â»â€Š Les dĂ©nĂ©gations, les VĂ©ritĂ©s dĂ©construisant toute “parrhĂšsia’, vĂ©ridiction, vĂ©ridicitĂ© ; les mitopoĂ«sis de tout bord, les vertiges identitaires et les IdĂ©ologies, les diverses â€œĂ©conomies politiques”, celle au sens strict de l’utilitarisme et celles â€œĂ©largies’ des divers « bĂ©nĂ©fices secondaires Â» jusqu’à la Schadenfreude, au goĂ»t macabre de la cruautĂ© sans fin et sans fins


Les “transmissions”, certes, les magistĂšres, la fabrication d’Opinion, les “mauvais dĂ©lires”


Tout cela peut avoir jouĂ© entre autres dans l’auto-illusionisme de “rĂȘves de Grandeur”, d’hĂ©roĂŻsme et martyre, de gloire de maĂŻeutes d’un Nouveau Monde, Âge d’or et Paradis sur Terre


Mais tout cela s’inscrit dans la consistance de successifs “plans d’immanence”, de puissance comme persistance de luttes, de rĂ©voltes, d’insurgences, tant qu’elles restent telles et ne se transforment pas en leur contraire
 Il y a du sens dans tout cela


Si maintenant nous Ă©levons nos voix et nos gestes pas seulement pour pouvoir se dire « Je me rĂ©volte, donc nous sommes Â» (et aussi « on se rĂ©volte, donc je suis Â»), mais avec quand mĂȘme une â€œĂ©tincelle d’espoir qui conforte le pari, c’est aussi en considĂ©rant que jusqu’à il y a un quart de siĂšcle avait pleinement cours l’idĂ©e d’un oubli aussi nĂ©cessaire Ă  la vie que la mĂ©moire, pour “tout-un-chacun”, toute personne singuliĂšre, tout “corps social”, tout ensemble humain.

(“Cours lĂ©gale” y compris : comme le rappelle l’historienne Sophie Wahnich, aprĂšs la sĂ©quence “Terreur-Thermidor” la RĂ©publique elle-mĂȘme avait votĂ© une Loi sur l’oubli).

Il existait bien, « en doctrine, en norme, en jurisprudence Â», dans les Constitutions et dans les annales des dĂ©cisions lĂ©gislatives, des “instituts’ tel les « prescriptions Â», le « renoncement Ă  la peine Â» autrement dit « oubli judiciaire Â», l’amnistie et l’indulto [1].

Ce qui paraĂźt certain, une Ă©vidence, c’est que les Grands, les Puissants de la Terre, leurs Cours, les chaĂźnes de vassalisation dans les formes les plus “modernes” et ultramodernes, autant qu’ils le peuvent, s’amnistient tous les jours, tout en continuant dans leur production Ă  productivitĂ© Ă©levĂ©e de souffrances de tout type, et de cruautĂ© pour la cruautĂ©, sans fin et mĂȘme sans fins : la destruction devenant de plus en plus un tĂ©los en soi. Mais “quand mĂȘme”, ces dispositifs “lĂ©gaux”
cela voulait dire que l’on pouvait penser, vouloir, du moins au niveau des Ă©noncĂ©s formels, mettre un terme Ă  la gĂ©omĂ©trie symĂ©trique des Vengeances dans lesquelles Responsables Ă  tout niveau des ChĂąteaux d’en haut et multitudes d’en bas – trĂšs souvent se reflĂ©tant en miroir – contraints, condamnĂ©s Ă  piĂ©tiner la mĂȘme terre respirer le mĂȘme air, sans que personne ne doit avoir, en aucune façon, aucune « rĂ©conciliation Â» (d’ailleurs, mĂȘme pas avec soi-mĂȘme
), il en dĂ©coule une « guerre [plus ou moins latente] entre tous et tous Â» en mĂȘme temps que le LĂ©viathan. Ceci dit, il pourrait se donner dans ce qu’est censĂ© constituer “nĂŽtre camp”, un entremĂȘlement entre formes d’entraide et concurrence Ă  mort, entre tendresses de communance et entretueries


Or, envoyer des gens dans des tombeaux pour morts vivants, ne sauvera personne, ne donnera Ă  personne – comme dans toute addiction – mĂȘme pas un instant de plaisir, dĂ©jĂ  chevauchĂ© par le spasme du manque. La faim de vengeance est en fait insatiable, elle s’engraisse monstrueusement de son auto dĂ©voration, comme l’Ogre des contes dĂ©vorant ses enfants.

Certes, nous nous rendons compte qu’aujourd’hui, sur le plan anthropologique, c’est encore plus difficile qu’à l’époque des “FrĂšres Soledad”, des George et Jonathan Jackson, de prĂȘter attention Ă  cette “idĂ©e simple”, confirmĂ©e par l’observation, que “corriger le Mal par le Mal” est un cercle vicieux, absurde. “Se rendre Ă  l’évidence” de la simple observation lucide est devenu l’expĂ©rience la plus difficile, il faut Ă  l’humanitĂ© d’aujourd’hui, pour y accĂ©der, passer par des dĂ©dales sonores abrutissants et paniquants, dont il lui faut s’arracher souvent solitairement.

Notre point de vue au sujet du “fait-prison” est rĂ©solument abolitionniste – et ce n’est pas lĂ  l’illusion d’une “rĂ©formette” dans le “SystĂšme”, dans le maintien de tous contextes, ni l’utopie d’une palingĂ©nĂšse bien plus radicale, totale, qu’une “simple” rĂ©volution politique ou sociale : il s’agit –pour le dire avec Michel Foucault – d’une «  idĂ©e directrice Â». Les prisons sont en effet, de toute Ă©vidence, au delĂ  de tout, des “usines Ă  crime”, et comme, je ne sais pas, les maladies iatrogĂšnes et nosocomiales sont des multiplicateurs d’une rĂ©plication infinie de ce qu’elles Ă©taient censĂ©es d’ĂȘtre extirpĂ©s. L’abolition du mal par ce type de mal c’est une idĂ©e assez perverse, saugrenue.

Certes, nous voyons tous les jours que le spectacle social nous sert des crimes et des auteurs souvent spĂ©cialement odieux, ne ressortant pas nĂ©cessairement des “damnĂ©s de la terre”, mais plutĂŽt des “upper-class’ jusqu’aux sommets et produisant des crimes d’autant plus odieux qu’ils Ă©crasent les plus faibles, physiquement, mentalement et jusqu’au respect de soi, diffusant des relations d’esclavage, de servitude “volontaire’. Les complexes opĂ©rations mentales nĂ©cessaires Ă  Ă©carter toute mise en comparaison entre
 que sais-je ?, des crimes y compris odieux et traduisant une hubris avec le code gĂ©nĂ©tique des pires tyrannies et possessions, et les “crimes de punition” (ceux que l’ordre social/mental considĂšre comme des antidotes), semblent ĂȘtre de plus en plus inatteignables. Cependant, il ne faut pas lĂącher prise sur le fait que certains dispositifs sont Ă  refuser en absolu, en soi, sans dĂ©rogation quelconque.

Pour ce qui reste en deçà de la mort lente agonique, ce qu’on peut dire est que l’amnistie a toujours Ă©tĂ© une voie maĂźtresse Voila : ce que nous hurlons, et continuerons Ă  agiter, si possible dans une campagne “transnationale”, c’est un thĂšme : Amnistie.

Paris, le 2-3 Octobre 2021

* * *

Édouard Manet, Vive l’amnistie, 1880

Ni coupables ni innocents, communard[e]s

VIVE LA COMMUNE !
VIVE L’AMNISTIE !

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Source: Lundi.am