Mars 18, 2021
Par Basse Chaine
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Depuis vendredi 12 mars, le CDN – Théâtre du Quai est occupé par les étudiant·es du conservatoire d’Angers avec le soutien de la direction des lieux. Rejoint·es par les étudiant·es des Beaux-arts le lendemain puis par les intermittents du spectacle, cette occupation fait écho aux conditions précaires liées aux métiers de l’art à leurs études.

« C’est une occupation essentielle, déjà 25 lieux sont actuellement occupés en France, on s’en inspire, on veut de l’auto-formation, de l’ouverture à la culture, à l’art. On veux vivre notre art et le partager. » explique Julien, un étudiant en deuxième cycle du conservatoire.

Depuis bientôt un an, les spectacles sont annulés puis décalés. Ceux qui devaient se jouer en 2020 étaient reportés en 2021 et désormais ils sont reportés en 2022… Les annonces du gouvernement pour une potentielle ré-ouverture en août inquiètent et font rire jaune.

Le samedi 13 mars à 14h, les étudiant·es ont donc appelé à une AG pour discuter des motivations d’ouverture, des revendications et des objectifs de leur présence. Plus de 150 personnes sont venues pour discuter, le micro accompagne les tours de parole dans le Forum. La CGT spectacle, les intermittent·es, les technicien·nes, les élèves d’écoles d’art (Beaux-arts et Asta) mais également des militant·es angevin·es venu·es soutenir cette nouvelle lutte. « Vous êtes la meilleure des thérapies, on doit se soutenir et on ne vous lâchera pas ! »

Julien, étudiant au conservatoire, explique le statut « d’amateur » qui lui est donné et qui ne lui permet pas d’avoir les protections des élèves en formation. Dans cette crise sanitaire, le statut d’amateur crée un vide total face à la pratique en intermittence et accentue la précarité de ces études.

« Nous voulons parler ici de Libertés avec un S. Parce que nous en voulons plusieurs, beaucoup et pour tout le monde ! »

Créer un lieu d’auto-formation, partager le savoir, dans l’objectif de faire vivre l’art face à un gouvernement qui l’étouffe. La crise sanitaire n’est bien sûr pas minimisée, le port du masque et les gestes barrières sont rappelés de nombreuses fois et soigneusement respectés afin que chacun·e puisse participer en toute sécurité.

On entend beaucoup l’idée d’une convergence des luttes, « enfin on se réunit vraiment ici pour participer et se former, tous·tes ensemble ! » déclare Aurélie, une ancienne étudiante, « ouvrons-nous aux autres, ouvrons cette espace. »

Il est de plus en plus dur d’accéder à la formation, ce lieu sera donc dédié à ce partage, à cette entraide. Benjamin, étudiant au conservatoire, intervient pour préciser « il est important que l’on puisse respecter chaque individu, catégorie présente et en lutte et les spécificités de chacun·e dans ce mouvement. » C’est une pluralité forte de différences et de savoirs qui s’illustre durant cette AG. Avec un objectif commun.

Ludovic « créons des “Happening” (NLDR : des évenements organisés dans l’espace publique), faisons vivre l’espace publique, la rue, crions des textes, déambulons ! » l’occupation est un premier pas. La discussion, la formation et l’entraide se multiplient pour partager cette rage de l’art et défendre cette culture étouffée.

Une étudiante en école d’art rappelle la difficulté des promotions qui ont commencé leures études en distanciel et qui commencent à peine a revenir au présentiel. Enfermé dans 9m2 face à un ordinateur, la pratique de l’art et le développement de projets sont quasiment impossibles. Pour beaucoup d’étudiant·es, il faut prendre l’initiative malgré les restrictions actuelles, dans le respect des gestes barrières.

« Bonjour, je suis musicienne, comédienne et morte de faim ! Merci d’être là, d’avoir créé ça, je vous donne de mon temps pour apprendre, créer et partager avec grand plaisir. »

Les étudiant·es ont créé un planning avec plusieurs compagnies du Maine-et-Loire pour organiser des représentations et des actions au Quai, au Ralliement et ailleurs. N’hésitez pas à venir vous informer et discuter au théâtre du Quai. Toutes les personnes qui aimeraient rejoindre le lieu peuvent contacter les étudiant·es du conservatoire sur leur adresse mail [email protected] ou sur leur page Instagram « ouverturesssentielles angers ».

Un appel aux dons a également été lancé, rendez-vous rue de la Tannerie les lundis, mercredis et vendredis de 16h30 à 17h30, pour des denrées consommables sans besoin de cuisson et végétariennes. Une cagnotte en ligne a également été créée pour que les occupant·es puissent subvenir à leurs besoins.

« ON VEUT CONSTRUIRE LE THEATRE DE DEMAIN AVEC VOUS ! »




Source: Basse-chaine.info