Avec le dĂ©confinement, Lausanne a diminuĂ© le nombre de logements pour les sans-abri. L’occupation de vendredi a Ă©tĂ© faite en rĂ©action Ă  l’Appel 212 de l’Association Sleep-In, qui demandait de tout mettre en oeuvre pour que les 212 lits qui ont Ă©tĂ© assurĂ©s en pĂ©riode de coronavirus soient maintenus toute l’annĂ©e, pour ainsi rĂ©pondre aux besoins rĂ©els des personnes sans-abri en rĂ©gion lausannoise. La pandĂ©mie du COVID19 a montrĂ© que de nombreuses mesures d’urgence peuvent ĂȘtre mises en place rapidement et que d’immenses ressources financiĂšres peuvent ĂȘtre trouvĂ©es pour soutenir l’économie et sauver les multinationales. Pourquoi ne voyons-nous pas une mobilisation similaire pour l’urgence climatique et la justice sociale ?

1’200 mĂštres carrĂ©s inutilisĂ©s depuis une dĂ©cennie

Le bĂątiment que nous avons occupĂ© est vide depuis une dĂ©cennie. AprĂšs le dĂ©mĂ©nagement de la Banque Cantotal Vaudoise, il y a eu un enchaĂźnement foireux de diffĂ©rentes entreprises, dont plusieurs sont tombĂ©es. L’entreprise propriĂ©taire du bĂątiment, Swiss Investment Concept AG est elle aussi en liquidation judiciaire. Elle a cependant dĂ©cidĂ© de dĂ©poser plainte contre les personnes ayant occupĂ© le bĂątiment vendredi. Les informations publiques indiquent que le bĂątiment sera utilisĂ© pour y construire un centre commercial – nous sommes cependant convaincu-e-x-s qu’il ya de bien meilleures maniĂšres d’utiliser cet espace…

Soirée mouvementée

Vendredi, c’était aussi le jour de la Critical Mass. Des centaines de cyclistes ont pris les rues lausannoises. Iels se sont arrĂȘtĂ©-e-x-s devant Place Bel-Air 4, et des militant-e-x-s sont entrĂ©-e-s dans le bĂątiment. Peu de temps aprĂšs, des policiers ont bloquĂ© certaines des entrĂ©es. Les cyclistes rest-Ă©-s dehors se sont fait rejoindre par d’autres sympathisant-e-x-s. La prĂ©sence policiĂšre a augmentĂ©, et des fourgons sont arrivĂ©s. MalgrĂ© certaines tentatives de nĂ©gociations auxquelles elle a systĂ©matiquement rĂ©pondu par la moquerie, la police a exigĂ© que les lieux soient vidĂ©s avant 21h45, heure Ă  laquelle elle rentrerait de force pour dĂ©loger celleux qui seraient encore dans le bĂątiment. La police a notamment fait comprendre que les personnes qui ne sortiraient pas volontairement seraient sorties par la police anti-Ă©meute, avec ses matraques et lacrymos. L’argument donnĂ© par la MunicipalitĂ© (soi-disant de gauche) pour avoir donnĂ© l’ordre Ă  la police Ă©tait que les lieux n’étaient pas entiĂšrement sĂ©curisĂ©s. La police lausannoise a de nouveau rĂ©agi de façon disproportionnĂ©e Ă  une manifestation non-violente, comme le montre la vidĂ©o en bas de page. La semaine passĂ©e, le 25 Mai Ă  Minneapolis, George Floyd est mort Ă©touffĂ© par la police, comme de nombreuses autres personnes racisĂ©es avant lui. Ce n’est pas un Ă©vĂ©nement isolĂ©, et cela est aussi arrivĂ© en Suisse. La police est une institution raciste, violente est meurtriĂšre et le systĂšme dont elle fait partie doit ĂȘtre combattu.

et maintenant ?

Le mouvement des squats existe depuis des dĂ©cennies et est toujours aussi nĂ©cessaire. Squatter, c’est agir directement sur nos conditions de vie, c’est reprendre le contrĂŽle de lieux qui devraient appartenir Ă  la collectivitĂ© depuis longtemps. Squatter, c’est rendre le pouvoir au peuple, combattre l’absurditĂ© de la propriĂ©tĂ© privĂ©e. Squatter, c’est lutter directement contre le fait que certain-e-s possĂšdent tellement de propriĂ©tĂ©s immobiliĂšres qu’iels les laissent vides pendant que d’autres n’ont nulle part oĂč dormir. C’est le moment d’un deuxiĂšme Ăąge d’or pour les squats en Suisse ! Lausanne (et le reste de la Suisse) compte de nombreux bĂątiments vides, et pourtant de nombreuses personnes n’ont pas de logement sĂ»r. Ce n’est donc pas un problĂšme de manque de place – c’est un manque de volontĂ© politique et sociĂ©tale. Nous ne voulons pas d’un monde oĂč des inĂ©galitĂ©s pareilles continuent. La Ville ne s’est pas montrĂ©e capable de protĂ©ger ses habitant.e.x.s les plus vulnĂ©rables, voilĂ  pourquoi nous avons dĂ©cidĂ© d’agir. Nous demandons Ă  ce que les plus vulnĂ©rables et prĂ©carisĂ©.e.s soient protĂ©gĂ©.e.s, et nous voulons avoir des espaces autonomes pour partager, Ă©changer, construire, vivre. Nous espĂ©rons fortement voir d’autres alternatives similaires se crĂ©er dans la rĂ©gion.

Squattez vos villes, ZAD partout !


Article publié le 04 Juin 2020 sur Renverse.co