DĂ©cembre 6, 2022
Par Organisation Communiste Libertaire (OCL)
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« Dans un premier temps nous avons fait deux grĂšves de deux jours reconductibles, devant le silence de la mairie on est passĂ© Ă  des moyens plus dĂ©terminĂ©s, pour pouvoir avoir le temps de s’organiser, de manifester. Depuis le 6 octobre nous sommes en grĂšve illimitĂ©e et depuis le 13 octobre nous occupons les locaux jours et nuits.

AprĂšs la crise sanitaire, en rĂ©ponse Ă  la colĂšre des hospitaliers notamment, l’État a rĂ©pondu par le SEGUR. La CGT et SUD ne l’ont pas signĂ©, parce qu’ils demandaient 300 euros et pour tous. Suite Ă  des mobilisations le SEGUR a Ă©tĂ© Ă©largi aux EPHAD, aprĂšs il y a eu le SEGUR 2 qui sur Paris Ă  concernĂ© les aides Ă  domicile, puis suite Ă  de fortes mobilisations du secteur social le SEGUR 3. Mais sur les 6200 agents du CASVP il en reste encore 1500 qui en sont privĂ©s (cuisine et administratif), ce qui fait que dans une mĂȘme structure certains ont l’augmentation les autres non ce qui crĂ©e une ambiance dĂ©testable.

Tout l’étĂ© on a tournĂ© sur les services pour organiser la grĂšve, faire des AG, mettre en place une caisse de grĂšve en prĂ©vision d’un conflit dur.

C’est dur de se mettre en lutte dans les mĂ©tiers comme les nĂŽtres, ou la relation humaine est au centre, la culpabilisation est grande, mais nous sommes soutenus par nos usagers, malgrĂ© la gĂšne occasionnĂ©e ; ils ont fait des pĂ©titions en notre faveur. On est en pleine injonction contradictoire, l’institution nous demande de ne pas nous attacher, de ne pas crĂ©er des rapports humains et en mĂȘme temps d’ĂȘtre lĂ  coĂ»te que coĂ»te auprĂšs des usagers. Â»

C’est la CGT qui est Ă  l’initiative de cette lutte, ses militant·es de la base sont dĂ©terminé·es, dĂ©cident en AG hebdomadaires syndiqué·es ou non, de la poursuite de la grĂšve. EspĂ©rons que ça dure !

« Nous sommes des travailleur·ses du social est nous n’avons pas les moyens de vivre dĂ©cemment. Nous rationnons nos vies. Nous travaillons sur Paris mais vivons en banlieue.

Des priorités politiques

Les choix de la Maire de Paris sont politiques, plus axĂ©s sur l’organisation des jeux Olympique, les illuminations des champs ElysĂ©es… Et il n’y a pas d’argent pour nous !

La situation ne date pas d’hier, la casse du service public et social est antĂ©rieure au Covid. On a vue au fur et Ă  mesure la dĂ©gradation de nos conditions de vie. Au niveau des plats servis, tout c’est progressivement dĂ©gradĂ© ; en quantitĂ©, en qualitĂ©, en autonomie, en attention. Pour NoĂ«l il y avait du foie gras, une rose, des chocolats
 on est des exĂ©cutants sans initiatives. Ils essaient de faire de nous des moutons, lĂ  ils ont Ă©tĂ© surpris.

Les 20 centres d’action sociale dissĂ©minĂ©s dans la ville, les 44 restaurants se sont rĂ©veillĂ©s au mĂȘme moment, se sont rĂ©unis et ont a fait bloc ensemble. Le processus de prolĂ©tarisation s’observe dans tous les mĂ©tiers ; dĂ©possession de nos savoirs faire, de notre outil de travail, de notre voix au chapitre, de notre expertise.

Nous avons organisĂ© avec la CGT chĂŽmeur « un bureau de recrutement Â» pour pourvoir les postes manquants. Ça a eu en certain succĂšs. Il y a eu pas mal de candidatures qui attendent toujours leurs lettres d’embauche !

« J’ai 32 ans de maison et je n’atteins mĂȘme pas les 2000 euros ! Â»

Notre lutte parle, beaucoup de gens nous suivent, notre caisse de grĂšve est achalandĂ©e surtout par le monde de la CGT ; aussi bien par les UL, la ConfĂ©dĂ©ration, les bus, Pole emploi
 On a fait des soirĂ©es de soutien, on quĂȘte lors des manifestations, et c’est important parce que ça nous permet de tenir. On n’a toujours pas d’ouverture de nĂ©gociation, la solidaritĂ© est indispensable. Malheureusement une Ă©chĂ©ance est venue s’imposer Ă  nous ; les Ă©lections professionnelles dans la fonction publique se termine le 8 dĂ©cembre et la ville de Paris se sert de ce prĂ©texte, pour selon elle ne pas vouloir privilĂ©gier un syndicat plutĂŽt qu’un autre. C’est vraiment du foutage de gueule car la seule inĂ©galitĂ© de traitement elle est entre les salariĂ©s de l’action social.

Consolider la cohĂ©sion inter catĂ©gorielle au sein de notre collectif de travail, on ne va pas se mentir, la propagande dominante pousse Ă  l’individualisme, au culte du dĂ©veloppement personnel. On est tous·tes le produit de notre environnement, alors les collĂšgues qui bĂ©nĂ©ficient des 189 euros on les sent trĂšs distants. C’est le rĂŽle du syndicat de gĂ©rer cette frustration et de proposer des moments d’échanges, de rencontres, sans faire le jeu du patronat qui cherche Ă  nous diviser et Ă  nous opposer entre nous. On a prĂ©vu d’organiser des moments de discussion dans notre lieu occupĂ©, sur la division du travail dans les tĂąches mais aussi dans l’espace, poser des thĂ©matiques qui peuvent faire venir des collĂšgues soignants ou travailleurs sociaux. Il faut dĂ©velopper une intelligence qui est un peu Ă  contre courant de la sociĂ©tĂ©, du ressentiment et le syndicat c’est fait pour ça. Â»

Le pouvoir nous veut diviser, Ă  nous de construire du commun

« La grĂšve, l’occupation a crĂ©Ă© une famille, une vie, je redoute la fin de la grĂšve ! Je suis dans le mouvement depuis le 22 septembre et j’espĂšre qu’on continuera de se voir. On a crĂ©Ă© des liens avec des collĂšgues qu’on connaissaient pas, on a rencontrĂ© des personnes supers, on est pas seul Ă  faire passer l’humain en prioritĂ©. On dort lĂ , on apprend Ă  se connaĂźtre, Ă  partager des moments d’intimitĂ©, voir les collĂšgues en pyjama… On a perdu le goĂ»t de l’humain, dans la mise en avant de l’individu ! Quand on aura fini, on aura gagnĂ© de l’argent, on aura gagnĂ© sur le plan personnel, collectif. On en sortira grandi ! Â»

« On est dĂ©terminĂ© et solidaire. Il faut qu’on tienne jusqu’au mois de dĂ©cembre ! Tout ceux et celles qui sont convaincues que la grĂšve est l’arme des travailleurs pour inverser les situation d’injustice, nous vous appelons Ă  cotiser et si vous ne pouvez pas Ă  diffuser, Ă  en parler autour de vous. On a une cagnotte en ligne : cotizupCGTCASVP. On va gagner ! Â»

* A partir de L’actualitedesluttes.info du 19 novembre 2022.

L’actualitĂ© des luttes Ă©met sur FrĂ©quence Paris Plurielle 106.3fm ou rfpp.net, tous les jours de 12h30 Ă  13h30

(1) CASVP. Toute ville de plus de 10000 habitants est tenue d’en avoir un

(2) Accords de juillet 2020 qui consacrent 8,2 milliards d’euros Ă  la revalorisation des mĂ©tiers des Ă©tablissements de santĂ© et des EHPAD et Ă  l’attractivitĂ© de l’hĂŽpital public….




Source: Oclibertaire.lautre.net