Ces dernières années, l’université a connu plusieurs mobilisations sociales. Lors de la loi travail, avec la précédente présidence, nous avions pu mener des négociations et trouver des compromis entre les étudiant.e.s mobilisé.e.s et l’administration (communication par mail avec tou.te.s les étudiant.e.s de l’université, régularisation des absences, modalités spécifiques pour les examens). Durant la mobilisation autour de Parcoursup, avec l’actuelle présidence, ce dialogue avait été réduit au minimum et la mobilisation avait fait l’objet de pressions régulières.

Aujourd’hui, un climat anxiogène a été installé de fait lors de la mobilisation par des membres de l’administration sans aucun dialogue :

  • mails censurés (aussi bien ceux des étudiant.e.s que ceux des enseignant.e.s) ;
  • fermeture des grilles de l’extension enfermant deux étudiant.e.s au sein de la fac ;
  • photographie et vidéos des étudiant.e.s mobilisé.e.s ;
  • négation du contenu même de la lutte et des raisons du blocage au sein d’un mail destiné à tous les étudiant.e.s et à l’administration ;
  • présentation du bâtiment comme fermé et dangereux alors que nous souhaitons accueillir les étudiant.e.s pour des débats et des activités.

Ce climat anxiogène a été entretenu jusqu’au mail d’aujourd’hui. Celui-ci justifie, voire encourage, les violences physiques qui ont été perpétrées contre nous (mercredi matin, des membres de la cocarde et de l’union des étudiants tourangeaux, groupuscules d’extrême-droite, ont attaqués et frappés les personnes présentes dans les locaux).

Néanmoins nous avons reçu le soutien de la plupart du personnel (professeurs et BIATSS) ainsi que de l’intersyndicale interprofessionnelle contre cette agression.

Cette situation, particulièrement difficile à gérer, a entrainé quelques dégradations, notamment liées aux tentatives de l’université de fermer les locaux et aux besoins liés à notre protection (suite à l’attaque d’hier). Cependant, nous condamnons les dégradations gratuites qui ont eu lieu.

Notre volonté de laisser le bâtiment ouvert a permis à certaines personnes extérieures à notre mobilisation de venir commettre ces dégradations. Nous tâchons de rester vigilant.e.s pour éviter ces débordements, nous en avons d’ores et déjà réparé une partie et nous continuerons de le faire. Nous avons aussi pris de nouvelles dispositions collectives pour éviter que cela ne se reproduise.

Cependant, nous restons solidaires des camarades qui ont choisi d’exprimer des opinions politiques, via différentes formes (collages, photos, graffitis). Il nous semble que tous ces moyens d’expression sont légitimes, d’autant plus lorsque les autres moyens de communication nous ont été refusés. Cela reste une des seules façons d’exprimer certaines opinions politiques qui ne sont pas présentes dans le débat public. Nous avons néanmoins décidé collectivement de mettre fin à cette pratique pour éviter qu’elle ne prenne trop d’espace.

Nous vous invitons à venir sur le site des Tanneurs pour discuter avec nous autour d’un café.

Les étudiant.e.s de Tours mobilisé.e.s


Article publié le 17 Jan 2020 sur Larotative.info