Vidéo de la manifestation : “Apéro chez Valls” 6mins21, par DOC du réel, le 9 avril 2016

Extrait du tract distribué à la Nuit Debout, le 9 avril 2016 / Nuit en marche : « Le bouillonnement des places n’aura de sens que s’il déborde dans le temps et dans l’espace. Gardons intacte la colère initiale, sans laquelle nous n’aurions pas aujourd’hui tant de débats paisibles. Ne pas se laisser cantonner à la nuit permettra d’associer aux débats les innombrables qui ne peuvent se permettre d’être noctambules. Utiliser les places comme « points de départ » permettra d’aller remettre en cause à domicile les institutions qui, pendant que nous rêvons, nous préparent activement ce cauchemar : retour à la normale avec exploitation accrue et politique ramenée aux échéances électorales. »

“C’est dans l’illégitimité que se crée la légitimité”, L. du Mouvement Inter Luttes Indépendant)

Le 9 avril 2016, deux manifestations sauvages sortent de la place de la république pour revendiquer, passer à l’action, rager, donner à voir et à entendre. L’une par solidarité avec les migrants, l’autre personnifiée, pour Manuel Valls et son gouvernement.

Une manifestation offensive ne serait le reflet d’aucune réalité ? Que se joue-t-il en manifestation ? La manifestation est-elle seulement une démonstration de “l’indignation” et des coups de gueule ? Ou a-t-elle le pouvoir d’agir et de changer la donne, concrètement ?

S’occuper, arranger, maximiser un espace, le rendre enfin convivial ne doit pas détourner des buts et propositions. Hollande ne cèdera pas, il argue dans tous les médias, que rien ne changera, que la loi ne sera en aucunement retirée. Il n’argue pas. Il se tait. Le pouvoir sait se taire, et le silence, est aussi une stratégie de communication. Myriam El Khmori dans un grand élan de “courage” revient affronter Jean-Jacques Bourdin en direct sur son plateau pour signifier aux millions de téléspectateurs, que “tous les syndicats n’ont pas appelés à participer à la manifestation du 31”. Pour le pouvoir, la contestation n’est pas donc pas “unanime, majoritaire, donc légitime”. Et c’est à peu près tout, au niveau prise de paroles des politiques. Si une certaine presse et politiques se moquent de la “Nuit Debout”, d’autres tentent de polir, de rendre inoffensive l’initiative, en la popularisant, en louant sa forme altruiste (assemblée) et son fond humaniste, généreux et bienveillant. Une autre majorité, le soir du 9 avril, a voulu rappeler ce soir là, la violence, les colères que suscitent les sociétés offshore, la corruption, l’inégalité des chances et tout leur packaging.

Ces images sont importantes, car non, les manifestants ce soir là n’étaient pas 200, ils étaient bien des milliers. Témoignages des tentatives joueuses et révolutionnaires / Répression engagée contre les émeutiers.