Après la manif contre la loi travail, des centaines de personnes se sont regroupées dans la Croix Rousse, d’abord place Colbert, puis sur l’esplanade. Un groupe est ensuite parti en manif sauvage dans les pentes avant de revenir festoyer en haut.

Récit en photo de la manif sauvage à l’occasion d’une nuit debout dans les pentes de la croix rousse

Comme on pouvait s’y attendre il y a du monde à la manifestation de l’après-midi. La tête de cortège nous a donné la pêche, tenir la police à distance, l’envie de s’arrêter à Bellecour n’étant pas là, rencard est pris à Colbert, 18h.

Besoin de reprendre des forces, on se pose on boit un coup. On discute de ce qui vient de se passer place Bellecour, avec un goût amer dans la bouche, l’envie de bouger se fait sentir. On commence à voir les keufs tourner autour de la place sous les huées de la foule. Finalement on bouge direction l’esplanade, le départ se fait dans la bonne humeur, chants, collages et tags sont au rendez vous.

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Sur l’esplanade de la grande côte, on se pose un peu, mais on ne voit pas vraiment comment réussir à prendre place, à faire en sorte que la journée ne s’arrête pas tout de suite. On galère un peu à discuter de ce qu’on veut faire ensemble. Pendant ce temps les murs sont redécorés. Çà traînes çà hésites, des caddies de bière commence à arriver, elles servent à soutenir des copains en taules. Une partie des personnes présentes n’a pas envie d’en rester là, l’envie d’arpenter les rues, de s’éprouver ensemble, se fait sentir, c’est reparti pour un tour.

Un cortège s’élance derrière une banderole « Nos nuits sont plus belles que vos jours » . Certains décident de rester pour tenir la place. On descend en zigzaguant dans les pentes, assez vite les sprays sont de sorties on laisse diverses traces de notre passage, ce qui permet aux retardataires de retrouver le cortège. On chante « la loi travail on s’en fou on veut pas de boulot du tout » « on est nombreux, on fait ce qu’on veut ». La flicaille se serait-elle vexée des ces chants outranciers ? En tout cas on croise un fourgon rue Burdeau, des pétards leurs sont lancés, mais le cortège semble hésitant on met trop de temps à se décider. Des armées de robocops nous attendent un peu partout. Le cortège explose certains montent d’autres descendent. La banderole s’engouffre alors vers le bas des pentes. Un des fragments du cortège éclaté finit sa course dans les vitres du commissariat rue des capucins. L’autre partie du cortège se fait chasser par la BAC, l’ordre de disperser tout ce petit monde a rapidement été exécuté. Un groupe se fait contrôler place des Terreaux. Il semblerait que deux personnes se soient faites arrêtées.

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De retour sur la place, on s’assure que tout le monde va bien. Assez vite on partage un sentiment d’impuissance, petit échec stratégique, on a envie de repenser ensemble ces moments. L’impression qu’à ce nombre et avec cette énergie on pourrait imaginer une manière de se tenir, de faire bloc.

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Une AG est en cours, beaucoup de monde est encore là à discuter, certains les rejoignent. On finit par quitter la place, on ne lâchera rien, il nous faut juste un peu de sommeil pour imaginer la suite.

Soyons gourmands politiquement