DĂ©cembre 20, 2021
Par Lundi matin
359 visites


Le vrai problĂšme au fond, au fond du fond, le vrai problĂšme, le problĂšme qui prĂ©occupe vraiment les habitant·e·s, le problĂšme qu’on dit comme ça LE problĂšme, en faisant un hoquet quand on le dit. Comme si ça devait sortir et qu’au moment oĂč ça sort ça nous faisait un bien fou et en mĂȘme temps, ça nous faisait presque mal de le sortir. LE problĂšme qu’il faut qu’on le dise, parce qu’on ne peut plus faire semblant. On ne peut plus ignorer LE problĂšme numĂ©ro un, en tĂȘte de la liste des problĂšmes. LE problĂšme qu’il faut rĂ©gler, ce qui ne veut pas dire qu’aprĂšs c’en sera fini des problĂšmes, mais LE problĂšme qu’il faut rĂ©gler rapidement pour justement pouvoir se focus bien comme il faut sur les autres problĂšmes qui deviendront Ă  leurs tours et chacun dans le bon ordre bien sagement bien comme il faut les uns derriĂšre les autres d’autres « LE Â» problĂšme. LE problĂšme numĂ©ro un : c’est la drogue.

La drogue circule sur la place, la drogue se diffuse, la drogue est prĂ©sente de partout, la drogue se vend sous le manteau, la drogue se vend Ă  la sauvette, la drogue se fume, la drogue s’injecte, la drogue se sniffe, la drogue s’achĂšte. Dans les buissons, ce ne sont plus des oiseaux qui viennent nicher dans leurs petits cocons de plumes, non, ce ne sont plus les petits oiseaux qui viennent nicher dans les buissons, ils ont Ă©tĂ© remplacĂ©s par de la drogue les oiseaux, on a mis de la drogue dans leurs nids et ils ont Ă©tĂ© concernĂ©s par LE problĂšme numĂ©ro un. La drogue au dĂ©but ils s’en foutaient les oiseaux, en mĂȘme temps c’est con un oiseaux, ça s’en fout de beaucoup de choses, y compris de la drogue. Ils cuicuitaient comme des cons sur la place, Ă  construire des nids pour y pondre des Ɠufs pour que d’autres cuicuiteurs viennent y Ă©clorent, leurs transmettre tout ce qu’ils savent de leurs cuicuitages et puis mourir en sachant que ça continuerait de cuicuiter aprĂšs eux. C’est dĂ©bile comme façon de faire, c’est complĂštement con, c’est bien un truc d’oiseau Ă  la con ça. Croire que cuicuiter c’est une fin en soi
 Ils ont pas lu la Fontaine les zozios ? Ils ne savent pas que machin l’hiver fut venu, se trouva fort dĂ©pourvu  ? ImbĂ©ciles d’oiseaux, bien faits pour leurs gueules, enfin pour leurs becs, enfin tu vois le genre
 Bien fait quoi, na ! C’est bien fait pour les oiseaux, ils sont morts, y’a plus de vie sur la place, il n’y a que de la drogue, de la drogue qui se cache dans les buissons, dans les poubelles, dans les caleçons des dealers et dans les soutifs des dealeuses. Iels se calent des boulettes odorantes comme des truffes au creux de leurs secrets intimes, iels se calent des mĂ©lanomes qui s’effritent sous la flamme du briquet. Pas besoin de bien s’y connaĂźtre en champignons pour savoir qu’on ne fera pas d’omelettes avec ces grosses truffes grasses qui sortent de sous-vĂȘtements de sports. Pas besoin non. Non, non, non pas besoin de s’y connaĂźtre, il faut juste savoir effriter la grosse truffe et la mettre dans son pilon pour en faire un gros zder de taga taga qui fume bien blanc sur la place comme un fumigĂšne de naufragé·e. Pas besoin d’ĂȘtre un·e spĂ©cialiste pour savoir que cette fumĂ©e qui sort de ces cigarettes mal fagotĂ©es ce n’est pas que du tabac. Moi non plus faut pas me prendre pour une truffe, je sais ce que c’est que le haschich, j’en ai dĂ©jĂ  vu, jamais touchĂ©, jamais non, je ne vois pas l’intĂ©rĂȘt, un petit verre de rhum je ne dis pas, pourquoi pas je ne crains pas la gaudriole, mais ta vieille schmer d’olive marocaine tu peux te la garder mon coco. Je touche pas Ă  ton teuteu, je touche pas Ă  la drogue, j’ai vu les ravages, j’ai vu ce que la drogue faisait et c’est pas beau Ă  voir. C’est tellement pas beau Ă  voir que personne ne veut le voir, alors paradoxalement ça se vend sous le manteau comme pour qu’on ne le voie pas, mais ça se vend sous le manteau au vu et au su de toustes. C’est paradoxal pas vrai ? Alors du coup tout le monde se dit que la drogue est lĂ  et qu’elle envahit tout et que bientĂŽt dans l’Ɠil du jeune qui traĂźne dans mon salon il n’y aura plus le respect ni l’amour, mais juste de la drogue qui suinte dans son cerveau. C’est pas beau Ă  voir ce que ça fait la drogue, il faudrait l’interdire, mais c’est dĂ©jĂ  interdit alors il faudrait la rĂ©interdire, ou mieux attend, mieux encore on la dĂ©sinterdit on laisse un peu le truc prendre et on la rĂ©interdit comme ça toustes y verront bien ce que ça fait la drogue. Mais personne ne veut voir le problĂšme, personne ne veut ouvrir les yeux. La drogue c’est de la merde, la drogue c’est du shit, c’est du caca sorti tout droit de ce troisiĂšme Ɠil, de l’Ɠil marron de Bataille, c’est de la merde odorante qui sort par l’Ɠil qu’on ne montre pas, l’Ɠil qui ne voit rien, sur lequel on s’assoit et dans lequel on met quelques fois des choses et des gentes mais ça reste select. C’est un Ɠil qui permet aussi de cacher de la drogue parce que les keufs ne regardent pas dans cet Ɠil, iels nous regardent dans les yeux, nous demandent de les baisser et des fois, quand on est au comico ou Ă  l’arriĂšre d’une fourgonnette il nous demande de baisser le reste et de tousser keuf-keuf pour que le troisiĂšme Ɠil s’ouvre et qu’on y voit si des fois lĂ -dedans c’est un Ɠuf d’oiseau ou de la drogue qui s’y cache. C’est comme ça que les keufs iels trouvent des passeurs de drogue, des mules, ça s’appelle alors que non les mules ne pondent pas d’Ɠuf, les oiseaux Ă  la limite, oui les oiseaux ça pond des Ɠufs, mais le problĂšme c’est que oui, le problĂšme, le problĂšme numĂ©ro UN. LE problĂšme avant celui de la drogue, le problĂšme en fait qui est le vrai problĂšme c’est que les oiseaux, tous les oiseaux sont morts…




Source: Lundi.am