Novembre 4, 2021
Par Dijoncter
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À vos agendas ! C’est le premier programme des Tanneries depuis la pandĂ©mie. Un mois de novembre rempli de films, de discussions, de bars en mixitĂ© choisie, de boums…

Enfin. Nous revoilĂ  avec ce programme de novembre, aprĂšs presque 18 mois de pause publique, alors qu’une pandĂ©mie nous est mĂ©chamment tombĂ©e dessus, que les dĂ©cisions politiques incohĂ©rentes se sont succĂ©dĂ©es et que la vie s’est tristement ralentie. Mais aujourd’hui, le virus n’envoie plus les gens par milliers en rĂ©animation, et on est bien content·x·e·s : on peut rĂ©ouvrir franchement les portes des Tanneries et vous accueillir pour dĂ©battre, boire un thĂ©, Ă©couter un concert, bidouiller de l’électronique ou zoner au soleil.

ça nous manquait tellement.

Bon. On est aussi super inquiet·x·e·s parce qu’aujourd’hui, en novembre 2021, on ne peut plus s’avaler un godet en terrasse, emprunter un bouquin dans une bibliothĂšque, s’inscrire Ă  un sport en salle ou se faire une toile entre potes sans ĂȘtre forcé·x·e·s de sortir un « pass sanitaire Â», un QR code qui devient le sĂ©same pour continuer Ă  vivre. Par contre, aucun soucis pour aller s’agglutiner dans des centres commerciaux dĂ©penser notre argent ou se serrer dans un bus ou un mĂ©tro – il faut bien que l’économie tourne. Ce pass, c’est un nouveau pas vers une sociĂ©tĂ© de contrĂŽle asphyxiante, qui coupe la population en deux, entre les bon·x·ne·s Ă©lĂšves, celleux qui acceptent ce contrĂŽle

permanent, et les autres, minoritaires, qui ne peuvent s’y rĂ©soudre. ça fait qu’une partie d’entre nous – souvent les plus dĂ©muni·x·e·s, sommes totalement exclus des lieux de culture, des lieux de sociabilitĂ©, sensĂ©s ĂȘtre ouverts Ă  toutes et tous sans distinction ni discrimination. Avec la gĂ©nĂ©ralisation de ce pass numĂ©rique, l’Etat rĂ©ussit Ă  faire accepter une surveillance quotidienne, alors que nos mouvements et les activitĂ©s que l’on choisit sont irrĂ©mĂ©diablement captĂ©s par le traçage numĂ©rique.

La plupart des gens s’est ainsi habituĂ©e Ă  montrer son QR code pour tout et n’importe quoi, et mĂȘme si on peut encore marcher dans la rue sans le sortir, on se demande parfois ce que sera la prochaine Ă©tape…

Celles et ceux qui animent des lieux camarades en Suisse parlent d’« apprentissage de la soumission imposĂ© par l’Etat Â», et on n’aurait pas mieux dit. Une soumission bien plus facile Ă  faire passer tant « l’incertitude et l’anxiĂ©tĂ© poussent Ă  accepter des mesures qui nous aurait rĂ©voltĂ©es il y a quelques mois Â», disent-iels. C’est fou comme on peut vite s’habituer aux pires des scĂ©narios.

Heureusement, il y a encore celles et ceux qui rĂ©sistent dans les interstices. Alors on voulait les saluer. Bravo Ă  toi, la bibliothĂ©caire grenobloise en grĂšve depuis fin aoĂ»t pour que ton lieu de travail reste un espace ouvert. Bravo Ă  toi, serveur dĂ©missionnaire, qui n’a pas pu supporter l’idĂ©e de devoir contrĂŽler tes propres clients. Clin d’oeil Ă  vous, les salles de cinĂ©ma qui ont voulu rĂ©duire leurs jauges pour se soustraire Ă  la rĂšgle et clin d’oeil aussi Ă  tous ces lieux qui font vivre l’esquive et le contournement (on donnera pas les nom) et refusent d’activer le rĂŽle de police qui leur est imposĂ©.. Enfin, soutien Ă  toi, salariĂ©e en galĂšre qui ne peut pas se permettre de tout lĂącher, et qui doit travailler dans ces conditions alors que chaque contrĂŽle te fait violence. Continuons continuons. essayer de prendre de la place sur les murs et dans les rues, ne les laisser ni aux conspi ni aux fachos. resister encore dans les interstices.




Source: Dijoncter.info