Janvier 26, 2022
Par CNT Travail & Affaires sociales
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Jeudi 20 janvier dans l’aprĂšs-midi, nous avons appris la tentative de suicide d’une agente de l’inspection du travail de Paris. Nos organisations syndicales et les collĂšgues de Paris sont extrĂȘmement choquĂ©.es par cette nouvelle. Cet acte dramatique a eu lieu au sortir d’une rĂ©union entre l’agente, accompagnĂ©e de la CGT, et la direction de l’UD Mme Chazelle et M. Raher. Cette rĂ©union, demandĂ©e par l’agente pour cause de souffrance au travail s’est transformĂ©e en  entretien Ă  charge oĂč notre collĂšgue a Ă©tĂ© extrĂȘmement malmenĂ©e par les 2 chef.fes.

Cette tentative de suicide, qui intervient 10 ans presque jour pour jour aprĂšs le suicide de notre collĂšgue Romain, est une nouvelle dĂ©monstration de l’état inquiĂ©tant de nos services du ministĂšre du travail. La situation n’est pas nouvelle malheureusement et fait Ă©cho aux multiples tentatives de suicide d’agent.es du MinistĂšre ces derniĂšres annĂ©es.  Les organisations syndicales et les diffĂ©rentes instances de reprĂ©sentation du personnel n’ont cessĂ© de dĂ©noncer les dĂ©rives de la hiĂ©rarchie au MinistĂšre dans sa gestion des agent.es.

Preuve en est : la premiĂšre communication de la Responsable d’Union DĂ©partementale, aprĂšs qu’elle a Ă©tĂ© informĂ©e de la TS, a Ă©tĂ© dĂ©sastreuse : laconique et froide, elle s’est bornĂ©e Ă  assurer les agent.es de la possibilitĂ© de faire appel Ă  un soutien psychologique


Un CHSCT de l’UD 75 a Ă©tĂ© rĂ©uni en urgence ce vendredi 21 janvier aprĂšs l’alerte pour Danger Grave et Imminent du secrĂ©taire de l’instance. Le directeur rĂ©gional a assurĂ© qu’une enquĂȘte aurait lieu et que la direction de l’UD, directement mise en cause par la collĂšgue, ne serait pas partie prenante de la commission. Il a Ă©galement assurĂ© que l’accident de service sera reconnu dĂšs que demandĂ©, mais nous serons vigilant.es car nous avons trop souvent vu la direction se renier.

Bien que malheureusement habituĂ© Ă  ces actes de dĂ©tresse, le ministĂšre tarde toujours Ă  mettre en place des mesures d’accompagnement psychologique Ă  l’égard de l’ensemble des agent.es et se refuse Ă  suspendre les entretiens de recadrage et les injonctions de productivitĂ© en tout genre.

En effet, toutes ces derniĂšres annĂ©es leur ligne de conduite n’a pas variĂ© : toujours plus d’objectifs chiffrĂ©s, toujours plus d’individualisation des rĂ©sultats, toujours plus de pressions d’une hiĂ©rarchie plĂ©thorique pour toujours moins d’agent.es et de moyens.

Les effectifs sont Ă  l’os, les collĂšgues supportent pour beaucoup des intĂ©rims longs, les objectifs chiffrĂ©s sont gĂ©nĂ©ralisĂ©s, les systĂšmes de primes sont opaques, sans compter la rĂ©forme de l’OTE qui casse l’unitĂ© des services, gĂ©nĂšre d’innombrables dysfonctionnements et engendre toujours plus d’épuisement professionnel. L’organisation du travail et des services fait des ravages, a fortiori en cas de maladie ou de handicap. Les nouvelles rĂšgles de mutation et l’opacitĂ© du choix des candidat.es retenu.es ajoutent Ă  la souffrance de collĂšgues voulant changer de poste ou, trop souvent, s’extraire de situations de travail devenues dangereuses pour leur santĂ©.

Et lorsque les agent.es, Ă  bout de forces, tirent la sonnette d’alarme, iels ne sont au mieux pas entendu.es et au pire, comme ici, se retrouvent malmenĂ©.es par leur.es chef.fes, sommĂ©.es de se montrer plus productif.ves et de taire leurs souffrances.

Mais leur morale n’est pas la nître.

Nous sommes et resterons solidaires et nous combattrons toujours la violence de cette organisation du travail qui broie les agent.es. Nous nous opposons Ă  la dĂ©shumanisation des relations professionnelles et demandons le retour Ă  des services du personnel, informatique et financier sur site avec de rĂ©els moyens de fonctionnement, nous nous opposons au dĂ©voiement des missions des agent.es visant Ă  leur faire contrĂŽler l’activitĂ© d’autres agent.es plutĂŽt que d’assurer leur rĂŽle d’appui. Nous demandons l’arrĂȘt des objectifs chiffrĂ©s, nous demandons des effectifs et des moyens nĂ©cessaires pour mener Ă  bien nos missions, nous demandons que notre hiĂ©rarchie cesse ses maltraitances managĂ©riales. Nous invitons les collĂšgues en souffrance sur leurs postes de travail Ă  se prĂ©server, en se retirant des entretiens professionnels et Ă  solliciter l’appui des organisations syndicales prĂ©sentes localement.

Un premier rassemblement de soutien Ă  notre collĂšgue aura lieu jeudi 27/01 Ă  11h devant le site de Jemmapes Ă  Paris.

Nous invitons Ă  tenir d’autres rassemblements de solidaritĂ© partout oĂč cela sera possible.





Source: Cnt-tas.org