FĂ©vrier 5, 2021
Par Actualités Sur Les CRA
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Etabli en France depuis 2017 aux cÎtés de sa compagne française avec laquelle il vit depuis plusieurs années en Tunisie puis en France, Monsieur M. souffre de troubles anxieux nécessitant une prise en charge médicale.

Suivi par un mĂ©decin psychiatre et son mĂ©decin traitant, c’est avec le plus grand mal qu’il se soumet Ă  l’assignation Ă  rĂ©sidence que la prĂ©fecture de Loire Atlantique lui a opposĂ© Ă  l’étĂ© 2020, dans l’attente de son renvoi en Tunisie en raison de sa situation administrative.

Ce retour dans son pays d’origine, il ne s’y oppose pas. Seulement, le fait de se rendre à la gendarmerie pour pointer quotidiennement est source d’angoisses qu’il ne parvient pas à supporter.

Les autoritĂ©s sont prĂ©venues, gendarmes comme services prĂ©fectoraux. Mais ça ne suffit pas, ils organisent son arrestation Ă  son domicile pour l’enfermer dans un Centre de RĂ©tention Administrative (CRA) en attendant d’organiser son expulsion.

La privation de libertĂ© n’est pas plus facile Ă  gĂ©rer pour lui que son assignation Ă  rĂ©sidence. Il prĂ©sente les Ă©lĂ©ments de son dossier et explique sa situation mĂ©dicale au juge qui doit rĂ©pondre Ă  la demande de prolongation de son enfermement adressĂ©e par la prĂ©fecture du Maine et Loire. La prĂ©fecture qui sait pourtant Ă  quoi cela expose monsieur. Mais pour le juge, rien de tout cela n’est probant et il autorise l’enfermement de monsieur pour 28 jours supplĂ©mentaires. La Cour d’Appel confirme.

Monsieur essaie de tenir, mais il ne parvient pas Ă  supporter la situation, il cesse peu Ă  peu de s’alimenter et sombre dans la tristesse. Jusqu’à cette nuit de mardi oĂč, une semaine aprĂšs son arrivĂ©e au CRA, il se pend.

Ce sont les personnes enfermĂ©es dans le mĂȘme bĂątiment que lui qui lui portent secours Ă  temps et donnent l’alerte. Monsieur est rĂ©animĂ© par les policiers en attendant l’arrivĂ©e des pompiers.

Son Ă©tat de santĂ© est aujourd’hui stabilisĂ©. Il est toujours hospitalisĂ©, mais la prĂ©fecture n’a pas changĂ© de dĂ©cision, elle le maintient enfermĂ© en rĂ©tention.

La Cimade dĂ©nonce l’acharnement des services administratifs et l’aveuglement des autoritĂ©s judiciaires, acteurs d’une politique menĂ©e Ă  l’encontre des personnes Ă©trangĂšres au mĂ©pris des vies humaines. La Cimade demande la fermeture des centres de rĂ©tention.

Photographie : centre de rétention administrative de Rennes, décembre 2020. © Jérémie Lusseau / hanslucas.com

Auteur: RĂ©gion Bretagne Pays de Loire




Source: Lacimade.org