Juin 28, 2021
Par La Mouette Enragée
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Après la lutte victorieuse des ouvriers de l’usine Mowi, ceux de Capitaine Houat sont entrés en grève le 17 juin pour obtenir une prime. 

La grève commence le 17 juin dans la nuit par le blocage du site afin d’empêcher les camions de charger la marchandise. La direction répond par le lock-out et transfère une partie de la matière première auprès d’autres patrons du secteur. Certains d’entre eux, semble-t-il, auraient refusé l’offre …

A première vue, la raison de la grève est simple : sur les 230 ouvriers de l’usine, seuls deux d’entre eux, choisis par les bons soins de la direction, ont reçu «la prime Macron». Légitimement, l’ensemble des travailleurs du site réclame qu’elle leur soit versée à leur tour. Comme dans l’ensemble de l’industrie agroalimentaire, les salariés du port ont continué à produire durant toute la période du confinement et 50 d’entre eux ont contracté le virus du Covid. 

Généreusement, les patrons consentent à verser 20 euros en une fois à chaque salarié de la production et réclament avant toute chose «que soit respectée la sécurité des bien et surtout des personnes». Exploiter légalement et sans entrave la force de travail qui permettra d’accroitre le taux de profit du groupe, voilà bien la seule réalité intelligible à leurs yeux. 

Une grève sous surveillance policière 

La grève se poursuit ainsi qu’elle avait commencée, c’est à dire sous la surveillance étroite de la police. Depuis le début du conflit, celle-ci surveille les ouvriers. Elle intervient à plusieurs reprises pour faire lever les barrages devant l’usine et s’invite aux réunions qui se tiennent dans les locaux d’un hôtel du groupe Accor ainsi qu’à l’inspection du travail lors de réunions de discussion entre ouvriers et représentants patronaux. Cette pression policière constante rappelle, si cela devait l’être encore, quels intérêts particuliers servent objectivement les si bien nommées «forces de l’ordre» capitaliste. 

46,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2020

L’usine Capitaine Houat appartient au groupe Mousquetaires/Intermarché dont le fondateur fut également celui de l’«Institut de Locarn», fameux lobby patronal et identitaire breton(1). Ce groupe a réalisé 46,3 milliards d’euros de chiffre d’affaire en 2020 et sa filière agroalimentaire a progressé de 2,3 % durant la même période. A mesure que la grève se prolonge et affecte la production le patronat se voit contraint de lâcher quelques miettes, estimées à juste titre insuffisantes par les grévistes. Ceux-ci réclament toujours 500 euros de prime ou 250 euros en plus du paiement des jours de grève. 

Des salaires toujours plus bas 

La lutte pour l’attribution de primes traduit dans les faits une tentative d’enrayer la  baisse tendancielle des salaires répétée et accentuée depuis de très longues années.  Ce recul de la masse salariale dans la répartition des profits n’est que la partie visible du durcissement des conditions d’exploitation et de la répression qui l’accompagne aussi bien dans l’industrie que dans les services. C’est l’une des raisons qui explique que les luttes durent aujourd’hui beaucoup plus longtemps qu’auparavant pour aboutir à la satisfaction des revendications, à l’exemple de celle des femmes de chambre de l’hôtel Ibis des Batignolles à Paris qui a durée 22 mois ! 

La grève se poursuit et d’autres actions sont annoncées pour les jours qui viennent. 

Nous adressons notre entière solidarité aux ouvriers en lutte !

Boulogne-sur-mer, le 27/06/2021

(1) Pour rappel à propos du groupe Mousquetaires/Intermarché, relire le texte que nous avons produit sur le sujet en 2017 https://lamouetteenragee.noblogs.org/post/2017/12/23/retour-sur-la-greve-a-lusine-capitaine-houat-de-boulogne-sur-mer/



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Source: Lamouetteenragee.noblogs.org