Juillet 26, 2021
Par Cerveaux Non Disponibles
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Plus que jamais les rĂ©seaux sociaux se positionnent en milices dĂ©fenseuses des intĂ©rĂȘts privĂ©s contre les usages collectifs. Facebook s’engage avec ses multiples Ă©pisodes de censures contre les pages qui exercent une pensĂ©e critique, dans une croisade contre la diversitĂ© des points de vue et des informations qui pourraient s’exprimer sur la plateforme.

Ainsi le réseau Deep Green Resistance, qui porte des positions radicales pour la défense de la nature et des pratiques humaines qui y sont liées, a vu ses pages bretonnes dépubliées sans préavis de maniÚre arbitraire.

La Silicon Valley et ses avatars qui se prĂ©sentaient il y a encore 10 ans comme la vision “cool” du nĂ©o libĂ©ralisme se rĂ©vĂšlent Ă  notre Ă©poque comme la face de gĂ©ants rĂ©actionnaires Ă  la maniĂšre des vieux rĂ©gimes dictatoriaux. En rĂ©alitĂ© Ă  la maniĂšre de toute technique qui se prĂ©tend neutre et qui pourtant impose de façon dogmatique une seul type d’usage. Voyant l’humanitĂ© comme son cheptel de sujets-consommateurs dont il faut rĂ©duire les pratiques pour mieux les rationaliser et les commercialiser.

Nous publions le compte rendu des Ă©vĂšnements par Deep Green RĂ©sistance Bretagne :

🔮UNE NOUVELLE MÉTHODE DE #CENSURE CHEZ #FACEBOOK ?

~ Disparition pure et simple de la page Deep Green Resistance Bretagne
 quelles seront les suivantes dans le viseur des maßtres du réseau ? ~

[Partagez et invitez vos ami.es Ă  liker cette nouvelle page pour faire connaĂźtre ce qui nous est arrivĂ©. Et surtout, si vous voulez nous soutenir, anticipez de le faire hors de Facebook : nous avons le site DeepGreenResistance.fr, mais aussi une conversation ouverte sur « signal » (messagerie chiffrĂ©e gratuite) pour partager largement, sans dĂ©pendre de Facebook, nos rendez-vous publics sur Rennes (prĂ©sentations, soirĂ©es-dĂ©bats, projections, sports, luttes, jardinage & autonomie)
 Envoyez-nous un mail pour y ĂȘtre ajoutĂ©.e si vous le dĂ©sirez, ou mĂȘme simplement pour entrer en contact hors de Facebook : [email protected]]

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1) Retour factuel sur la chronologie des récents événements :

Mardi 13 Juillet, alors qu’un camarade se connecte sur Facebook, il dĂ©couvre que notre page « Deep Green Resistance Bretagne » a Ă©tĂ© dĂ©publiĂ©e arbitrairement par Facebook, sans aucun avertissement prĂ©alable, ni aucune explication. Il a juste reçu, comme les autres administrateur.es de la page, une simple notification affirmant la « dĂ©publication » (la page n’est pas supprimĂ©e, mais devient invisible pour toute personne n’étant pas administratrice dessus). Le camarade fait donc immĂ©diatement « appel », mais dĂ©couvre avec stupeur qu’il ne peut rien Ă©crire pour se dĂ©fendre, ni poser de questions : sur Facebook, « faire appel » c’est juste cliquer sur un bouton. Facebook lui rĂ©pond d’ailleurs que sa demande ne sera probablement mĂȘme pas prise en compte car « avec la COVID » il y aurait un manque d’effectifs pour traiter ce genre de rĂ©clamations (mais pas pour censurer arbitrairement des pages, ça par contre manifestement ils ont le personnel pour).

Mais ce n’est que le dĂ©but : le lendemain, mercredi 14 Juillet, la matinĂ©e commence par la dĂ©programmation de notre autre page locale « Deep Green Resistance Rennes », sur laquelle nous voulions justement mettre un message afin d’annoncer la censure de notre page DGR Bretagne. Ça commence a faire beaucoup, perplexes nous faisons un second appel pour notre page DGR Rennes, tout en nous demandant pourquoi ces deux censures simultanĂ©es et trĂšs ciblĂ©es (nous n’avons pas connaissances d’autres pages ayant Ă©tĂ© dĂ©publiĂ©es Ă  cette pĂ©riode).

Pire encore, la mĂȘme matinĂ©e, alors que nous nous inquiĂ©tons pour notre page DGR Rennes qui vient donc d’ĂȘtre la seconde dĂ©publiĂ©e, nous cherchons Ă  en savoir plus sur la procĂ©dure d’ « appel », et nous tentons donc de retourner sur la page DGR Bretagne pour voir ce qu’a donnĂ© l’appel de la veille. Et
 la page a disparu, purement et simplement. Il n’en reste plus aucune trace nulle part. Son adresse url ne mĂšne plus a rien (Facebook nous annonce un lien cassĂ© : https://www.facebook.com/dgrbretagne). MĂȘme la notification de la veille annonçant aux administrateur.es (sur leurs profils personnels) sa dĂ©publication a disparu. Il ne reste plus aucune trace. Plusieurs annĂ©es de travail, des centaines de publications, images, vidĂ©os, compte-rendus, plus d’un millier d’abonnĂ©.es : PLUS RIEN. En deux jours. Sans aucune explication. Dans notre cas, Facebook s’est permis de jeter Ă  bas sans inquiĂ©tude ce masque dĂ©mocratique que l’entreprise multinationale tĂąche pourtant par ailleurs de conserver le plus possible auprĂšs de son public.

Aujourd’hui, une dizaine de jours plus plus tard, la page DGR Rennes est toujours dĂ©publiĂ©e, nous n’avons reçu aucune nouvelle de l’appel que nous avions rĂ©alisĂ©e. Et la page DGR Bretagne n’a pas rĂ©apparu, pas plus que nous n’avons eu de nouvelles de Facebook Ă  ce sujet, ni trouvĂ© aucun prĂ©cĂ©dent Ă  propos de disparition de pages telle que nous l’avons ici vĂ©cu. On peut logiquement penser qu’elle ne rĂ©apparaĂźtra donc jamais. Pire, la grande question qui nous servira donc Ă  conclure cette introduction est : QUELLES PAGES SERONT LES SUIVANTES ?

« Ne vous y trompez pas, si cela ne fait l’objet d’aucune contestation, cela ne s’arrĂȘtera pas lĂ . Plus il sera acceptable que les gouvernements puissent dĂ©terminer quelles voix sont autorisĂ©es Ă  s’exprimer sur les rĂ©seaux sociaux, plus cette censure s’immiscera dans tous les autres secteurs de la sociĂ©tĂ©, et plus elle façonnera ce qu’il est possible de penser, ce qu’il est possible d’imaginer. » (CrimethInc dans le communiquĂ© sur la suppression de leur page cet Ă©tĂ©, cf note 1 en bas)

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2) Quelques rĂ©flexions politiques pour contextualiser ces censures, et aller de l’avant :

Vous n’ĂȘtes sĂ»rement pas sans savoir qu’il y a des prĂ©cĂ©dents dans la censure sur Facebook, mĂȘme si pour l’instant aucune n’avait Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e de maniĂšre aussi abrupte, et surtout aussi silencieuse. Par exemple cet Ă©tĂ©, des pages anarchistes avaient dĂ©jĂ  Ă©tĂ© supprimĂ©es aux USA (1), et on pourrait aussi relever le dĂ©rĂ©fĂ©rencement (perte de visibilitĂ© dans les fils d’actu des utilisateur.es, donc censure qui ne dit pas son nom) rĂ©current de grosses pages politiques contestataires, comme Nantes RĂ©voltĂ©e.

Pour notre part, Ă  Deep Green Resistance, nous sommes un mouvement Ă©cologiste radical « a visage dĂ©couvert », nous ne pratiquons pas d’actions illĂ©gales mĂȘme si nous tenons souvent des propos radicaux. Notre organisation a donc Ă  cƓur le soucis de faire attention Ă  ce qu’elle dit et fait, pour ne pas donner de motifs lĂ©gaux d’agir aux gens qui voudraient nous interdire. La rĂ©cente censure par Facebook n’en est donc que d’autant plus arbitraire, et c’est peut ĂȘtre aussi pour cela que nous n’avons reçu aucune explication : parce qu’il n’y en aucune valable, sinon de la rĂ©pression politique pure et simple ?

Pour Facebook, qui compte plusieurs milliards d’utilisateurs, fermer la possibilitĂ© mĂȘme de l’évocation thĂ©orique d’actions et d’analyses radicales; c’est dĂ©jĂ  une maniĂšre de remodeler la rĂ©alitĂ© culturelle au sein de la civilisation industrielle, de pousser encore plus loin la domestication des corps et des esprits. Comme la « novlangue » d’Orwell faisait disparaĂźtre les mots contestataires pour soumettre la population; Facebook fait aujourd’hui disparaĂźtre les espaces virtuels (« pages ») oĂč des mots contestataires sont formulĂ©s. Ce processus d’effacement progressif de la critique politique dans le monde virtuel (dans lequel une majoritĂ© d’humain.es sont aujourd’hui aliĂ©nĂ©.es), amĂšne ainsi finalement Ă  crĂ©er les monstres modernes que nous sommes : des personnes qui se divertissent devant des vidĂ©os de pub ou de petits chats, pendant que nos vies sont rĂ©duites au seul slogan « travaille, consomme, et ferme ta gueule », que des milliers d’animaux partent a l’abattoir, que des enfants bossent dans des mines, que des forets sont rasĂ©es, qu’il y a plus de plastique que de poissons dans les mers
 Mais pas de soucis, Facebook est lĂ  pour vous changer les idĂ©es le matin au rĂ©veil et le soir sur votre table de nuit !

Mais outre Facebook en tant qu’outil d’anesthĂ©sie massive des capacitĂ©s humaines Ă  percevoir la destruction organisĂ©e du monde vivant, et outre l’intĂ©rĂȘt qu’on peut donc deviner en ce sens a effacer les contestataires de ce genre de plateforme divertissantes, un lien pourrait aussi ĂȘtre fait avec la derniĂšre vidĂ©o que nous avions partagĂ© sur notre page : une vidĂ©o qui montrait l’élu industrialisateur « Mr Michot » faire trois pas en arriĂšre (et se blesser de la sorte) lors d’une rĂ©union #Bridor, alors que celui ci et ses collĂšgues promoteurs de Bridor ont depuis demandĂ© une enquĂȘte pour « violence sur dĂ©positaire de l’autoritĂ© publique », probablement afin de faire accuser des militant.es. C’est une seconde piste pour tenter d’expliquer la censure en cours : couper l’accĂšs Ă  nos communiquĂ©s et vidĂ©os dĂ©mentant la version officielle (notre page avait Ă©tĂ© citĂ© dans un article de la Chronique RĂ©publicaine, qui renvoie maintenant vers un lien cassĂ© puisque la page n’existe plus, cf note 2 en bas). Mais si cette suppression instantanĂ©e Ă©tait vraiment liĂ©e Ă  une demande de la gendarmerie, cela serait tout aussi inquiĂ©tant, dans un contexte oĂč la loi AVIA n’a pas Ă©tĂ© votĂ©e, et oĂč aucune disposition lĂ©gale Ă  notre connaissance n’autorise donc encore la gendarmerie Ă  ce genre de procĂ©dures conjointe avec Facebook.

Bref, dans l’un ou l’autre des cas, et mĂȘme dans les deux, cette confusion des pouvoirs, entre l’économie et la politique, entre la rĂ©pression et les mĂ©dias (devenus propagandistes) et finalement avec les « rĂ©seaux sociaux » (prĂ©sentĂ©s par l’entreprise capitaliste Facebook comme une des bases des relations sociales du XXIeme siecle), menace la possibilitĂ© mĂȘme d’un mouvement de rĂ©sistance, qu’on chercherait ainsi Ă  ĂŽter de l’esprit des gens, en en faisant disparaĂźtre progressivement de leurs espaces virtuels quotidiens la simple possibilitĂ© intellectuelle.

Ne soyons pas dupes, si tout autour de nous semble parfois si calme, ce n’est que parce que la tempĂȘte s’annonce. Dans un monde oĂč les crises Ă©cologiques ne peuvent faire qu’augmenter, crĂ©ant donc toujours plus de crises alimentaires et Ă©conomiques, le parti de l’ordre se prĂ©pare, celui qui voudra continuer Ă  sucer la planĂšte jusqu’à la moelle, pour faire survivre le plus longtemps possible son infĂąme systĂšme et les ignobles privilĂšges qu’il en retire.

En France on le voit avec la banalisation de l’extrĂȘme droite, avec les rĂ©centes tribunes des gĂ©nĂ©raux, avec les investissements massifs de Macron dans la rĂ©pression (toujours plus de policiers, de militaires), avec les nouvelles lois sĂ©curitaires, le pass sanitaire, avec les cameras qui envahissent de plus en plus nos quotidiens, et avec ces Ă©crans (pub publiques comme portables privĂ©s) qui partout et tout le temps nous accompagnent, supprimant ce qu’il y a normalement d’imprĂ©visible en l’humain.e pour nous forcer a un auto-contrĂŽle permanent, pour nous faire rentrer dans les critĂšres quantitatifs d’un bonheur© par, pour et dans le systĂšme
 Vous savez, ce genre de bonheur qui fait que tout le monde prend des anti-dĂ©presseurs ?

Ainsi il y urgence. urgence à résister, urgence à vivre contre leur monde, urgence à recréer des communautés humaines capables de faire exister une réel rapport de force politique contre ceux qui voudraient resserrer les fers qui nous attachent à leur civilisation de mort.

Nous, nous voulons un bonheur sauvage, une planĂšte vivante, des communautĂ©s humaines libres
 Et nous proposons de s’organiser stratĂ©giquement pour y parvenir. Nous continuerons Ă  porter nos idĂ©es sur Facebook, pour faire exister cette fenĂȘtre d’espoir ici aussi tant que nous le pourrons. Et pour rappeler aux gens de ne pas se fier Ă  Facebook, de toujours y voir l’aliĂ©nation gĂ©nĂ©ralisĂ©e que cette plateforme reprĂ©sente. Rappeler de sortir des Ă©crans, de refaire vivre une culture de rĂ©sistance. De s’organiser pour gagner notre libertĂ©, pour nous comme pour toute cette magnifique biodiversitĂ© qui nous entoure encore, et qui n’attend que l’effondrement de la civilisation industrielle pour refleurir.

Deep Green Resistance est un mouvement Ă  visage dĂ©couvert qui prĂŽne la diversitĂ© des tactiques, chacun.e a sa place dans le continuum de rĂ©sistance que nous proposons de mettre en place et d’organiser autour de la nĂ©cessitĂ© de stratĂ©gies offensives pour sauver la planĂšte. Si ces Ă©vĂ©nements vous inquiĂštent, si ce texte vous touche, dans un premier temps, partagez cette nouvelle page, faites tourner l’info de cette censure abusive, bref aidez nous a toucher du monde, pour ensuite sortir ensemble de ces Ă©crans que nous n’avons jamais maĂźtrisĂ©s. Venez nous rencontrer, Ă  nos prĂ©sentations, Ă  nos projections, Ă  nos causeries, venez recrĂ©er avec nous ce lien entre les corps qui est le ferment essentiel Ă  toute possibilitĂ© de rĂ©sistance. Venez participer Ă  notre culture de rĂ©sistance.

(1) https://fr.crimethinc.com/
/sur-le-bannissement-par


(2) https://actu.fr/
/liffre-les-collectifs-de-citoyens


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Source: Cerveauxnondisponibles.net