Depuis plus d’une grosse semaine, plusieurs familles demandeuses d’asiles originaires d’Afrique ou d’Europe de l’Est logent dans un bâtiment communal après l’expulsion du CSA rue Bonnard, le 23 juillet. Face aux mensonges de la préfecture et à l’incurie des pouvoirs publics – proposant seulement quelques nuits d’hôtel sans solutions à plus long terme – la rue s’organise pour pallier aux lacunes de l’État. Les occupant·e·s ont récemment fait un appel aux dons et à la solidarité afin de rénover le lieu, et on déjà reçu de l’aide du voisinage. Un appel que le Poing relaie ici.

« La pref’ ment, la rue agit »

Simple et efficace, ce slogan placardé sous une fenêtre du bâtiment lors de son inauguration, illustre parfaitement la situation en matière de logement pour les personnes demandeuses d’asiles et précaires, à la veille d’une probable seconde vague de Coronavirus.

Le 10 juillet, le préfet de l’Hérault, Jacques Witkowski, se montrait rassurant quant à la situation des squats montpeliérains durant l’été lors d’une réunion avec des occupant·e·s de squats, des associations, syndicats et autres militant·e·s.

Des engagements presque immédiatement trahis : le 23 juillet, il faisait expulser des familles vivant dans un bâtiment occupé Rue Bonnard, ainsi que le Centre d’Actions Sociales Auto-géré (CASA) , quelques mètres plus loin.

Dans notre papier relatif à ces expulsions, Le Poing déplorait des divisions, au sein des squat de la ville, ainsi qu’une relative absence de militant·e·s lors de l’expulsion : « leurs dissensions, leurs guerres intestines, se soldent dans une culture des rancœurs et des rancunes, des reproches et récriminations. ». Derrière ces phrases, pourtant factuelles, se cache une erreur d’analyse de notre part à ce moment là.

Car force est de constater que malgré ses divisons internes, la rue -n’ayant pas confiance en les discours préfectoraux- sait s’unir face à l’urgence pour agir. En effet, Le bâtiment 1 rue Saint-Viencent de Paul était occupé depuis le 15 juillet (selon un communiqué des occupant·e·s), soit 8 jours avant l’expulsion de la Rue Bonnard.

Communiqué cité plus haut, reçu le 25 juillet.

La réponse politique et militante aux mensonges du préfet est forte, marquée. Cette ouverture a permis de reloger plusieurs familles de demandeurs et demandeuses d’asiles. « Une cinquantaine de personnes » selon la personne qui nous fait visiter les lieux.

Appel aux dons et à la solidarité

C’est une jeune fille d’une douzaine d’années, originaire d’Europe de l’Est, qui nous sert de guide pendant que sa famille s’attelle à quelques rénovations :

« Ici c’est notre chambre, tu peux la prendre en photo ».

Plusieurs couloirs mènent à d’autres chambres des deux côtés du pallier, et un escalier conduit à une salle commune au second étage.
« En haut il y a la salle commune, il y a une cuisine. C’est là ou on fait les réunions. On a l’eau et l’électricité. » .

Elle assure que les relations avec le voisinage – la maison d’enfants Marie Caizergues- sont plutôt paisibles. « Ils sont gentils, ça se passe bien. ils nous ont apporté quelques trucs -aliments et produits d’hygiène- et ils nous laissent un espace extérieur ».

Autour de nous, ménage et travaux, car la bâtisse est restée longtemps à l’abandon. A ces réparations chronophages s’ajoute un certain stress lié à la précédente expulsion et son lot d’incertitudes et de chambres d’hôtels temporaires sans solution perenne pour la suite.

Les occupant·e·s en appellent donc à la solidarité pour des petits travaux de rénovation.

Un appel aux dons a également été rédigé sur une banderole suspendue à une fenêtre : « eau, nouritture, produits d’hygiène, literie et matelas », le nécessaire pour le ménage et de l’argent pour les rénovations à faire.

Pour donner un coup de main, rendez-vous 1 Rue Saint-Vincent de Paul !


Article publié le 02 Août 2020 sur Lepoing.net