Novembre 26, 2020
Par Actualités Sur Les CRA
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Lundi 23 novembre 2020, un cas positif au Covid-19 a Ă©tĂ© confirmĂ© parmi les personnes enfermĂ©es au centre de rĂ©tention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot. Il s’agit d’une personne privĂ©e de libertĂ© au CRA depuis environ deux mois, si bien qu’il est acquis qu’elle a Ă©tĂ© contaminĂ©e par le virus au sein du centre.

Cela dĂ©montre, une fois encore, que le protocole sanitaire Ă©laborĂ© par le ministĂšre de l’IntĂ©rieur et mis en place dans les CRA est insuffisant ou du moins inapplicable et qu’à l’évidence il ne permet pas d’empĂȘcher la propagation du virus. Ce nouveau cas positif fait en effet suite au cluster qui est apparu au mois d’aoĂ»t dans ce centre et aux nombreux foyers Ă©pidĂ©miques qui ont pu se dĂ©clarer dans d’autres CRA comme Ă  Hendaye, Toulouse, Bordeaux, Coquelles ou encore Lyon.

Selon le protocole sanitaire du ministĂšre de l’intĂ©rieur (Ă©laborĂ© en mars et mis Ă  jour en juillet 2020), « La survenue d’un premier cas de COVID-19 chez le personnel ou une personne retenue implique :

  • La rĂ©alisation de tests de dĂ©pistage par RT-PCR chez l’ensemble des personnels du centre dĂšs que possible ;
  • L’identification par l’UMCRA des contacts Ă  risque parmi les personnes retenues. Pour ces personnes, le dĂ©pistage est organisĂ© par l’UMCRA selon la doctrine gĂ©nĂ©rale ;
  • L’isolement du reste du groupe pendant 14 jours. Â»

Or, Ă  ce jour, aucun dĂ©pistage n’a Ă©tĂ© proposĂ© aux personnels du centre et l’isolement du groupe n’est aucunement prĂ©vu puisque les nouveaux placements et les expulsions s’enchaĂźnent au CRA du Mesnil-Amelot, Ă  contre-courant des mesures de prĂ©vention et d’isolement qui sont imposĂ©es Ă  tout le reste de la population.

Les seules mesures prises Ă  ce jour sont le transfert de la personne testĂ©e positive au CRA de Plaisir – centre destinĂ© Ă  l’enfermement des personnes atteintes de la Covid-19 au niveau national – et la mise Ă  l’écart de celle qui partageait sa chambre en cellule d’isolement disciplinaire. Or, cet espace dont l’usage pose fortement question en gĂ©nĂ©ral, est encore moins adaptĂ© Ă  une personne ayant besoin de soins (la cellule ne possĂšde pas de fenĂȘtre, la lumiĂšre reste allumĂ©e en permanence, l’accĂšs au reste du CRA est interdit ce qui limite d’autant les droits de la personne, etc.). Cette personne a pu ĂȘtre testĂ©e et son rĂ©sultat Ă©tant revenu nĂ©gatif le 25 novembre, elle a rejoint les autres personnes retenues en zone de vie. De ce fait, l’isolement de 7 jours prĂ©conisĂ© suite Ă  un contact avec une personne positive n’a pas Ă©tĂ© respectĂ© et rien ne permet d’affirmer que cette personne n’est pas porteuse du virus. Aucun dĂ©pistage massif n’est par ailleurs prĂ©vu dans le centre alors mĂȘme que toutes les personnes enfermĂ©es sont potentiellement cas contacts. Les repas sont en effet pris en commun au sein du mĂȘme rĂ©fectoire, les personnes partagent leurs chambres ainsi que les sanitaires.

La Cimade appelle donc une nouvelle fois le ministĂšre de l’IntĂ©rieur Ă  prendre ses responsabilitĂ©s en termes de protection de la santĂ© des personnes qui se trouvent enfermĂ©es dans les centres de rĂ©tention et demande la fermeture de ces derniers.

Auteur: Admin_Ile_de_France




Source: Lacimade.org