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Le cortège féministe dans la manifestation ce jour à Rennes était très beau et fort pour beaucoup d’entre nous. Évidemment, il y a encore moult détails que nous pourrions améliorer. Nous avons chanté, autant que possible, entre la chorale, les sourires, les charges de la police, le froid, les moments de flottement, le cortège de la CGT, les pompier•es, le cortège d’étudiant•es. Nous étions des femmes, des gouines, des pédés, des biEs, des trans, des syndicalistes, de 10 à 80 ans, des chômeur•ses, des travailleur.euses précaires, des fatigué•es de la vie qui ont encore des élans de motivation, des travailleuses qui manifestent sur leur temps de pause, et on pensait aux copines absentes qui sont isolées dans leur entreprise et n’osent pas faire grève vu l’ambiance anti-mouvement social qui règne dans leur boîte. De nombreuses nouvelles personnes, de Rennes et des campagnes environnantes, ont participé au cortège, durant toute la manif, ont chanté avec nous, ont dansé au son de la sono ambulante. Au-delà d’un cortège féministe, c’était un cortège où on tentait de faire attention à celleux qui manifestaient peut-être pour la première fois, qui ont eu le courage de venir seul•es, qu’on n’avait jamais vu•es jusqu’alors. La musique a beaucoup aidé à se rassurer et à se retrouver, dans les moments où on était sous les lacrymos.

Ce n’était pas évident, loin de là, mais nous pouvons être soulagé•es et renforcé•es par cette journée où, bien que le nombre dans la rue ne soit pas aussi important que celui du 5 décembre, c’était quand même pas rien, loin de là. Du côté des chiffres de la grève, on se sait pas bien où ça en est à Rennes. On laisse aux syndicats le soin de communiquer là dessus ? 🙂

Et puis on a chanté – chuchoté – crié, entre autres :

Nous sommes fort•es,
Nous sommes fier•es,
Queer, féministes, radicales et en colère

Plus de fric pour la santé,
Pas pour les flics ni pour l’armée

Toustes en grève,
Grève, grève,
Grève ou crève !

Ni patrie, ni patriarcat,
Solidaires au-delà des frontières

Y’en a assez, assez,
Assez d’cette société,
Qui traque les femmes voilées
Et fout Zemmour à la télé

Les fé-ministes, détestent la police

Les flics à la vaisselle,
Flashball à la poubelle

Même lacrymogéné•es
On ne va pas s’gener !

Et puis là, au détour de la librairie féministe La Nuit Des Temps, la manifestation regarde vers un échafaudage, du côté nord de la Vilaine. Une personne monte les quelques étages et coupe une ficelle. Voilà la banderole signée « femmes en grève. On arrête tout•es. #8Mars #NousToutes35 » qui relaie l’appel à s’arrêter le 8 mars de la plate-forme « on arrête toutes ».

Travail salarié (du dimanche !!), travail du foyer, isolement, quotidien éreintant, peur, violences de tout type, charge mentale… On remplace tout ça par manifestation, solidarité, accueil des enfants par le collectif la Bulle, banquet, douceurs, discussions, échanges, rencontres…

Et pour finir, le lien vers les collages sur le parcours de la manif réalisé hier soir. https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=187099936010935&id=118572222863707

Vive la lutte, vive la grève !

De l’argent, il y a en a, dans les caisses du patronat,
De la rage, il y en a, contre le patriarcat !

(prochaine réunion de NousToutes à Rennes, c’est mardi 28 février dans le local de l’union départementale de la CGT, Métro Italie, grâce à Julien de la page Mademoiselle CGT en Lutte)


Article publié le 26 Jan 2020 sur Nantes.indymedia.org