Janvier 20, 2022
Par Demain Le Grand Soir
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Un grand nombre de citoyens s’est brutalement vu privĂ© de droits Ă©lĂ©mentaires et ce dĂšs l’ñge de 12 ans. Avec la mise en place du pass vaccinal, l’accĂšs aux loisirs et Ă  la culture seront dĂ©sormais interdits Ă  plusieurs millions de personnes devenues des parias. Des lieux, pourtant essentiels aux plus modestes, aux plus isolĂ©s, pour accĂ©der Ă  l’information, Ă  la culture, au port, au lien social, ferment Ă  prĂ©sent complĂštement leurs portes aux “sans pass”.

MĂȘme l’accĂšs Ă©quitable aux soins est remis en cause, ce qui est sans doute le plus grave.

Qui n’a pas encore en tĂȘte ces dĂ©clarations aussi mĂ©prisantes que mĂ©prisables de ministres, d’élus et d’éditorialistes ?

« Rendre la vie impossible aux non-vaccinĂ©s Â», « Il faut aller les chercher avec les dents et avec les menottes Â», « les personnes qui refusent le vaccin, ces jusqu’au-boutistes, sont une faille dans notre systĂšme Â», « faire porter le poids des restrictions aux non-vaccinĂ©s Â», « les non-vaccinĂ©s nous pourrissent la vie Â», « une minoritĂ© de connards Â» etc…

Des propos outrageants et discriminants qui ont largement trouvé écho auprÚs des médias.

Ces stigmatisations atteignent un point culminant lorsque le PrĂ©sident de la RĂ©publique dĂ©clare : « Les non-vaccinĂ©s, j’ai trĂšs envie de les emmerder. Et donc on va continuer de le faire jusqu’au bout, c’est ça la stratĂ©gie ! Â» Il va mĂȘme jusqu’à ajouter qu’un « responsable n’est plus un citoyen Â». Il dresse ici un mur entre les Français, dĂ©signe les coupables, et appelle ni plus ni moins Ă  la dĂ©chĂ©ance de citoyennetĂ© pour ceux qu’il accuse de « saper la soliditĂ© d’une nation Â» et d’incarner « le mensonge et de la bĂȘtise, qui sont les pires ennemis en dĂ©mocratie Â».

Le « nous sommes en guerre Â» semble aujourd’hui prendre un nouveau sens, celui d’une incitation Ă  la haine.

En mai 2019, face au traitement mĂ©diatique du mouvement des Gilets jaunes et Ă  la rĂ©pression sans prĂ©cĂ©dent qui s’exerçait sur les manifestants, nous affirmions que nous n’étions pas dupes dans une tribune parue dans LibĂ©ration.

Aujourd’hui, le gouvernement cherche Ă  dĂ©signer des boucs Ă©missaires dans la population alors qu’il se dĂ©fausse systĂ©matiquement de toutes ses responsabilitĂ©s dans la gestion de la crise. Dans le mĂȘme temps, il orchestre la casse de l’hĂŽpital public depuis des annĂ©es en plus de la fermeture de lits en pleine crise.

Nous ne sommes toujours pas dupes, la dérive autoritaire se poursuit et se démasque de plus en plus.

Le pass est avant tout un outil puissant de division, de discrimination de la population, de stratification de la sociĂ©tĂ©. C’est une vĂ©ritable porte ouverte vers le contrĂŽle social d’État et entre citoyens.

Aujourd’hui, le statut vaccinal comme marqueur de citoyennetĂ©. Et demain ? Aujourd’hui, l’exclusion sociale, culturelle et sanitaire comme mesure rĂ©pressive. Et demain ?

Comment ne pas se souvenir qu’à chaque fois qu’un État a souhaitĂ© stigmatiser et attaquer une partie de sa population, le totalitarisme est alors sorti de l’ombre ?

Le gouvernement bafoue actuellement la Constitution française, le secret mĂ©dical, le serment d’Hippocrate, la loi Kouchner et le code de Nuremberg dans le but d’imposer son “obligation vaccinale dĂ©guisĂ©e”. Il trahit la DĂ©claration universelle des droits de l’homme et du citoyen qui stipule que « Les hommes naissent et demeurent libres et Ă©gaux en droits Â» et que “tout ce qui n’est pas dĂ©fendu par la Loi ne peut ĂȘtre empĂȘchĂ©, et nul ne peut ĂȘtre contraint Ă  faire ce qu’elle n’ordonne pas Â».

Il va mĂȘme totalement Ă  l’encontre de la RĂ©solution 2361 du parlement europĂ©en votĂ©e par la France le 27 janvier 2021 qui prĂ©voit “de s’assurer que les citoyens et citoyennes sont informĂ©s que la vaccination n’est pas obligatoire et que personne ne subit de pressions politiques, sociales ou autres pour se faire vacciner, s’il ou elle ne souhaite pas le faire personnellement” et “de veiller Ă  ce que personne ne soit victime de discrimination pour ne pas ĂȘtre vaccinĂ©, en raison de risques potentiels pour la santĂ© ou pour ne pas vouloir se faire vacciner.”

Refusons d’ĂȘtre dĂ©signĂ©s comme “vaccinĂ©s” ou “non vaccinĂ©s” et d’ĂȘtre poussĂ©s au rejet de l’autre.

Nous ne voulons ĂȘtre ni les acteurs ni les complices de ce sĂ©paratisme forcĂ©.

Nous, artistes, professionnels et acteurs de la culture sommes rĂ©voltĂ©s par la rĂ©pression, la manipulation et l’idĂ©ologie de ce gouvernement. C’est un moment charniĂšre de notre histoire.

Utilisons notre pouvoir, celui des mots, de la parole, de la musique, de l’image, de la pensĂ©e, de l’art, pour dire non Ă  ce projet de sociĂ©tĂ©. Nous appelons toutes et tous Ă  entrer en rĂ©sistance face Ă  ce discours de haine et de division et Ă  ĂȘtre tous solidaires pour que « libertĂ© Ă©galitĂ© fraternitĂ© Â» ait encore un sens.

Les sous-marins jaunes ([email protected])

Avec le soutien du collectif Lesessentiels.org et des bibliothécaires en lutte.

Premiers signataires :

Ark, musicien

Swann Arlaud, comédien

CĂ©line Azorin, autrice-illustratrice-graphiste

Edmond Baudoin, auteur-dessinateur

David Benmussa, réalisateur

Julien Billaudeau, auteur-illustrateur

Marc-Antoine Boidin, auteur-illustrateur BD

Patrick BoriÚs, cinéaste, scénartiste libre

Emilie Caillon, productrice, autrice, réalisatrice et coach

Sophie Caillat, Ă©ditrice (Editions du Faubourg)

Arnaud Cance, musicien




Source: Demainlegrandsoir.org